Election abbatiale

P1030285Samedi 10 décembre 2016, les frères réunis en chapitre ont élu frère Marc-André Di Péa nouvel Abbé de l’Abbaye Sainte-Marie du Mont des Cats, pour un mandat à durée indéterminée, sous la présidence du Très Révérend Père, Abbé de Tamié, Dom Ginepro, et en présence de trois témoins : Mgr Bernard Podvin, délégué épiscopal à la vie consacrée, Dom Manu, Abbé de Saint-Sixte, Dom Bernardus, Abbé de Tilburg. L’acte officiel a été rédigé par Soeur Marie-Paule, cistercienne bernardine d’Esquermes (Monastère Notre-Dame de la Cessoie).
Frère Marc-André Di Péa avait été nommé supérieur de l’Abbaye en février 2016, suite à la démission de Dom Jacques.

Dom Marc-André Di Péa
« Je suis moine du Mont des Cats depuis le 28 septembre 1972. J’ai été envoyé plusieurs fois en mission à Madagascar, et finalement élu prieur titulaire de la communauté de Maromby. Au terme du mandat, j’ai rejoint, il y a deux ans, le monastère du Mont des Cats.
Nous poursuivons avec joie, avec père Jacques qui reste prieur de l’Abbaye, ce service communautaire, « Comme celui qui sert ». »

La bénédiction abbatiale sera donnée au cours d’une messe par Mgr Laurent ULRICH, archevêque de Lille, à l’abbaye Sainte-Marie du Mont des Cats, le jeudi 26 janvier 2017 à 14h30, fête des Saints fondateurs de Cîteaux (Robert de Molesmes, Albéric et Etienne Harding). Cette célébration est ouverte aux fidèles.

Conformément à la tradition de solitude et de recueillement, cette information ne donne pas lieu à des communications ultérieures.
Les journalistes qui le souhaitent peuvent assister à cette bénédiction (merci de vous signaler au contact ci-dessous), un temps d’échange avec le père Abbé et Mgr Ulrich sera organisé à l’issue de cette bénédiction.
Marie Schockaert – 06 88 26 77 00 – relationspresse@lille.catholique.fr

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Novembre

MERCREDI  2 : Au terme de son week-end prolongé en communauté Dom Ginepro regagne ses montagnes, non sans avoir promis un prochain retour le 10 décembre en vue d’une élection abbatiale.
À l’heure de None, le soleil qui accompagna notre procession au cimetière était tel, et le cimetière lui-même à ce point fleuri qu’il nous semblait baigner nous-mêmes dans la lumière de nos défunts.
Dans l’heure qui suivit, Bertin ne résista pas au plaisir de sa première sortie en chaise roulante, 28 jours après sa terrible chute… Depuis, il a de plus repris place au réfectoire.
SAMEDI 5 : L’appel du pape à l’accueil des migrants, auquel nous ne savions comment répondre, vient de trouver, offert par notre ancien curé, un débouché inattendu : leur offrir de venir profiter des douches à l’hôtellerie les lundis et jeudis,  à l’heure de la  messe du soir.
LUNDI 7 : F. Jessé rejoint la communauté de Tibériade (Belgique) pour une seconde session.
Ce même jour Mère Anne-Marie de Campénéac, fondatrice d’Ampibanjinana (1993) atteinte par la limite d’âge depuis février, vient rencontrer les deux prieurs successifs de Maromby, Daniel qui a bien contribué à l’implantation de son petit monastère et  Marc-André qui prit la suite ; elle espère mener à bien l’histoire de la fondation.
MARDI 8 : F. Christophe est à son tour hospitalisé pour quelques jours.
Le soir, Mère Anne-Marie nous parle de l’abondance du cœur de ses deux communautés d’Ampibanjinana puis de Campénéac, retrouvée après 23 ans d’absence durant lesquels il n’y eut  que 2 entrées…
JEUDI 10 : F. Jacques a retrouvé ses anciennes responsabilités au STIM-bac et part les honorer chez nos Sœurs de Laval jusqu’à la fin de la semaine prochaine.
SAMEDI 12 : F. Pierre fête aujourd’hui ses soixante ans de profession religieuse prononcée le 11 novembre 1956. Étant musicien et même compositeur, il nous a fait écouter durant le repas de midi, sur fond de Mozart, l’enregistrement d’un hymne d’action de grâce de sa façon, écrit par lui pour ses 88 ans de vie et conclu par un Magnificat en grégorien. La journée s’est achevée par un repas, plus que festif lui aussi, dans le coin « rencontre » aménagé au fond du réfectoire. Elle sera encore prolongée ultérieurement par un film de deux heures visionné en deux soirées : « Chocolat. »
MARDI 15 : Père Marc-André se rend en début d’après-midi à Lille partager le Conseil presbytéral diocésain.
Vendredi il se rendra au Conseil diocésain de  Pastorale, lancé par notre évêque et qui rassemble deux fois par an plus d’une  centaine de  participants, prêtres, diacres,  laïcs engagés dans les paroisses et mouvements, aussi bien que consacrés  de 18 heures à 22 heures ! Père Marc-André en a beaucoup admiré l’organisation ainsi que la méthode de travail extrêmement efficace. Le thème en était : l’implication des chrétiens dans la vie sociale et politique ».
Ce même mardi, nous revient également d’Angers frère  Laurent, au terme de son mois de français à Mission-Langues, et demain nous rentrera F. Jacques de Laval.
LUNDI 21 : Sébastien pose des rideaux aux fenêtres du réfectoire. Preuve s’il en était besoin que le Nord sait aussi souffrir des ardeurs du soleil !
MARDI 22 : F. Christophe nous est rentré d’hôpital, 2 semaines jour pour jour après son hospitalisation. Dès le lendemain avant les laudes  il se transportait à l’église dans son fauteuil roulant, ce qui était allé un peu vite en besogne…tandis que frère Bertin a troqué le fauteuil contre 2 cannes.
JEUDI 24 : À l’instar des hôpitaux et des grandes surfaces, l’entrée de l’infirmerie est à présent équipée d’une porte d’ouverture automatique qui n’est pas sans simplifier le passage des malades ainsi que ceux de l’infirmier avec ses plateaux.
VENDREDI 25 : Le chapitre du soir a été assuré par le Père Eeckhout, dominicain de l’École biblique de Jérusalem dont les 36 ans de présence à cette École ont fait de lui une autorité aussi passionnée à s’exprimer que passionnante à écouter.
DIMANCHE 27 : Notre frère Bertin a repris sa stalle au chœur.
Au chapitre du soir frère Laurent nous a donné quelques échos de son séjour, très studieux, à Mission-Langues qui ne peut accueillir que 28 « élèves » étrangers à la fois, répartis en  4 groupes de 7 selon leur avancement personnel. La grosse majorité cette année est vietnamienne et leur famille religieuse leur laisse une année préalable pour apprendre notre langue avant de suivre les cours du séminaire à Paris  ou autres avant de partir en mission ..
MERCREDI 29 : Notre supérieur nous donne une excellente causerie sur la relation qui se noue lentement entre la fraternité du Parvis et notre communauté.

