Mai 2022

Lundi 2 : Frère André-Nestor, de la communauté Saint Jean, vient passer la semaine parmi nous.

Jeudi 5 : Notre frère Marc-André nous revient non pas « en coup de vent » cette fois-ci, mais il restera jusque dimanche avant de nous revenir définitivement début du mois prochain.

Vendredi 7 : Père Bernard-Marie s’en retourne – on le donne en mille – … à Tilburg pour assister à la bénédiction abbatiale de Dom Isaac. De là, il se rendra directement à Orval pour assister à une réunion de l’AIT. Retour au bercail le 11.

Samedi 14 : Au profit de la restauration du Mémorial Canadien, nous avons le droit à un concert d’orgue donné par Jan Vermeire, concertiste international de Furnes en Belgique.  Il nous joue Jan Pieterszoon Sweelinck, Nicolas de Grigny, Denis Bédard et … Bach bien sûr. De quoi réjouir les mélomanes de la maison et les autres aussi.

Vendredi 20 : Aujourd’hui nouvelle journée de désert. Tout le monde en profite d’une manière ou d’une autre. Certains pour se reposer, pour d’autres se balader – en passant à travers les gouttes de pluie – et pour d’autres encore en partageant une « auberge espagnole » autour de Virginie que nous remercions de ses bons et loyaux services comme « Madame qualité » pendant ces 8 années qu’elle a passées au service de la fromagerie. Nous lui souhaitons bonne chance pour la nouvelle étape de sa vie.  En effet, pour raisons personnelles, elle nous quitte à la fin du mois pour retourner dans sa Normandie natale.

Dimanche 22 : Ce soir, pour notre culture générale, le physicien Étienne Klein et l’astronome Serge Brunier  dans « Entre Terre et ciel. Au plus près du Big Bang » nous font découvrir la seule machine au monde capable de remonter le temps assez loin pour étudier les origines du cosmos : le LHC (« Grand collisionneur de hadrons »), un gigantesque instrument scientifique piloté par le Cern, à 100 mètres sous terre, et qui pourrait bien nous aider à comprendre ce que l’on a coutume d’appeler donc le fameux…. Big Bang. 

Jeudi de l’Ascension : Nous avons l’insigne honneur de recevoir en nos murs le nouvel archevêque de Paris. En effet, voulant honorer une date prise il y a déjà assez longtemps, Mgr Ulrich passe la journée parmi nous. Il préside comme il se doit l’Eucharistie puis il revient sur son parcours comme pasteur du diocèse de Lille durant 14 ans. Il relève surtout ce qui a été vécu à l’occasion du centenaire du diocèse principalement la confirmation de 1500 jeunes comme point d’orgue. Le synode provincial, l’arrivée du Pape François et son invitation au synode sur la famille l’ont aussi marqué. Il nous partage aussi les moments difficiles auxquels il a été confronté comme, évidemment, les abus de toutes sortes. Nous le portons dans la prière quant au service qu’il va rendre désormais au diocèse de Paris. Et le dimanche 29, nous regarderons et écouterons les Vêpres de son installation

Lundi 30 : Père Bernard-Marie s’en va à Igny participer à une réunion d’OCSO France, en présence de l’Abbé Général Dom Bernardus. Retour le 02 juin.

Çà déboise tant du côté de la Vierge de l’hôtellerie que du côté de l’allée de la grotte de Lourdes.  

Dans le contexte de nos difficultés actuelles – pandémie, chute du nombre des pratiquants, débats sur les abus sexuels, l’image de l’Église et de sa mission est profondément remise en questions. Il s’agit d’un affrontement nouveau de la mission évangélique avec le Mal qui en ce temps prend une forme démentielle et provoque à des multiples attitudes de désenchantement chez les chrétiens ou de refus violent. Ces pages proposent de retrouver le regard de Jésus et des apôtres sur le Mal. Il nous faut regarder ce mal en face, tant celui du monde que le nôtre, avec les yeux de la foi et non ceux des résultats d’un chef d’entreprise, avec le sens de l’humilité et non la hantise de la domination politique, avec les valeurs de la faiblesse et non celles de la violence guerrière. La crise vécue en chrétien conduit à la joie de  la naissance d’un monde autre par les autres. Voilà ce que traite Mgr Gérard Defois dans  Au cœur du mal que nous lisons au réfectoire.

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Septième Dimanche de Pâques.

Qu’ils soient UN, moi en eux et toi en moi.

