Juillet 2022

En ce vendredi 1er juillet, nous partageons le repas……..de Noël avec l’ensemble des salariés et ce, encore une fois autour d’un fameux barbecue

Dimanche 3 : Nous retrouvons avec joie nos amis roumains de juillet à septembre. Ce sont Daniel et Florin qui ouvrent le bal. Eux, sont parmi nous jusque mi-aout. Frère Pierre-André rejoint la capitale pour terminer une formation de comptabilité. Retour jeudi 14. Il sera alors à même d’assurer la compta de l’abbaye à partir du 1er août.

Mercredi 6 : Corona se rappelle à nous aussi puisque notre prieur Frère Gilles est testé positif.

Vendredi 8 : Père Bernard-Marie s’en va découvrir la communauté de Maromby ce qui l’aidera lors de la seconde partie du chapitre général de septembre prochain.

Comme Corona est de retour, tous les frères sont testés. F Daniel et F Oswaldo sont également positifs. Suivront F Jean Pierre, F Florent et Roberto quelques jours après. Décidemment. Mais tous se rétabliront plus ou moins vite. Deo Gratias.

Dimanche 10 : Nous connaissons bien les controverses nées au XVIème siècle entre l’Eglise Catholique et Luther. Cependant, il ne fait pas de mal de « réviser ses leçons ». C’est peut-être dans cette perspective que nous regardons le film qu’un certain Éric Till lui a consacré.

Mercredi 13 : Fallait-il encore y penser. Frère Gilles, notre prieur, y a songé. Aussi grâce à lui, nous regardons un documentaire sur la garde pontificale des papes ou comment depuis plus de 500 ans, de jeunes soldats suisses jurent de donner leur vie pour sauver celle du pape. Immersion dans la plus petite armée du monde pour découvrir les visages, la foi et le quotidien « des anges gardiens du pape François ». Nous découvrons beaucoup de choses à leur propos.

Mardi 19 et mercredi 20 : Nous connaissons tous le concile Vatican II qui, entre 1962 et 1965, a modifié les rapports de l’Eglise et du monde. On connaît moins, en revanche, le Concile Vatican I de 1869 qui a défini, entre autres, l’infaillibilité pontificale. Cette émission d’ « Au risque de l’histoire » nous propose de découvrir ce concile Vatican I qui a redonné vie à une institution tombée en désuétude depuis le Concile de Trente au XVIe. En compagnie de ses deux invités, le Père Grégory Woimbée, théologien, et l’historien Guillaume Cuchet, Christophe Dickès se penche sur les liens entre Vatican I et Vatican II : rupture ou continuité ?

A son retour vendredi 29, Père Bernard-Marie nous donne des nouvelles et de Madagascar et de la communauté de Maromby.  Le pays est magnifique, mais le peuple souffre d’une très grande pauvreté.  Comme beaucoup d’autres communautés sur la Grande Île, Maromby ploie sous l’afflux d’aspirants à une vie religieuse.  Durant son séjour à Madagascar eut lieu la profession solennelle de Frère Antoine et de Frère Modeste, ainsi que la célébration des 25 ans d’existence de la communauté des Trappistines d’Ampibanjinana. 

Lecture au réfectoire. Après l’univers de l’écriture, avec « Saltimbanque de Dieu » de Jean-Pierre Nortel, nous plongeons dans celui du spectacle. En effet, à dix-sept ans l’auteur se prend de passion pour le théâtre et se lance dans une marche enflammée pour devenir comédien. Mais, sans qu’il s’y attende, sa quête artistique se fait spirituelle lorsqu’il se met à lire et interpréter des auteurs agnostiques et chrétiens. Il découvre alors sa propre foi, qui le mènera au baptême… puis au séminaire. Prêtre depuis 1961, Jean-Pierre Nortel nous dévoile l’artiste qu’il est, l’auteur et le metteur en scène au service de l’annonce de l’Evangile, le saltimbanque engagé qui, au-delà des parvis, proclame et chante les mystères de l’Amour de Dieu sur les planches.

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Quatorzième Dimanche

Les disciples de Jésus

Lorsque nous entendons dans l’Évangile de ce jour que Jésus désigne 72 disciples pour les envoyer deux par deux… on peut se demander d’où ils viennent tout-à-coup. 