Déjà nous vous présentons tous nos vœux de paix et de joie à l’occasion des fêtes de Noël et de Bonne Année et vous  assurons de notre prière.

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Trente-troisième Dimanche du Temps Ordinaire

Il n’en restera pas pierre sur pierre.

Le Temple de Jérusalem, construit par le roi Salomon et embelli au cours des siècles suivants, aurait bien pu faire partie des sept merveilles du monde antique.  Après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor, ce Temple fut détruit et tout l’or qui le recouvrait et tous les ustensiles en or furent emportés comme prise de guerre et déposés dans le trésor de Babylone.  C’était en 600 avant Jésus-Christ.
Ce temple fut reconstruit sous le roi Darius par l’intermédiaire d’Esdras et de Néhémie, comme nous le lisons dans les Livres de la Bible à eux attribués.  C’est ce second Temple que le roi Hérode le Grand, qui mourut peu après la naissance de Jésus, avait décidé d’embellir pour lui rendre sa splendeur d’antan.
C’est ce Temple aussi dont il est question dans la réplique des Juifs à Jésus dans l’Évangile de Jean : Il a fallu 46 ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours, tu le relèveras ! (Jean 2,20).  Du temps de Jésus donc, le Temple de Jérusalem avait retrouvé sa grandeur et, même s’il n’égalait pas la splendeur du premier, il était la gloire de tout le peuple Juif.
C’est dans cette ambiance que les disciples s’émerveillent devant la construction et que Jésus répond : il n’en restera pas pierre sur pierre.  Voilà de quoi surprendre, tant les disciples, que tous ceux qui suivent Jésus et écoutent sa Parole.  L’évangéliste ne veut pas seulement appliquer cette parole mystérieuse de Jésus à l’actualité catastrophique que fut la destruction du Temple par les armées romaines sous l’autorité de Titus.  L’évangile fut écrit historiquement après cet événement, mais Jésus voulait dire autre chose lorsqu’il prononça cette phrase.
Le temple fut détruit.  La liturgie du temple et les sacrifices s’arrêtèrent.  Pour le judaïsme ce fut une catastrophe, un deuil national qui est célébré chaque année jusqu’à ce jour.  Mais la religion doit-elle se plier aux temples et à leurs liturgies ?
Rappelons-nous la réponse que Jésus fit à la Samaritaine dans l’Évangile selon Saint Jean : l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père (Jean 4,21).
L’important pour Jésus, n’est pas de célébrer les rites ancestraux, à Samarie ou à Jérusalem, mais l’important c’est d’adorer le Père en esprit et en vérité.  Adorer le Père, voilà la vraie religion.  La beauté des temples, la grandeur des églises, l’ampleur des rites, tout cela est accessoire et voué à disparaître.
Les bâtiments, aussi beaux soient-ils, ne sont là que pour nous aider à entrer en relation avec Dieu.  Ils ne sont qu’un instrument parmi d’autres.  Ils ne sont pas la garantie que Dieu est présent, ils ne sont pas la garantie que nous sommes présents à Dieu en y entrant.
Rappelons encore l’humilité du roi Salomon lui-même lors de la dédicace du premier Temple, lorsqu’il s’adressait à Dieu dans sa prière : Est-ce que, vraiment, Dieu habiterait sur la terre ? Les cieux et les hauteurs des cieux ne peuvent te contenir : encore moins cette Maison que j’ai bâtie ! (1R 8,27)
Nous avons célébré la semaine dernière la fête de la Dédicace de la Basilique du Latran.  Toute la liturgie et les lectures insistaient sur l’importance non pas des pierres matérielles, mais des pierres vivantes que sont les croyants rassemblés en Église.  Jésus disait du Temple : Il ne restera pas pierre sur pierre.  Mais de l’Église Corps du Christ, nous savons que la tête, le Christ, est déjà dans les cieux et que le corps que nous formons continue à marcher sur cette terre.
Ne nous lamentons donc pas si la matérialité des bâtiments religieux ne survit pas à travers les siècles.  L’important est que l’église spirituelle, l’Église corps du Christ, grandisse jusqu’à sa pleine mesure et que tous ses membres entrent dans la Jérusalem Nouvelle, la Jérusalem céleste où nous verrons Dieu notre Père face à face.
Demandons au Seigneur dans cette Eucharistie de devenir toujours davantage pierre vivante de l’édifice spirituel de l’Église et d’avoir un jour part au festin éternel dans son Royaume.