Jeudi dernier nous avons célébré l’Ascension du Seigneur.  Aujourd’hui nous continuons la lecture du « testament de Jésus » que Saint Jean place durant le dernier repas de Jésus avant sa Passion et sa Mort.  Dans l’extrait que nous venons d’entendre de cette « Prière Sacerdotale », comme elle est appelée, nous entendons Jésus prier pour l’unité entre lui et le Père, entre lui et ses disciples, entre lui et chacun de nous. 

L’unité pour laquelle Jésus prie n’est pas une unité de façade, unité de conviction, unité de vue, telle qu’on peut l’entendre dans la vie courante aujourd’hui.  L’unité que Jésus vit avec son Père, c’est une unité entre le divin et l’humain, entre Dieu le Père et son Fils Jésus qui s’est fait l’un de nous, prenant notre humanité avec ses qualités et ses défauts – ses péchés.  Jésus prie donc pour que nous entrions dans cette unité Lui-et-le-Père, c’est-à-dire que nous devenions fils de Dieu dans le Fils.  Il s’agit de notre divinisation, de notre union profonde avec Dieu qui demeure dans notre cœur et qui nous appelle à entrer en relation avec Lui. 

Dans sa prière, Jésus demande à son Père que nous retrouvions la relation privilégiée qui existait entre Dieu et Adam et Ève dans le Paradis.  Mieux : il ne s’agit plus d’un paradis terrestre où hommes et bêtes vivraient en totale harmonie comme le chantèrent les prophètes de l’Ancien Testament. 

L’union dont il est ici question, c’est l’union dans le parfait amour que Jésus est venu nous transmettre de la part du Père.  L’amour humain que nous pouvons vivre en ce monde, est bien pâle comparé à l’amour divin que le Père nous témoigne.  L’unité à laquelle Jésus nous invite ne peut être atteinte en ce monde, mais seulement dans l’autre, après notre mort.  C’est pourquoi les deux autres lectures de ce matin nous parlent de ce grand passage…  Étienne au seuil de la mort voit le ciel ouvert et Jésus assis à la droite du Père.  C’est la vision béatifique qui sera également la nôtre là-haut.  C’est là que nous sommes attendus, c’est dans cette attente de la grande rencontre que nous vivons notre vie de chrétien, de moine.  Notre vie n’aurait pas de sens si après la mort il n’y avait rien… 

C’est ce que nous entendons dans l’extrait de l’Apocalypse, qui crie notre attente de cette rencontre…  L’Esprit et l’Épouse disent, à chacun de nous : « Viens ».  Mais également, Jésus qui donne ce témoignage crie : « Oui, je viens sans tarder ! »  L’attente est réciproque, chacun a hâte de se retrouver pour toujours ensemble dans le Royaume du Ciel.  Là nous n’aurons plus soif, nous n’aurons plus faim.  Nous boirons l’eau vive, gratuitement, et nous vivrons pour toujours en présence de Dieu et de tous les saints. 

Mais entretemps, la vie sur terre continue, avec ses joies et ses peines.  C’est pourquoi nous avons demandé à Dieu, dans la prière d’ouverture de cette célébration :
            Nous croyons que le Sauveur du genre humain est auprès de toi dans la gloire ;
            Puissions-nous éprouver qu’il demeure avec nous jusqu’à la fin du monde…

Dimanche prochain nous célébrerons la fête de la Pentecôte.  Nous avons bien besoin de la présence du Saint Esprit pour avancer sur nos routes humaines.  Oui, nous éprouvons, par l’Esprit, que Jésus demeure toujours parmi nous et qu’Il nous montre la voie à suivre pour vivre chrétiennement, saintement, notre vocation propre.  En agissant ainsi, nous verrons croître en nous l’amour de Dieu et l’amour de nos proches.  L’unité que Jésus nous suggère dans sa grande Prière Sacerdotale, se fera pour le bien de tous, pour la gloire de Dieu. 

Nous n’aurons sans doute pas la grâce de visions comme celle que Saint Étienne reçut au moment de mourir.  Mais le sens de notre vie est quand même de nous préparer à cette grande rencontre dans le Ciel, où nous serons réunis avec tous les saints, tous nos proches, tous ceux qui ont persévéré à faire le bien durant leur vie.  Le Fils trônera alors à la droite du Père, et nous chanterons sans fin la louange de Dieu. 

En attendant, demandons à Dieu, en cette Eucharistie, d’augmenter notre foi en Lui et de nous ouvrir toujours davantage à son Amour.  Nous pourrons alors nous écrier : « Oui, viens Seigneur Jésus », et Jésus nous répondra : « Oui, je viens bientôt ». 