Que les Douze accompagnent Jésus, avec quelques femmes dont certaines les aident de leurs ressources pour leur assurer le pain quotidien, on peut aisément l’imaginer.  Mais qu’il y ait, en plus, des dizaines, peut-être une centaine de disciples qui les suivent également, il est permis de s’interroger. 

Dans l’Évangile de dimanche dernier, nous avons vu que Jésus ne cherche pas coûte que coûte à s’adjoindre des disciples.  Rappelons-nous ses réponses : « les renards ont des terriers… », « laisse les morts enterrer les morts… », « qui regarde en arrière… ».  Réponses énigmatiques, rudes, qui ont dû refroidir plus d’un homme interpellé par l’aura de Jésus. 

Ce qui n’empêcha pas ces personnes, avec d’autres, de continuer à fréquenter Jésus.  Ils ne firent pas partie du petit cercle des apôtres, les seuls à qui Jésus un jour a dit : « Suis-moi ».  Nous connaissons certains de ces « disciples de seconde zone », puisqu’ils sont nommés dans les écrits du Nouveau Testament.  Ainsi Nicodème, qui vint de nuit rencontrer Jésus.  Ou encore Zachée, le collecteur d’impôts de Jéricho, Simon de Cyrène qui porta la croix de Jésus, Cléophas et l’autre disciple sur le route d’Emmaüs, et Mathias qui prit la place de Judas l’Iscariote dans le groupe des Douze.

Ces derniers, avec tous les autres, dont les 72 disciples, étaient ouverts au message de Jésus, le suivaient parfois, et s’inspiraient de son enseignement.  Mais ils continuaient à vivre leur vie « dans le monde » alors que les Douze avaient tout quitté pour suivre Jésus.  L’instauration du Règne de Dieu, pour lequel Jésus est venu, ne concerne pas seulement Lui et les Douze.  Il s’agit du début d’une ère nouvelle, pour laquelle Dieu a besoin d’une communauté concrète.  L’enseignement de Jésus n’était pas une pieuse théorie, mais une vraie Histoire, une Histoire Sainte.  Pour cela, Il a besoin d’une communauté de croyants, qui vivent dans le monde et qui témoignent que le Règne de Dieu est là.  Ils sont invités à vivre des paroles de Jésus, ils doivent témoigner dans leur vie quotidienne, que le monde est en train de changer.  La charité, l’entraide, le soutien, le partage, ne sont plus de vains mots.  Par leur comportement concret les disciples témoignent que suivre le Christ change radicalement la vie.  

Le premier témoignage que les disciples sont appelés à rendre, c’est la charité mutuelle.  Comme Jésus le demandait dans le discours après la Cène rapporté par Saint Jean : C’est à l’amour qu’on vous reconnaîtra comme mes disciples.  C’est également par l’amour que nous avons, chacun de nous, pour tous ceux que nous rencontrons, c’est par l’amour que nous témoignons que le Christ vit en nous. 

Comme le rappelle Saint Paul dans l’extrait de l’épître aux Galates que nous avons entendu, Par la croix de notre Seigneur Jésus-Christ le monde est crucifié pour moi et moi pour le monde.  Et plus loin, nous sommes une création nouvelle, marchons selon cette règle de vie.  L’important, pour Paul, est la foi au Christ et vivre selon cette foi, pour que Dieu nous donne paix et miséricorde. 

Ne nous offusquons pas si le monde ne nous comprend pas.  Jésus et ses disciples aussi essuyèrent l’incompréhension, la moquerie.  Jésus lui-même paya son témoignage par la mort.  Aujourd’hui comme du temps des premier chrétiens, les croyants sont une minorité, et leur parole n’est guère entendue.  L’important pour nous est de vivre ce à quoi Dieu nous appelle, dans la vie monastique, religieuse, dans le mariage, dans le monde.  Faisons confiance à Dieu qui sait ce dont l’Église et le monde ont besoin. 

En cette Eucharistie, demandons à Jésus de nous aider à vivre notre foi dans un monde en recherche de sens.  Que nous soyons pour nos proches des témoins qu’il est bon de vivre sous l’inspiration de l’Esprit, cet Esprit qui fait de nous une créature nouvelle. Alors, Jésus pourra nous dire un jour :

« Réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

Père Bernard-Marie

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Juin 2022

Mercredi 1er : Frère Michel s’en va se reposer chez « nos Fille-Dieu ». Retour le 16.