Frère Bernard-Marie

 

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Octobre

SAMEDI  1er : Nos deux étudiants roumains ont repris le chemin de l’Université. Nous y avons perdu la voix superbe de Rarèsh, qui par deux fois  nous dépanna  à l’église, pour y assurer le chant de communion.
LUNDI 3 : Jour à marquer d’un caillou blanc : celui du retour de F. Jacques, après six mois d’absence et de repos qui durent lui paraître plus courts qu’à nous. Du coup F. Michel s’en va faire une retraite, plus courte celle-ci, chez nos Sœurs de Blauvac, dans le Vaucluse, jusque mardi prochain.
MARDI 4 : F. Bertin a fait cet après-midi une chute en tombant du haut d’une échelle ; plusieurs frères l’ont trouvé marchant péniblement à quatre pattes pour gagner l’infirmerie, d’où frère Gilles se hâta de le faire transporter au CHU pour examens : fracture du bassin, deux mois d’immobilisation complète ! Cela n’altéra en rien son moral, tout comme lorsqu’il s’était affreusement blessé à la jambe, voici  onze ans.
DIMANCHE 9 : Père Jacques conduit à l’avion Père Marc-André pour sa première Visite Régulière à Maromby. En plus de son bagage habituel notre supérieur emmène un second colis moins lourd, quoique plus encombrant : une cithare  ! Au fil des jours Père Marc-André nous enverra de la jeune communauté malgache qu’il dirigea 4 et 6 ans durant, de bonnes nouvelles, à l’exception du gros rhume qu’il avait emporté là-bas.
DIMANCHE 16 : Le troisième dimanche d’octobre est au Mont des Cats le dimanche de la Saint Hubert, marqué par la bénédiction des chevaux et la présence de joueurs de cors de chasse en grande livrée. C’est dire le grand concours de peuple qu’il amène chaque fois. Notre magasin en tira parti pour afficher une ouverture non-stop de 11 h. à 17 h. Ce même dimanche était également celui du pèlerinage des étudiants que les dominicains de Lille logent chez eux durant l’année universitaire et que Père Jacques est allé rencontrer au pied de notre grande statue de Ste Marie du Mont après les vêpres. Pour clore ce beau jour, il nous montrera, comme le dimanche précédent, des photos prises par lui durant son séjour en Angola. Les conditions de digne misère  d’une population vivant dans ce qui reste des grandes constructions de l’occupation portugaise illustrent parfaitement la fable du chien et du loup apprise à l’école.
LUNDI 17 : En milieu de matinée F. Jessé, moyennant bien des mésaventures, rejoint en Belgique la communauté de Tibériade pour la première de 4 sessions d’une semaine, tandis qu’en milieu d’après-midi F. Bertin nous  rentrait d’hôpital après deux semaines d’absence et déjà la possibilité pour lui de commencer à se déplacer en chaise roulante.
VENDREDI 21 : Cette fin de semaine est bien animée : hier déjà nous est revenu Philippe Duc. Ce matin F. Bruno s’éclipse trois jours à Westmalle ; demain F. Gilles gagnera le Barroux pour une session d’infirmiers, et F. Laurent se rendra pour un mois de français à Angers, afin d’y recouvrer les bienfaits de son  séjour de l’an passé. Mais, cerise sur le gâteau, dimanche nous rentrera de Maromby notre supérieur.
DIMANCHE  23 : En sus du grand bienfait de ce retour, Père Marc-André nous annonce l’ordination sacerdotale du prieur de Maromby, Père Timon, en juillet prochain. Mais dès mardi Père Marc-André aura de nouveau à s’absenter 3 jours à Paris ; Père Jacques l’y rejoindra vendredi pour une réunion du STIM et tous deux en reviendront avec Dom Ginepro, que nous n’avions plus revu depuis sa nomination de Père Marc-André comme supérieur ad nutum.
MERCREDI 26 : F. Henri est hospitalisé  quelques jours à Saint Philibert.
SAMEDI 29 : La Fraternité des Parvis de Lille, qui a fait du presbytère du Mt des Cats sa « résidence secondaire », est venue en nombre y passer ce week-end, ce qui, entre autres, nous valut une eucharistie dominicale comme nous n’en avons jamais connue jusqu’à présent : textes, musique, joie et allégresse, bref tout sauf l’homélie de notre supérieur, ce qui dit vraiment tout.

Après avoir entendu en lecture de réfectoire : Martyr. Vie et mort de Jacques Hamel, courte biographie d’un prêtre aîné du diocèse de Rouen cruellement  mis à mort à la fin de sa messe le 26 juillet dernier et rédigée par Jan de Volder (Cerf), nous entamons une Histoire des Papes de Pierre à François, de John W. O’Malley (Lessius 2O16)