Père Bernard-Marie

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Troisième Dimanche de Pâques

Quand tu étais jeune…

Après la pêche miraculeuse, l’évangile de ce matin nous propose deux séquences de dialogue entre Jésus et Pierre.  La première concerne la triple demande de Jésus à Pierre, où Jésus l’appelle de manière très officielle Simon, fils de Jean.  Un ami ne s’adresse pas à son ami en l’appelant de son nom et prénom, mais seulement par son prénom.  Si Jésus le fait ainsi en cette circonstance tout à fait particulière, c’est que le message qu’Il va délivrer est de la plus haute importance, il a un caractère « officiel ».

Après avoir posé par trois fois la question de savoir combien Pierre aime son Seigneur, Jésus continue : Quand tu étais jeune… 

Le jeune homme, de tous les temps, décide de son avenir.  Il choisit ses études, son métier, son mode de vie, sa carrière.  Dans certains cas tout lui réussit et il croque la vie à pleines dents.  … tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais.

Mais cela ne dure généralement pas bien longtemps.  On se marie, ou bien on choisit le célibat ou la vie religieuse.  Ou encore, le métier choisi ne nous convient pas… nous voilà obligés de changer de direction, de cap, de pays.  … un autre te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller…

Les circonstances, certains appellent cela la Providence ou, mieux encore, la Volonté de Dieu, nous font modifier notre route, prendre un nouveau départ, choisir une autre direction, un autre emploi, vivre dans une autre ville.  Il en est de même pour les moines.  Parfois on imagine notre route toute tracée, depuis l’entrée au noviciat jusqu’au jubilé de 50 ans de vie monastique.  Mais la Providence, ici encore davantage qu’ailleurs comprise comme la Volonté de Dieu, a parfois, a souvent, une autre vue sur notre devenir. 

À ce moment-là, il nous faut de l’humilité.  Accepter que nous ne sommes pas maître de notre vie, de nos choix, de notre avenir.  Humilité et écoute, pour bien comprendre ce que Dieu attend de nous.  Dans la mesure où nous croyons que Dieu dirige notre route, que nous soyons dans le monde ou dans la vie religieuse ou monastique, écoutons ce qu’Il nous dit, écoutons ce que les événements nous disent.  Ne cherchons pas à forcer le destin, mais en toute humilité acceptons ce que Dieu nous réserve.  Lorsqu’Il disait à Pierre : un autre te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller… Jésus ne voulait pas seulement prophétiser de quelle mort Pierre mourrait, mais combien il aurait à souffrir de ne plus être maître de son destin.  Par amour pour Jésus son Seigneur, Pierre aurait à renoncer à sa propre volonté, bien avant qu’il ne meure crucifié…  C’est bien pourquoi Jésus termine ce petit dialogue par cette phrase bien connue de Pierre et de tous les disciples de Jésus : Suis-moi. 

Cela vaut aussi pour chacun de nous : dans les temps de grâces comme dans les épreuves, Jésus nous demande de Le suivre.  Il connaît nos besoins, Il nous donne la force dont nous avons besoin pour avancer sur notre chemin. 

L’Évangile de Jean se termine par la question que Pierre pose à Jésus, lorsqu’il voit marchant derrière eux, le disciple bien-aimé (ces trois versets ne sont pas repris dans la péricope de ce jour) Pierre dit : Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? (Jn 21,21).  Jésus lui répond, de manière un peu brusque : Que t’importe ! Toi, suis-moi ! (Jn 21,22b)  La tentation est grande, de nous poser la question pourquoi moi, pourquoi pas lui ?  Pourquoi Dieu me demande cela à moi et pas à lui ?  Mais nous ignorons souvent ce que Dieu demande à l’autre, qui peut-être lui coûte bien plus que ce que Dieu me demande à moi… 

À chacun de nous Dieu dit : Suis-moi !  Il ne dit pas ‘suis-le’ ou fais comme celui-là, mais suis-moi !  Faisons confiance au Seigneur parce qu’Il donne effectivement à chacun la grâce de porter le fardeau qu’Il lui confie.  Ne soyons pas envieux des autres, mais en toute humilité répondons à cette injonction de Jésus : Suis-moi, et tout ira bien pour chacun de nous. 

Dans cette Eucharistie, demandons au Seigneur de nous combler de ses grâces pour Le suivre sur le chemin qu’Il nous propose.  Croyons que ce que Dieu nous demande est ce qu’il y a de meilleur pour nous.