Dimanche 5 : Nous continuons à nous « instructionner des choses de Dieu » en regardant une émission – on le donne en mille – tirée de « la foi prise au mot » consacrée au livre d’Esther. Cette histoire est-elle vraie ? Pourquoi l’a-t-on conservée dans le canon ? Qui l’a écrite ? Jean-Daniel Macchi, professeur d’Ancien Testament à l’Université de Genève, à la faculté autonome de théologie protestante, et Catherine Vialle, Maitre de conférences, professeur d’Ancien Testament et d’hébreu biblique à l’Institut catholique de Lille répondent à ces questions.

Mardi 7 : C’est conduit par Mère Isabelle en personne accompagnée de…..soeur Madeleine  que nous retrouvons notre frère Marc-André après quelques mois passés au service de nos sœurs d’Igny. Mère Abbesse nous remercie quant au fait de leur avoir prêté Frère Marc-André comme aumônier. Peut-être pourront-elles avoir un prêtre sur place d’ici quelques mois. La communauté compte 38 sœurs sur place. 17 sont dans la « Petite Unité de Vie ».

Inversion des rôles ou plutôt des fonctions entre F Jean-Pierre et F Gilles. En effet, F Gilles qui était jusque-là sous-prieur devient prieur et F Jean-Pierre quant à lui devient sous-prieur. A partir de ce jour, nous voilà dotés de la fibre. Autrement dit, internet ne « rame » plus. C’est presque instantané.

Dimanche 12 : Nous avons la joie de revoir notre frère Jacques qui vient passer quelques jours parmi nous. Ce qui fait qu’il pourra rencontrer entre autres Dom Ginepro et Mère Isabelle qui font la visite régulière à partir de ce lundi 13 et ce, jusqu’au vendredi 17. S’il y a toujours des choses à améliorer, on peut qualifier cette visite de bonne.

Mardi 21 : Profitant d’une réunion de l’AIT, Dom Isaac, non pas de l’Etoile, mais de Tilburg notre abbé fils vient nous rendre visite. Il revient sur l’élection de Dom Bernardus comme Abbé Général et les conséquences que cela a entraîné et pour la communauté et pour lui plus particulièrement. Comme il se doit, cela entraîne aussi des changements quant aux responsabilités. Il nous parle également de la quinzaine d’ukrainiens qui logent désormais à l’hôtellerie. 

Mercredi 22 : Père Bernard-Marie nous fait part de quelques changements d’emplois. Ce qui fait que, Frère Pierre-André reprend une partie de la comptabilité de l’abbaye ; Frère François-Philippe devient portier de nuit en lieu et place de F Guy ; Frère Marc-André devient réfectorier secondé par F Patrick. Cela prendra effet au 1er juillet.

Jeudi 23 : Une petite vingtaine de Petites Sœurs des Pauvres sont en retraite parmi nous, retraite prêchée par le Père Didier Caullery carme et bien connu de la maison. Et le père Caullery de nous retracer l’itinéraire qui l’a conduit du statut de prêtre du diocèse de Cambrai au Carmel d’Avon où il fut Prieur, chargé de la préparation au mariage, où il est maintenant hôtelier. Il nous   rappelle aussi qu’il doit son entrée au Carmel aux conseils avisés de notre frère Jean-Paul notamment. Il nous fait part aussi des démarches en vue de la canonisation du père Jacques de Jésus qui a sauvé des juifs durant la 2ème guerre mondiale et connu par le film de Louis Malle « Aux revoir les enfants »

Après mûre réflexion, Frère Ephrem nous quitte poursuivre sa recherche de Dieu sous une autre forme de vie communautaire. Nous lui souhaitons bonne route.

Dimanche 26 : Pour faire pendant au « Passeurs de l’absolu » que nous lisons au réfectoire, nous regardons une émission consacrée à Karl Huysmans qui, après avoir achevé son chef d’œuvre « A rebours », entame un cycle de quatre romans retraçant les étapes successives de sa lente et douloureuse conversion à la religion catholique.