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Septembre

SAMEDI 3 : Fr. Tomislav de Marija Zviezda (Bosnie), venu comme chaque été pour une courte visite fraternelle, nous partage un peu de la vie quotidienne des 3 membres de sa communauté, auxquels s’ajoute à présent un novice envoyé en formation à Novy-Dvur (Tchéquie). Encadrés par la Caritas bosniaque, ils vivent de l’exploitation d’une petite fromagerie et d’un grand troupeau de bovins.
DIMANCHE 4 : Pour nous unir à l’Église universelle en ce jour de canonisation de Mère Teresa, nous avons regardé en soirée un court documentaire fait sur elle et ses Sœurs de Calcutta, dans l’un des États les plus surpeuplés (plus de 1.000 habitants au km²) et les plus pauvres du monde.
LUNDI 5 : Le lourd portail d’entrée du monastère fatiguait énormément aux heures de passage intensif des véhicules. Pour le soulager, une barrière légère entre en service aujourd’hui, permettant ainsi de le laisser grand ouvert plusieurs heures de suite.
Durant l’été finissant on a également déployé une grande ardeur à l’entretien de toute la maison : pour laver les vitres, repeindre des mètres carrés de murs et de boiseries ; revernir les portes du cloître et des couloirs de l’hôtellerie ; mener à bien le grand ménage du garage à bière, la réfection des toitures de la cour de la ferme, et alibi aliorum multorum.  Initiative du président du travail F. Bernard-Marie, de F. Michel, F. Florent, F. Jessé et F. Pierre-André, les réalisateurs et tant d’autres dévouements difficiles à dénombrer.
MARDI 6 : F. Tomislav poursuit son pèlerinage d’été en emmenant à Tamié F. Bernard-Marie pour une réunion des fromagers dont celui-ci nous parlera  samedi à son retour.
MERCREDI 7 : Nous avons dans nos murs pour leur retraite de rentrée les 24 séminaristes de Metz avec leur supérieur. L’entretien que celui-ci nous accorda ce soir fut on ne peut plus enrichissant : de ses 24 aspirants au sacerdoce, 7 seulement proviennent de diocèses lorrains ; les 17 autres ratissent depuis l’Inde jusqu’à l’Afrique noire en passant par Madagascar sous l’Équateur.
Dans un tout autre domaine, une entreprise est venue cette semaine   enlever les pylônes qui soutenaient en clôture les câbles électriques aériens ; ils n’ont plus leur raison d’être puisque toutes les lignes sont désormais souterraines.
JEUDI 8 : Notre magasin anticipe la suppression prochaine des sacs-plastic en mettant en vente des sacs-carton plastifiés en couleur : côté face une reproduction alléchante de nos fromages et bières, et côté verso une vue reposante du monastère prise depuis la route de Berthen.
DIMANCHE 11 : F. Pierre-André de Maromby a repris le chemin de l’école pour une année de formation à l’Institut d’Etudes Religieuses de la Catho de Paris. L’horaire est très différent de celui de l’année précédente : deux jours intensifs de cours par semaine à Paris, et le reste du temps à la maison avec des travaux à mener à bien.
LUNDI 12 : À peine rentré de sa sortie à Tamié pour y traiter des fromageries monastiques, F. Bernard-Marie s’absente sur la journée, cette fois à Bruxelles pour les brasseries.
VENDREDI 16 : La Société téléphonique SFR est venue remplacer sur la journée tous les téléphones fixes de la maison, à commencer par le standard de la porterie, très miniaturisé et difficile à manier pour certains au commencement.
LUNDI 26 : La communauté de Saint-Sixte a voulu marquer les vingt ans d’abbatiat de son abbé par une sortie sur la journée, qui se termina au Mont des Cats par les vêpres suivis de la concélébration, avec lecture bilingue de l’épître et de l’évangile ; le tout clos par le partage d’un généreux repas du soir lui aussi bilingue et si joyeux.

Conclure cette trop brève chronique par des nouvelles de quelques-uns de nos anciens vous occasionnera sans doute autant de plaisir qu’à nous. Le premier, F. Louis, atteindra ses 92 ans à la fin de l’année ; premier partout : à l’office divin dès les vigiles, au réfectoire où il n’est astreint à aucun régime, n’ayant d’autre aide que celle d’une canne (quand il ne l’a pas oubliée), ni d’autre occupation que la prière. F. Henri (83 ans) et F. Christophe (79 ans) ne pourraient en dire autant, ayant besoin tous deux, le premier d’un déambulateur et le second d’un fauteuil roulant qu’il pousse devant lui le plus souvent plutôt qu’il ne s’y assoit. F. Paul (âge de F. Henri) est également handicapé d’une épaule plusieurs fois opérée, mais ne connaît d’autre thérapie que de pouvoir continuer à tenir le grand orgue. Pour terminer par un grand coup de soleil  – comme le temps actuellement – nous laissons à F. Pierre, notre sous-prieur et grand responsable de la porterie à 88 ans, la joie de vous annoncer qu’il fêtera ce 12 novembre ses soixante ans de profession religieuse.

Nous lisons au réfectoire le livre fort intéressant qu’Yves Chiron vient de consacrer à la figure d’Annibale Bugnini, lazariste italien qui se trouve être l’un des artisans les plus engagés en même temps que les plus controversés de la réforme liturgique (Annibale Bugnini, DDB 2016).

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Vingt-cinquième Dimanche du Temps Ordinaire