Père Bernard-Marie

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Avril 2022

Vendredi 1er : Maintenant, c’est presque les yeux fermés que Père Bernard-Marie s’en retourne à Tilburg et cette fois-ci encore pour la bonne cause puisque le lendemain il nous annoncera l’élection de Dom Isaac Majoor comme nouvel abbé. Nous portons nos frères de Tilburg dans notre prière.
Frère Gilles quant à lui, s’en va passer quelques jours en famille. Retour le samedi 9.

Dimanche 3 : Frère Bruno et Frère David descendent du Mont vers « La Plaine » chez nos sœurs de la Cessoie pour participer à la rencontre des consacrés du diocèse autour de Mgr Ulrich et du Père Podvin. Et le soir, nous prenons de l’avance quant à la liturgie puisque nous regardons une émission tirée bien évidemment de « la Foi prise au mot » consacrée à la résurrection de la chair avec Mgr de Moulins-Beaufort alors évêque auxiliaire de Paris et Didier Luciani, Professeur de Nouveau Testament à l’Université catholique de Louvain.

Lundi 4 : Après son temps sabbatique de 2 mois chez nous, Père German s’en retourne dans son pays d’origine qui n’est autre que celui du pape lui-même et celui aussi de…..Lionel Messi. On aura compris, bien évidemment qu’il s’agit de l’Argentine. Nous remercions Père German de sa présence parmi nous et des services rendus notamment côté fromagerie et côté liturgie puisqu’il a réécrit toutes les oraisons du nouveau missel. Ce qui n’est pas une mince affaire, c’est le moins qu’on puisse dire.

Vendredi 8 : Retour de notre frère Laurent requinqué après ces quelques semaines passées sur la Grande Ile.

Samedi 9 : Après le retour des uns et des autres, nous revoyons avec plaisir notre ami Philippe Duc qui vient passer les fêtes de Pâques avec nous.  Il nous quittera tout début mai.

Lundi Saint : C’est avec 24 heures de décalage à ce qui était prévu que nous retrouvons avec plaisir le Père Podvin qui, une fois n’est pas coutume, ne nous commente pas ce qui fait l’actualité.  Il nous propose ce soir une méditation sur la Grande et Sainte Semaine dans laquelle nous sommes entrés hier. C’est avec Thérèse d’Avila, St Bernard, Jean-Paul Ier et le carme hollandais Saint Titus, victime du nazisme, qu’il nous invite à fixer les yeux de nos cœurs sur Jésus. Ni plus, ni moins.

Mardi Saint : Père Bernard-Marie s’en va rejoindre Notre Dame de la Treille pour la messe chrismale.

 Cette année encore, et au vu du contexte sanitaire qui va se dégradant, pas de lavement des pieds.  De même, le reposoir est aménagé dans une chapelle latérale au soir du Jeudi Saint. Vendredi Saint, la croix du presbytère servira pour la célébration de la Passion. Après l’office, elle sera remplacée par la grande croix de bois du cloître qui sera placée sur l’autel jusqu’au samedi saint. Quant à la veillée pascale, le temps étant au rendez-vous, nous célébrons la Résurrection du Christ avec un feu nouveau….flamboyant et peu de monde. Et pour le dimanche de Pâques, nous regardons « Gaspard, soldat de l’amour »  ou l’histoire d’un petit garçon qui n’a vécu que 3 ans diagnostiqué très tôt de la maladie de Sandhoff.  De nombreux témoignages – amis, docteurs, parents – étayent ce film, ainsi que des images de la vie de Gaspard, et le rendent, non pas larmoyant, mais au contraire plein de tendresse, de force, d’énergie et de joie.

Jeudi 21 : Père Bernard-Marie et Frère David s’en vont passer 48 heures à Igny. Quant à l’aumônier de nos sœurs, la Providence aura bien fait les choses puisque nous aurons la chance de le saluer.  Il viendra « en coup de vent » dimanche 24 pour remplir son devoir de citoyen français pour l’élection présidentielle. Ce qui fait aussi, que nous pourrons lui souhaiter de vive voix une bonne et heureuse fête le lendemain.

Et ce lundi 25, Père Bernard-Marie conduit Frère David non pas à Orval comme initialement prévu car la communauté est touchée par corona, mais à Hurtebise pour suivre une session inter-noviciat sur la liturgie. Père Bernard-Marie poursuivra jusqu’à la Fille-Dieu pour une visite d’amitié. Ils nous reviendront tous deux vendredi 29.