Ce lundi 27, nous retrouvons Père Podvin qui nous commente ce qui fait l’actualité tant ecclésiale que profane. Pour ce qui est de la vie de l’Église, il note que celle-ci traverse des moments tempétueux avec les interventions de Rome à Toulon, à Strasbourg et la dissolution de la communauté du Verbe de Vie.  Il nous rapporte aussi que la fête des familles du 12 juin à Roubaix fut très belle. En espérant que cela relance la catéchèse. Père Podvin revient sur les départs de Mgr Hérouard et Mgr Ulrich ce qui bouscule beaucoup de choses dans le diocèse. Ce qui demande aussi beaucoup d’abnégation. Quant au côté profane, pour lui, les USA ont été très courageuses quant au texte sur l’avortement et la loi sur le port des armes. Il craint fort que le droit à l’avortement n’entre dans la constitution française. Il y a quelque chose de pathétique quant à la demande de l’Ukraine à entrer dans l’Union Européenne.  il note enfin que l’axe franco-africain tangue fortement.

Lectures au réfectoire : Nous nous mettons au diapason de la récente canonisation de….. Charles de Foucauld en écoutant Pierre Sourisseau qui, dans son livre « Les Lumières d’un Phare – Charles de Foucauld », explique pourquoi le nouveau saint est plus que jamais ce phare pour l’évangélisation au XXIe siècle. L’auteur développe les éléments essentiels de sa spiritualité, les thèmes favoris de l’ermite-missionnaire et ses conseils pour organiser une Église-fraternité et inspirer les chrétiens actifs dans l’évangélisation.

L’homme n’est pas seulement partie prenante d’équations économiques, sociales ou politiques, il   est avant tout une promesse inouïe de rencontre avec Dieu. Cette promesse, cette quête de toute une vie et de toute une œuvre, Emmanuel Godo nous les dévoile dans son livre « Les passeurs d’absolu – Les grands écrivains et Dieu ».  À travers les écrits de vingt-cinq auteurs pétris de transcendance, de Dante à Sylvie Germain, de Pascal à Soljenitsyne, de Saint Exupéry à Etty Hillesum, les chemins sont uniques pour accéder à l’expérience religieuse. Sous cet angle singulier, l’auteur nous amène à (re)découvrir des écrivains connus comme Péguy ou Marie Noël mais aussi d’autres plumes comme Cristina Campo ou Vincent La Soudière.

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Treizième Dimanche du Temps Ordinaire

Le Royaume de Dieu

Les fêtes liées au Temps Pascal se sont terminées, avec le Saint Sacrement dimanche dernier et le Sacré-Cœur vendredi.  Le mois de juin se termine également, avec la Saint Jean Baptiste jeudi, Notre Dame de la Treille samedi, et mercredi prochain les Saints Pierre et Paul.  Aujourd’hui nous reprenons le Temps Ordinaire, avec la couleur liturgique verte.  Nous voilà repartis pour méditer, durant ce Temps que l’on pourrait également appeler le ‘Temps de l’Église’, les grands moments de la vie des Saints, mais également les grands moments de la vie chrétienne ordinaire. 

Aujourd’hui nous entendons plusieurs appels adressés par Dieu ou par Jésus à des individus, parfois simplement croisés sur le bord de la route, parfois rencontrés déjà précédemment.  Les réponses aux appels diffèrent d’un individu à l’autre, et la réponse de l’appelant également.  Alors qu’Élie accepte que Elisée, fils de Shafath, fasse ses adieux à sa famille, Jésus ne l’accorde pas au dernier homme qu’Il invite à Le suivre.  Elisée a dit « oui » dans son cœur, et célèbre généreusement d’être appelé par le Prophète. 

Peut-être que l’homme à qui Jésus répond de ne pas regarder en arrière, n’a pas encore dit « oui » et veut profiter d’un délai pour peser le pour et le contre et ensuite décider.  On sait en effet ce que l’on quitte, mais pas ce qui nous attend, quelle que soit la vocation à laquelle Dieu nous appelle.  Sommes-nous prêts à tout quitter pour une vie inconnue ?  C’est vrai dans tous les états de vie.  Un jour il faut accepter de ne plus regarder en arrière, pour aller de l’avant. 