Le gérant malhonnête

Lorsqu’on entend les paraboles que Jésus nous propose, on imagine souvent qu’Il les crée de toutes pièces pour les besoins de son enseignement.  On peut toutefois inverser la question et se demander si Jésus ne part pas d’un événement local et matériel, un fait divers concret, pour donner un enseignement spirituel et général.
La vie des agriculteurs de Galilée était particulièrement rude à l’époque de Jésus.  Hérode le Grand quelques décennies plus tôt avait montré l’exemple à ses successeurs, quant à la manière de taxer les travailleurs pour payer ses dépenses somptueuses et la construction de ses palais et forteresses.  Hérode Antipas, ayant décidé de construire la capitale de la Galilée à Tibériade, exigea des collecteurs d’impôts de serrer la vis et d’exiger toujours plus de taxes.  La crise était telle que les petits agriculteurs des bords du lac avaient dû hypothéquer leurs terres et n’étaient plus que des journaliers travaillant sur leur propre sol.  Le propriétaire, lui, vivait dans l’une ou l’autre grande ville romaine, après avoir nommé un gérant pour la gestion courante.
Le gérant, sachant son maître loin et incapable de contrôler sa gestion, en profite pour s’enrichir lui-même sur les revenus du domaine.  Mais lorsque le propriétaire l’apprend, nous ignorons comment, il met le gérant en demeure de régler ses comptes rapidement.  Ne pouvant plus dissimuler les détournements antérieurs, le gérant entreprend une nouvelle trahison, encore une fois en sa faveur, et demande aux créanciers de modifier les déclarations de dettes.  Les quantités sont colossales, puisque deux oliviers donnent à peine de quoi produire un baril d’huile…
Tel est le fait divers, peut-être le « scandale » dont tout le monde parlait et que Jésus utilise comme point de départ d’un enseignement.  Jésus ne juge pas les faits.  Il ne dit pas ce que devint ce gérant malhonnête… Jésus ne moralise pas sur le comportement du gérant, mais il donne son avis :
Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté.
Le maître en question, c’est Jésus lui-même qui donne maintenant l’interprétation :
En effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière.
Lorsque son maître lui a demandé les comptes de sa gestion, le gérant a agi rapidement pour sauver sa peau, pour pouvoir vivre.  Mais les fils de la lumière, que font-ils ?  Lorsque Dieu nous demandera les comptes de notre vie, lorsque Dieu jugera nos actes avant de nous donner la vie éternelle, que nous restera-t-il ?  Sommes-nous aussi habiles que le gérant pour gagner la vie éternelle ?  Telle est l’interpellation que Jésus a illustrée avec ce gérant malhonnête.
Comment les disciples du Royaume de Dieu doivent-ils le comprendre ?  C’est ce que Jésus précise dans la sentence qui suit :
Aucun domestique ne peut servir deux maîtres…
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent.
L’appel est précis… Le gérant n’avait en vue que sa survie sur cette terre, et mit tout en œuvre dans ce but.  Les croyants sont invités à avoir foi en la vie éternelle, et à tout mettre en œuvre dans ce but.  Sommes-nous prêts à répondre à tout moment aux appels du Seigneur à nous convertir et à obéir à sa Loi d’amour ?  Il est vrai que si nous sommes divisés, si nous donnons trop de place à l’argent et à notre devenir terrestre, nous n’avons plus ni l’énergie ni la volonté de nous investir en vue de Dieu.
Rappelons-nous encore la réponse que Jésus met dans la bouche de Dieu, dans la parabole du propriétaire qui agrandit sa grange pour stocker sa récolte et profiter de la vie :
Insensé, cette nuit même, ton âme te sera redemandée ;
et ce que tu as amassé, qui l’aura ?
Il en est ainsi de celui qui amasse des biens pour lui-même,
et qui n’est point riche en Dieu.  (Luc 12,20-21)
Jésus utilise l’exemple concret du gérant pour nous inviter à nous mettre en marche vers son Royaume et à prendre tous les moyens pour réussir.  C’est ce qu’Il exprime aussi dans ce verset de l’Évangile selon Saint Matthieu :
le royaume des Cieux subit la violence,
et des violents cherchent à s’en emparer (Mt 11,12b).
Suivre Jésus, faire partie du Royaume, n’est pas une sinécure.  Jésus nous demande de mettre toute notre force, toute notre volonté à entrer nous-même et à inviter les autres à participer à la sainteté.  Il n’y a pas de demi-mesures, nous devons nous investir totalement, pour le Bien.  Ne cherchons pas, comme le gérant, à sauver notre peau, cherchons à sauver notre âme…
Que la participation à cette eucharistie nous donne le courage de mettre toutes nos énergies au service de Dieu et de son Règne, pour sa plus grande gloire et pour le salut du monde.

Frère Bernard-Marie

 

 

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Vingt-troisième dimanche du Temps Ordinaire