Lecture au réfectoire : Rachel Lamy, Addicte à l’espoir. Mon tour du monde de la non-violence. Comment se reconstruire après avoir vécu le pire ? Comment découvrir la force du pardon ? Comment guérir nos blessures ? C’est pour répondre à ces questions que Rachel Lamy est partie, pendant plus d’un an, sur les routes du monde, à la rencontre d’anonymes et de personnalités (politiques, acteurs de terrain, responsables religieux et associatifs…) qui ont décidé d’agir, à leur échelle, pour traverser les conflits et promouvoir la paix. À travers ce récit très personnel, écrit comme un carnet de bord, Rachel Lamy nous embarque dans un passionnant voyage, des Balkans au Liban, de la Terre sainte au Maroc, du Rwanda à l’Inde, des Philippines jusqu’au Brésil.

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Dimanche Octave de Pâques

Heureux ceux qui croient sans avoir vu…

Dès le début de son Évangile, Saint Jean nous rapporte comment les interlocuteurs de Jésus croient en lui, ou arrêtent de croire en lui.  Dès le miracle de l’eau changée en vin à Cana, Jean conclut en écrivant (Jn 2,11) :
Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit.
C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Même pour les disciples de Jésus, la foi ne fut pas aisée, elle ne fut pas automatique…  On pourrait penser ‘si j’avais été avec Jésus, moi, j’aurais cru en Lui’.  Ce n’est pas si sûr !  Les disciples, les Apôtres, étaient des gens ordinaires, que Jésus a convoqués pour faire un bout de chemin ensemble.  Lorsque Jésus leur parla du Pain de Vie, il était très explicite (Jn 6,56…68) :
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui.

Et Jean commente : À ce moment beaucoup de ses disciples cessèrent de l’accompagner. 

Jésus demanda alors à ses disciples s’ils voulaient partir eux aussi, et Pierre répondit : 
Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.

Et parmi les grands prêtres et les Pharisiens, la discussion s’envenima.  Ils dirent aux gardes qui n’avaient pas voulu arrêter Jésus (Jn 7,48-49) :
Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ?
Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits !

Cela n’empêcha pas Pierre, après avoir promis à Jésus Je donnerai ma vie pour toi, de le renier trois fois pendant la nuit de son arrestation (Jn 13,37-38)

Après avoir décrit comment Jésus est mort sur la croix, Jean écrit (Jn 19,35) :
Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ;
et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez.

Dimanche dernier, nous entendions le témoignage de Jean lorsqu’il entra dans le tombeau vide : Il vit et il crut. 

Et, dans l’Évangile de ce matin, après que Thomas ait proclamé soi foi, Jésus répond :
Parce que tu m’as vu tu crois.  Heureux ceux qui croient sans avoir vu.

C’est à nous que Jésus s’adresse ainsi, à chacun de nous. 
Et, dans la conclusion de la péricope de ce jour, Jean affirme :
Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits
en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre.

En effet, on ne peut pas tout rapporter dans un livre, même pas concernant les faits et gestes de Jésus.  Mais, ajoute Saint Jean,
ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Tel est bien le cœur du message de l’Évangile, en particulier de l’Évangile selon Saint Jean.  Les évangélistes n’ont pas voulu raconter toute la vie de Jésus, ni donner une chronologie exacte de ses faits et gestes.  Pour les quatre écrivains, il s’agissait de donner un témoignage par écrit de pourquoi ils croient, de Celui en qui ils croient. 

Ce qui était vrai pour les évangélistes et pour la première communauté chrétienne, l’est également pour nous.  La foi continue à se transmettre de personne à personne, de génération à génération, depuis la rédaction des évangiles jusqu’à aujourd’hui, pour demain, jusqu’à la fin des temps.  Un de nos chants d’entrée pour le temps pascal exprime cela de manière significative :

Je n’ai jamais vu son visage, mais ceux qui l’ont connu m’ont parlé de lui. 
Depuis ce jour, j’espère son passage et j’entends qu’il vient aujourd’hui. 
Jésus, notre lumière !  Jésus, notre salut !

C’est en effet en rencontrant des personnes prier, en les voyant pratiquer leur foi dans le quotidien, que le désir peut naître de suivre leur voie et d’apprendre à notre tour à prier et à croire en Jésus-Christ le Fils de Dieu.  Ce que nous avons reçu, comment le transmettons-nous ?  Comment témoignons-nous de notre foi, de notre vie de prière, de notre relation à Dieu ? 

Demandons à Jésus, en cette Eucharistie, de nous donner les mots, le courage, la force, de témoigner hardiment de notre foi.  Oui, le chemin de la foi est un chemin de bonheur. 

Père Bernard-Marie

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