Le premier homme s’adressant à Jésus, promet de suivre Jésus partout où il ira.  Affirmation pleine d’assurance.  On veut compter sur ses propres forces pour répondre à l’appel de Jésus.  Mais la réalité est tout autre…  C’est pourquoi Jésus met cet homme en garde : si tu me suis, ta vie sera pleine d’inconnus, de surprises, d’inconfort.  Il te faudra tout lâcher, et Dieu te donnera ce dont tu as besoin.  Puisque, Jésus le dit clairement : le Fils de l’homme n’a pas de lieu où reposer la tête.  Rappelons-nous également la réaction de Pierre lors de la dernière Cène.  Lui aussi affirma : Je te suivrai partout où tu iras.  Et Jésus lui répondit : Avant que le coq ne chante, tu m’auras renié trois fois (Lc 22,34).  Jésus accepte l’homme tel qu’il est.  Il ne reproche rien.  Et, pour continuer sur l’exemple de Pierre, lorsque celui-ci rencontra le regard de Jésus enchaîné, il pleura amèrement sur sa faute, sur sa faiblesse.  Jésus ne le lui reproche pas, il pardonne.  Et plus tard il l’instituera chef de l’Église.  Pierre à ce moment saura que ce n’est pas pour sa bravoure mais pour son humilité que Jésus l’aime. 

Le second interlocuteur de Jésus demande de pouvoir aller enterrer son père avant de répondre à l’appel.  Jésus répond en insistant sur l’urgence.  La moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux (Lc 10,2).  Peut-on remettre à demain l’annonce de la Bonne Nouvelle ?  Suivre Jésus nécessite des choix radicaux, nécessite parfois de renoncer à honorer père et mère.  Même des préceptes de la Loi, tel qu’enterrer son père, peuvent, doivent parfois, passer au second plan pour l’unique nécessaire : répondre à l’appel de Dieu.  Ici encore, nous ne connaissons pas la réponse de l’homme.  Nous ne connaissons pas non plus la réaction de Jésus.  Mais nous savons qu’Il ne condamne pas, qu’Il ne juge pas. 

Lorsque Jésus appelle, lorsque Dieu appelle, Il laisse libre.  C’est librement que nous devons répondre à l’appel, quel qu’il soit.  Il n’y a pas que la vie religieuse qui est un appel.  Toute vie chrétienne vécue chrétiennement, est une vocation.  Nous voyons dans les évangiles d’autres personnes que Jésus aimait, mais à qui il n’a pas demandé de Le suivre.  Jésus était heureux de l’hospitalité que lui offraient Marthe, Marie et Lazare.  L’une vocation n’est pas meilleure que l’autre.  Le tout est de trouver sa vocation, son épanouissement humain, spirituel, relationnel. 

Cette liberté de Dieu vis-à-vis de chacun de nous, c’est aussi ce que Saint Paul nous enseigne dans l’épître de ce jour :
Frères, c’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés.
Vous, frères, vous avez été appelés à la liberté.
Ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage.
Laissez-vous conduire par l’Esprit.

C’est cette liberté-ci qui importe.  L’Esprit nous aide à aller de l’avant, quoi qu’il nous arrive.  Et Dieu nous donnera la force, la lumière, pour avancer sur notre route.

En cette Eucharistie, demandons à Dieu de nous venir en aide.  Si nous disons à Jésus « je te suivrai partout où tu iras », sachons prendre les risques, mais comptons sur la grâce de Dieu, l’aide de l’Esprit pour que notre projet, quel qu’il soit, aboutisse, pour notre joie et pour la plus grande gloire de Dieu.

Père Bernard-Marie

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Fête du Saint Sacrement ou Fête-Dieu

La communion dans l’Eucharistie

La première célébration du Triduum Pascal, c’était l’institution par Jésus Lui-même, la veille de sa Passion et de sa Mort, d’un repas d’adieux.  Très vite après la Pentecôte, les disciples se réunissant le Dimanche, se mirent à célébrer ce Repas d’Adieux, qui devint repas de communion entre tous ceux qui devenaient croyants.  Les disciples, en faisant ainsi, se rappelaient des Paroles de Jésus durant la dernière Cène : Faites cela en mémoire de moi.

Aujourd’hui, alors que se terminent les fêtes pascales, nous nous arrêtons à nouveau sur le Mystère de l’Eucharistie, mais pour en découvrir un autre aspect.  Comme l’affirme Jésus en une autre de ses Paroles : Lorsque deux ou trois sont réunis en mon Nom, je suis au milieu d’eux (Mt 18,20).  Lorsque nous nous réunissons, nous sommes en communion avec Jésus, comme nous sommes en communion avec tous ses disciples, avec l’Église entière. 