Être disciple de Jésus

Par trois fois dans l’évangile de ce matin, nous entendons Jésus affirmer aux foules qui le suivent : Celui qui … ne peut pas être mon disciple.
La seconde des sentences de Jésus fait explicitement référence à sa croix, ce qui de toute évidence démontre qu’il s’agit d’une relecture par l’évangéliste de l’enseignement après la passion et la mort de Jésus.
La dernière sentence, en conclusion des deux petites paraboles, est celle-ci :
celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient, ne peut être mon disciple.
Voilà une radicalité qui devait surprendre les auditeurs de Jésus, comme elle nous surprend nous aussi aujourd’hui. Nous sommes invités à choisir : l’amour de Dieu nous oblige…
Qu’est-ce que Jésus veut nous dire ? Renoncer à tout ce qui nous appartient. Et dans la première sentence, il disait :
Si quelqu’un vient à moi sans me préférer
à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs,
et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple.
Jésus nous demande où est notre priorité. Il ne nous demande pas de renier père, mère, enfants, famille et tout ce qui nous appartient. Mais préférer Jésus à ses proches et renoncer à « tout ».
Si nous répondons « oui mais … laisse-moi d’abord … », Jésus nous répond : tu ne peux être mon disciple. Arrêtons-nous quelques instants aux deux petites paraboles que Jésus donne au milieu de ce petit discours.
L’homme qui veut construire une tour est invité à calculer la dépense et ses possibilités de mener à bonne fin son chantier avant de commencer. Le roi qui décide de partir en guerre contre son ennemi doit également calculer ses possibilités de gagner avant de lancer son armée.
Dans le contexte des paroles de Jésus, nous sommes invités à choisir nos priorités, car il n’est pas possible de courir plusieurs lièvres à la fois. Soit nous nous sommes disciples de Jésus et nous faisons ce qu’Il demande. Soit nous préférons père, mère, enfants, richesses et nous ne sommes pas en mesure de suivre Jésus.
Tiraillés entre les biens familiaux ou le pouvoir, et l’appel à suivre Jésus de tout son cœur, nous risquons de ne pas pouvoir terminer notre tour ou de perdre la bataille. Le choix n’est pas tellement de savoir quelle tour nous allons construire, ni quelle bataille nous allons livrer. Le choix est de suivre Jésus ou de suivre notre propre volonté. Jésus ne nous invite pas à une vie de facilité et de réussite guerrière ou architecturale. Non, mais Il nous invite à une relation autrement plus intime et durable que tout ce que peut nous donner le monde dans lequel nous vivons.
Mais, et c’est ce que complète l’évangéliste : Jésus ressuscité nous invite à « prendre notre croix », comme lui-même a pris sa croix, pour Le suivre. La victoire de Jésus sur la mort et le péché est certaine et vraie. Notre victoire sur la mort et le péché est assurée si nous restons en communion de vie et de volonté avec Jésus.
Plutôt que de chercher à tout prix à nous affirmer en construisant une tour ou en gagnant la guerre contre nos ennemis, mettons-nous à l’école de Jésus. Nous avons affirmé, dans la prière d’ouverture de la messe de ce jour, que nous croyons que Dieu a envoyé son Fils pour nous sauver et faire de nous ses enfants d’adoption. C’est cela notre vocation première, c’est à cela que nous devons utiliser nos biens, notre fortune, notre science de la guerre.
Nous pouvons alors demander avec plus d’insistance à Dieu de regarder avec bonté ceux qu’il aime comme un père, et, comme l’exprimait encore la prière d’ouverture, puisque nous croyons au Christ – notre Sauveur – que Dieu nous accorde la vraie liberté et la vie éternelle. C’est cela le but de notre vie en ce monde. C’est cela le sens ultime de toutes nous actions dans la mesure où nous les réalisons sous le regard de Dieu et avec l’aide de Jésus.
Que la participation à cette eucharistie nous aide à vivre toujours davantage à la recherche de la volonté de Dieu sur nous. Nous pourrons alors faire nôtre ce que demandera la prière après la communion : que nous profitions si bien des dons reçus que nous soyons associés pour toujours à la vie de Jésus dans les cieux.

Frère Bernard-Marie

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Août

LUNDI  1er : Pour nous unir à l’émotion et à la prière des catholiques de France suite à l’assassinat de l’abbé Hamel le 26 juillet, Anne-Catherine, gérante du magasin, y a disposé devant l’entrée une table avec une veilleuse allumée, la prière de St François et le testament spirituel de Christian de Chergé, ainsi qu’un cahier sur lequel  chacun peut écrire une pensée ou simplement signer. Initiative qui créera, tout le temps qu’elle dura, une ambiance de silence et de recueillement inhabituels parmi les clients.
MARDI 2 : Suite au passage en mai de Mr Gilles Panteix et à sa suggestion, la communauté se réunit deux soirs de suite en deux groupes pour débattre du thème : « comment nous montrer toujours plus bienveillants les uns envers les autres et fortifier ainsi notre communion fraternelle ». Le résultat s’en est montré si heureux que l’un des deux groupes a décidé de le poursuivre sur sa lancée.
Ce même mardi nous est revenu de Maredsous frère Laurent, au terme de la session consacrée à la Règle de St Benoît. . Vendredi midi notre Père Supérieur rentre de sa visite à la petite communauté de N.D. de l’Harmonie aux Seychelles qui poursuit depuis 7 ans son enracinement.
SAMEDI 6 : Fr. Jean-Pierre profite du bel été pour aller passer à Belval une semaine de retraite revigorante. Mr de Lauriston est lui aussi heureux de la réussite de son opération à l’œil, mais moins satisfait de ne pouvoir reprendre son travail avant le lundi 22. F. Bernard-Marie est heureusement là pour faire face sur les deux fronts de l’hôtellerie et de la fromagerie.
MARDI 9 : Un proche voisin de l’abbaye, cultivateur en retraite, a perdu voici 4 ans un fils de 27 ans, père de trois enfants, renversé sur la route par une jeune automobiliste sous l’emprise de l‘alcool et de la drogue. Ignace Cardinael s’est juré sur la tombe de son fils de sensibiliser les jeunes des collèges et des écoles sur les conséquences désastreuses de la prise de cannabis.  C’est ce combat aux résultats étonnants qu’il est venu nous partager ce soir.
JEUDI  11 : F. Jean se rend en Bretagne fêter les soixante années de profession religieuse de sa grande sœur Alice. Lui-même célébrera ses cinquante ans de profession en avril prochain.
SAMEDI 13 : Avant de regagner la Roumanie, Gabriel, outre le beau cadeau de sa présence, nous fait celui de l’annonce de son mariage prochain ; qui lui permettra de recevoir le diaconat puis le sacerdoce. Et Petru, de peu son cadet, suivra le même chemin. Ils nous quittent pour faire place à Daniel et Rarès, que nous sommes tout aussi heureux de revoir et qui resteront avec nous dans les mêmes conditions.
DIMANCHE 14 : Afin de nous habiller le cœur et mieux fêter l’Assomption, nous visionnons deux soirs de suite le récit des visites que la Vierge Marie fit en 1932 à cinq enfants de Beauraing (Belgique), telles que les rapporta 75 ans plus tard Gilberte, la plus jeune des cinq voyants, alors âgée de 9 ans.  C’est tout à fait raisonnable, et vraiment touchant. Bref, ça fait du bien.
MERCREDI 17 :  À l’exception des quelques frères nécessaires pour garder la maison – ou leur fauteuil roulant –  ,la communauté s’est rendue en corps à Amettes, village natal  de St Benoît Labre,  et de là à Belval, notre ancienne maison-fille aujourd’hui à Igny,  où se tient une exposition biblique  des plus riche. Le temps était au beau fixe, et le moral des pèlerins plus encore. La messe conventuelle avait été célébrée avant le départ  avec les laudes et aucun autre office ne fut assuré à l’église jusqu’aux complies.
JEUDI 18 : Père Jacques quitte aujourd’hui l’Angola pour retourner achever ses six mois de repos dans l’accueillante Fille-Dieu.  Il nous rentrera le lundi 3 octobre.
MERCREDI 24 : Quinze prêtres du diocèse de Tournai sont en retraite à l’hôtellerie avec leur évêque Mgr Guy Harpigny. Celui-ci a bien voulu nous parler, avec abondance et sans frilosité aucune, de leur synode diocésain de 2013, dont il sort à peine puisque les jeunes ont voulu  avoir à leur tour le leur en 2015.
Signalons que vient d’arriver pour quelques jours à l’hôtellerie, aussi discret que sympathique, Charles Wright, qui s’est lancé dans une recherche sur le cheminement spirituel de Dom André Louf.  Après un premier passage, et plusieurs contacts avec des personnes ayant bien connu Dom André, il s’est plongé avec passion et intérêt dans des notes et documents plus personnels.
JEUDI 25 : Le Père Farin nous est revenu pour une session cinématographique toujours très sollicitée, avec un long et beau film du réalisateur Mike Leigh : Secrets et mensonges, qui a occasionné 2 bonnes soirées de débat et relecture de l’œuvre.
MERCREDI 31 : Père Marc-André et Daniel ont pris la route de Cîteaux pour un aller-retour sur  3 jours pour visiter F. Oswaldo qui poursuit avec bon moral son séjour. .
Ce même jour le portail d’entrée du monastère se voit doublé d’une barrière « douanière » indépendante, plus légère, pour arrêter les voitures et les promeneurs sans manœuvrer trop souvent le portail et en épargner le mécanisme.

Afin de nous reposer de la grosse biographie superbement consacrée par Arnaud Teyssier à Richelieu, nous écoutons un ouvrage beaucoup plus léger : Dix idées bizarres sur la vie religieuse, de Marie-Laure Durand (Médiaspaul 2015) auquel fait suite aussitôt un petit ouvrage sur le travail d’évangélisation des Jésuites aux Iles de Madagascar,  Maurice et la Réunion.

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Solenneité de Saint Bernard

La spiritualité cistercienne et Saint Bernard

D’après la tradition, Saint Bernard est entré à l’abbaye de Cîteaux en 1113.  À cette date, Cîteaux, fondé en 1098, venait de faire une première fondation à La Ferté et l’arrivée de Bernard et ses 30 compagnons permirent d’accélérer la deuxième fondation à Pontigny (1114).
L’année suivante, Bernard et une partie des compagnons avec qui il était entré à Cîteaux, partaient pour Clairvaux, tandis que vers la même période était fondée la quatrième fille de Cîteaux, Morimond.
Pour beaucoup de non-initiés le fondateur de l’ordre cistercien n’est autre que Saint Bernard.  Il est le plus connu parmi les moines de la première génération de Cîteaux, alors que les trois abbés de Cîteaux, les saints abbés Robert, Albéric et Étienne, sont parfaitement inconnus de la plupart.
On peut regretter cette méconnaissance, qui s’explique entre autre par l’abondance d’écrits spirituels que nous a légué Saint Bernard, alors que les saints abbés de Cîteaux n’ont pas ou peu écrit.  Il leur fallut d’abord asseoir le « Nouveau Monastère » et lui assurer sa vie et sa survie.  Robert fonda le monastère mais dut retourner à Molesmes d’où il était parti.  Albéric organisa le vie quotidienne de la communauté de Cîteaux.  Étienne rédigea les statuts, la Charte de Charité, qui définit les relations entre les communautés de l’Ordre naissant.  Tout ce travail était en cours d’achèvement lorsque Bernard entra à Cîteaux.
Bernard avait, dans sa jeunesse, profité d’une formation sérieuse en l’école canoniale de Châtillon-sur-Seine.  Il a également eu tout loisir de se familiariser avec la culture de son temps et en particulier les chants d’amour courtois que les troubadours venaient proclamer dans les fêtes locales.
Lorsqu’il se fait moine, Bernard emporte avec lui toute cette formation, littéraire, biblique et se la fait sienne dans sa prière personnelle et sa lectio divina.  Même s’il n’est pas le premier à avoir commenté le Cantique des Cantiques comme la relation amoureuse entre Dieu et l’âme humaine, il le fit avec un tel brio que personne ne fut capable de l’égaler, ni de son vivant, ni
Les fondateurs d’ordres religieux, traditionnellement, sont également les rédacteurs d’œuvres spirituelles d’envergure qui permettent aux disciples et aux successeurs de vivre de l’inspiration initiale.  Ainsi Saint Dominique, Saint François, Saint Ignace de Loyola.  Des ordres religieux ont eu dans leur histoire des réformateurs écrivains, comme dans le monde bénédictin.  Ainsi Sainte Thérèse d’Avila et Saint Jean de la Croix pour les Carmes.  Chez les Cisterciens des origines, il y eut les réformateurs, les abbés de Cîteaux, et les écrivains, dont Saint Bernard est le premier d’une longue série, qui comprend également Guillaume Saint Thierry, Guerric d’Igny, Aelred de Rievaulx pour ne citer que les auteurs de la première génération, sans parler des moniales mystiques cisterciennes du siècle suivant.
On peut comprendre dès lors que ceux qui ne sont pas au fait de la tradition cistercienne imaginent que Saint Bernard en fut le fondateur.  Mais la spiritualité qui nous anime encore aujourd’hui, vient tout droit de Bernard et de sa facilité à décrire une spiritualité compliquée.
Terminons en reprenant cette description que fit Saint Bernard de la « visite du Verbe » dans son âme, dans un de ses Sermons sur le Cantique.
Je confesse, quoique ce soit pécher contre la modestie de vous le dire, que le Verbe m’a aussi visité et qu’il l’a fait même plusieurs fois. Mais quoiqu’il soit entré souvent en moi, je ne m’en suis néanmoins pas aperçu. J’ai senti qu’il y était, je me souviens qu’il y a été, j’ai pu même quelquefois pressentir son entrée, mais je ne l’ai jamais sentie, non plus que sa sortie. (…)  Il n’est pas venu du dehors, puisqu’il n’est aucune des choses qui paraissent au dehors. Cependant il n’est pas venu du dedans de moi, car c’est un bien et le bien n’habite pas en moi, je le sais. Je suis aussi monté au-dessus de moi, et j’ai trouvé que le Verbe est encore plus haut. Ma curiosité me l’a fait chercher au-dessous de moi, et j’ai trouvé pareillement qu’il est encore plus bas. J’ai regardé hors de moi, et j’ai reconnu qu’il est encore au-delà de ce qui est hors de moi ; et enfin je l’ai cherché au-dedans de moi, et j’ai vu qu’il m’est plus intérieur que moi-même. Et alors j’ai reconnu la vérité de cette parole: « Nous vivons, nous nous mouvons, et nous subsistons en lui (Act. 17,28). » Mais heureux celui en qui il est, qui vit pour lui, qui est mu par lui.  (S.Ct. 74,5)
Demandons à Dieu en cette eucharistie de fête de vivre, nous aussi, dans l’attente de la visite du Verbe en notre cœur.  Que nous puissions, comme Saint Bernard, reconnaître cette grâce que le Seigneur nous fait.