Depuis la nuit des temps et jusqu’à ce jour, participer à un repas est considéré comme le lieu de communion par excellence.  Que ce soit en trempant la bouchée dans le même plat (cf Jn 13,26) ou en respectant scrupuleusement une étiquette, manger la même nourriture autour d’une même table enrichit la relation entre les convives.  

C’est pourquoi nous avons entendu en première lecture le repas qu’offrit Melchisédech à Abraham lorsque celui-ci revint d’avoir vaincu ses ennemis.  Melchisédech étant prêtre du Dieu Très-Haut, nous avons ici en même temps une première ébauche d’un repas sacré, d’un repas religieux.  Tout au long de l’Histoire d’Israël, depuis Moïse jusqu’à l’époque de Jésus, les Juifs se rendaient à Jérusalem pour les grandes fêtes.  Lorsqu’ils offraient un animal en sacrifice pour être brûlé sur l’autel, une partie seulement était brûlée en bonne odeur, tandis que le reste permettait de faire un repas de fête sous le regard bienveillant de Dieu Lui-même à qui on avait offert une part. 

Les derniers versets du Livre du Prophète Zacharie annoncent que ce ne sera plus seulement dans le Temple que l’on célébrera le Seigneur, mais dans tout Jérusalem (Za 14,20-21) :

Ce jour-là, les grelots des chevaux porteront l’inscription « Consacré au Seigneur » ;
les marmites, dans la Maison du Seigneur, seront comme des coupes d’aspersion devant l’autel.
Toute marmite, à Jérusalem et en Juda, sera consacrée au Seigneur de l’univers ;
tous ceux qui offrent un sacrifice viendront les prendre pour cuire ce qu’ils présentent.

Toute la ville sera consacrée au Seigneur, tous les habitants de la Terre Sainte célébreront le Seigneur et partageront les repas de communion avec tous les peuples.  C’est ce que Jésus est venu instaurer.  Les quatre évangiles nous ont rapporté les multiplications des pains de Jésus pour les foules venues l’écouter.  C’était, pour ces gens désemparés, un repas de communion avec Jésus.  Mais le Fils de Dieu alla plus loin encore.  Lors du dernier repas qu’il célébra, Jésus partagea à ses disciples son corps et son sang, avant de mourir sur la croix.  Repas rituel, repas de communion… non plus avec la chair de boucs, de brebis ou de bœufs, mais avec son propre Corps. 

C’est pourquoi, l’épître aux Hébreux nous l’affirme (Hb 9,11-12) :

Le Christ est venu, grand prêtre des biens à venir. Par la tente plus grande et plus parfaite, celle qui n’est pas œuvre de mains humaines et n’appartient pas à cette création,
il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, en répandant, non pas le sang de boucs et de jeunes taureaux, mais son propre sang.

Tel est le Mystère de l’Eucharistie que nous célébrons chaque jour…  Nous ne participons plus à un repas avec des animaux offerts en sacrifice de communion.  Notre Eucharistie est le rappel de la mort et de la résurrection de Jésus, l’ouverture définitive du Temple céleste. 

C’est ce que nous rappelle Saint Paul dans l’extrait de l’épître aux Corinthiens que nous avons entendu :   

Ceci est mon corps, qui est pour vous.  Faites cela en mémoire de moi.
Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang.
Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi.

Aujourd’hui ce n’est plus toute la ville de Jérusalem qui est consacrée au Seigneur.  Mais le monde entier est consacré à Dieu, chaque fois que, quelque part sur terre, une communauté chrétienne célèbre l’Eucharistie.  Nous sommes un seul peuple, tous consacrés à Dieu.  Et chaque fois que nous célébrons, le Christ Fils de Dieu est au milieu de nous.  Notre propre sanctification rayonne sur le monde et fait progresser la sanctification de tous. 

En ce jour que l’on appelle aussi Fête-Dieu, demandons à Jésus d’être tout près de nous, sur nos lèvres et dans notre cœur, alors que nous allons manger son Corps sacré qui nous sanctifie et sanctifiera le monde entier.

Père Bernard-Marie

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