Frère Bernard-Marie

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Dix-neuvième Dimanche du Temps

La foi, l’espérance et la charité.

Alors que beaucoup de gens profitent des vacances pour se refaire une santé ou se faire de nouveaux amis, la liturgie de ce dimanche nous invite à une réflexion plus existentielle.  C’est ainsi que l’extrait de l’Epître aux Hébreux que nous venons d’entendre commence par ces mots :
la foi est une façon de posséder ce que l’on espère,
un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas.
Comment cela peut-il se faire ?  Posséder ce qu’on espère, connaître ce qu’on ne voit pas ?  La foi, l’espérance et la charité sont les trois vertus théologales qui doivent guider les chrétiens dans leurs relations avec Dieu, avec les hommes, avec soi-même.  Mais pour que ces vertus soient actives, encore faut-il les rendre vivantes, les animer, les nourrir.  L’auteur de l’épître continue en rappelant comment les patriarches de l’Ancien Testament ont découvert progressivement le Dieu qui se révélait à eux.  Abraham vénérait les dieux d’Ur en Chaldée avant d’être appelé par le Seigneur à quitter son pays pour s’installer en terre d’Israël.  Le Seigneur lui apparut à plusieurs reprises, selon ce que nous rapporte le Livre de la Genèse.  Il en fut de même pour Isaac et Jacob, les héritiers de la Promesse.  Ensuite, tout au long de l’Histoire du Peuple d’Israël, la connaissance du Seigneur s’enrichit des enseignements de Dieu et des actions des hommes.  C’est ce qu’affirme l’auteur de l’épître aux Hébreux dès les premiers versets :
À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé,
a parlé à nos pères par les prophètes ;
mais à la fin, en ces jours où nous sommes,
il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses
et par qui il a créé les mondes. (Hb 1,1-2)
Les derniers jours, ce sont ceux en lesquels nous sommes !  C’est à nous aussi que Jésus adresse les paroles que nous venons d’entendre :
Sois sans crainte, petit troupeau :
votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.
Le Royaume dont il est question n’est pas un royaume terrestre, un bonheur temporaire pour le temps que nous passons sur terre.  Comme le rappelle l’épître aux Hébreux, les patriarches qui ont suivi l’appel de Dieu auraient pu retourner en leur pays d’origine.  Mais par leur comportement, par leur foi, ils
affirmaient que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs.
Nous de même, prenons au sérieux l’appel de Jésus à ses disciples :
Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas,
un trésor inépuisable dans les cieux,
là où le voleur n’approche pas, où la mite ne détruit pas.
Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.
Ne cherchons pas d’abord à accumuler des richesses, du savoir, des relations.  Comme nous l’enseigne Jésus, et toute la Bible d’ailleurs, l’essentiel est d’approfondir notre connaissance de Dieu, notre amour de Dieu, la relation que nous pouvons avoir avec Dieu.  Dieu est notre Père, nous enseigne encore Jésus, Il veut notre bonheur, Il nous accompagne sur nos routes humaines.
Mais encore faut-il que nous soyons à l’écoute de ce qu’Il veut nous dire, que nous soyons attentifs à sa Volonté sur nous.
Alors que la vie économique tourne au ralenti et que beaucoup sont en vacances, demandons au Seigneur de profiter de ce temps favorable :

  • Par la lecture spirituelle, d’augmenter en nous la foi
  • Par la prière personnelle, d’augmenter en nous l’espérance de voir un jour Dieu face à face
  • Par la participation à l’Eucharistie, repas de communion, d’augmenter en nous la charité envers tous ceux que nous rencontrons, nos familles, nos proches, tous ceux que nous croisons.

C’est ce que nous avons demandé tout-à-l’heure dans la prière d’ouverture de cette eucharistie :
Fais grandir en nos cœurs, Père, l’esprit filial, afin que nous soyons capables d’entrer un jour dans l’héritage qui nous est promis.

Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.

Frère Bernard-Marie

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