Saint Jean-Baptiste, solennité

Jean Baptiste le Précurseur.

L’apparition de l’ange du Seigneur à Zacharie dans le Temple ressemble beaucoup à d’autres apparitions d’anges dans les annales de la Bible.  Rappelons-nous l’apparition à Abraham, alors âgé de 100 ans, et sa femme également avancée en âge pour la naissance d’Isaac (Gn 18).  Ou encore la femme de Manoah, qui était stérile.  L’ange du Seigneur lui apparut et lui promit un fils, qu’elle nomma Samson (Jg 13).  De ce point de vue Zacharie n’aurait donc pas dû être effrayé en voyant l’ange du Seigneur dans le Saint des Saints.  Mais surtout il n’aurait pas dû poser la question comment cela se fera-t-il ?, puisque les exemples anciens devaient lui être connus. 

C’est la raison pour laquelle l’ange se fâcha et rendit Zacharie sourd et muet.  Lorsqu’il sort du Temple, c’est par signes qu’il fait comprendre au peuple qu’il a eu une vision.  La bénédiction qu’il aurait dû donner à l’assistance à ce moment-là, ne fut pas donnée. 

Le mutisme forcé de Zacharie dure jusqu’à la circoncision de l’enfant, jusqu’au moment où Zacharie confirme ce que sa femme Élisabeth a dit : son nom est Jean.  On peut comprendre que les témoins, les proches et tous les habitants de la montagne de Judée se dirent l’un à l’autre : que sera donc cet enfant ?  Mais ils n’auront la réponse que bien plus tard.  En effet, ce n’est qu’à l’âge adulte que Jean s’en ira dans le désert pour préparer la route au Seigneur.  Membre de la caste sacerdotale, Jean aurait pu devenir prêtre dans le Temple de Jérusalem, à la suite de son père et de ses ancêtres.  Il a préféré répondre à l’autre appel de Dieu, dans la lignée des grands prophètes du passé.  C’est pourquoi comme première lecture nous avons entendu la vocation d’Isaïe.  Le comportement de Jean face à Hérode Antipas ressemble à s’y méprendre aux invectives des grands prophètes, tels que Élie et Élisée dans le Royaume du Nord, Jérémie à Jérusalem au moment de l’invasion par Nabuchodonosor. 

Lorsque le prophète Ananie, fils d’Azzour, eut brisé le joug de bois que portait Jérémie, celui-ci lui répondit :

Les prophètes qui nous ont précédés, toi et moi, depuis bien longtemps, ont prophétisé contre de nombreux pays et de grands royaumes la guerre, le malheur et la peste.
Le prophète qui annonce la paix n’est reconnu comme prophète vraiment envoyé par le Seigneur, que si sa parole s’accomplit (Jér 28,8-9).

Pour pouvoir accomplir leur mission prophétique, Dieu leur des grâces particulières, dont nous retrouvons des traces dans les visions que certains reçurent au début de leur ministère.  La première lecture de ce jour est un de ces exemples.  Ezéchiel quant à lui reçut un livre à avaler qui, dans sa bouche, avait le goût du miel, mais remplit ses entrailles d’amertume (Ez 3,3 et // en Apoc 10,8-11). 

Lorsque Jean Baptiste commença sa vie publique de prophète dans le désert, les foules venaient à lui avec ferveur et se faisaient baptiser dans le Jourdain en signe de pénitence.  C’est ce que nous rapportent les évangiles.  Mais Jean non plus n’y alla pas de main morte, invectivant les foules d’engeance de vipères.  Et tous de lui poser la question que devons-nous faire ?  

Mais, lorsque Jean s’en prit à la vie privée du roi Hérode Antipas – qui avait épouse Hérodiade, la femme de son frère Philippe – Hérode emprisonna le prophète et chercha une occasion de le mettre à mort (Mc 6 ; Mt 14).  C’est ainsi que moururent nombre de prophètes de l’Ancien Testament, c’est ainsi que devait mourir Jésus… 

Comme nous le rapporte Luc, Jean et Jésus étaient apparentés, puisqu’Élisabeth est présentée comme la cousine de Marie.  Mais les liens devaient être plus forts, puisque Jean fut rempli de l’Esprit Saint lorsque, toujours dans le sein de sa mère, il entendit la voix de Marie, qui était enceinte de Jésus.  Avant sa vie publique, Jésus suivit quelque temps Jean pour voir comment il s’y prenait.  Puis Jésus commença sa vie publique en se faisant baptiser par Jean.  Donc, dans ce contexte de relations fortes, Jésus dut être fortement impressionné par la mort de Jean.  Il se rendit alors vraiment compte, en voyant comment les chefs religieux s’opposaient à son propre enseignement, qu’il risquait fort d’être un jour mis à mort. 

Lorsque Jésus monta à Jérusalem pour la Pâque, Il savait que ses jours étaient comptés.  Il savait que « son Heure » était arrivée et c’est avec courage qu’il alla au-devant de celle-ci.  Dans l’Évangile selon Saint Luc, c’est sur le Mont des Oliviers que Jésus – après sa résurrection – fit ses adieux à ses disciples et qu’Il monta au ciel.  À ce moment-là Il bénit les foules venues à sa rencontre.  Pour Luc, Jésus donna ainsi à toutes les nations la bénédiction que Zacharie n’avait pas pu donner aux Juifs rassemblés dans le Temple.  Le Peuple Saint, aujourd’hui, ce sont tous les peuples qui croient en Jésus-Christ, le Fils de Dieu.   

Dans l’Ancienne Alliance, l’Esprit était donné aux prophètes pour arracher et renverser, pour détruire et démolir, pour bâtir et planter (Jr 1,10).

Jean le Baptiste, le Précurseur, eut du mal à comprendre ce qui lui arrivait.  En effet, c’est dans la mort et la résurrection de Jésus que toute vocation prend sa source.  C’est par la mort de Jésus que la mort de Jean reçut tout son sens. 

Aujourd’hui chacun de nous a reçu l’Esprit dans les sacrements du baptême et de la confirmation.  Nous sommes appelés à être, à notre tour, à notre petite place, témoin de la Parole de Jésus.  Si la persécution guette, si la parole qui doit être proclamée dérange, Dieu donne la grâce nécessaire pour tenir ferme. 

Hier nous célébrions le Corps et le Sang du Christ.  C’est le pain venu du ciel qui a un goût de miel dans notre bouche, et qui dans l’amertume de la contrariété et la persécution, nous donne la force de témoigner de notre foi.  Demandons à Jésus de nous combler de ses grâces pour annoncer qu’Il est présent dans notre monde. 

Frère Bernard-Marie

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Dimanche de Pentecôte

Le Saint Esprit transforme les apôtres.

L’évolution humaine et spirituelle que vécurent les apôtres, entre l’arrestation de Jésus la veille de la passion et de sa mort, et la Pentecôte, est particulièrement impressionnante.  Lorsque Jésus fut arrêté par la soldatesque envoyée par les grands prêtres, Pierre et les autres apôtres commencèrent par s’interposer.  Pierre sortit le glaive et trancha l’oreille du serviteur du grand prêtre.  Mais Jésus lui dit de remettre son glaive dans son fourreau, et Il se laissa emmener sous bonne garde.  La plupart des disciples présents prirent leurs jambes à leur cou pour s’enfuit et éviter d’être arrêtés à leur tour pour complicité.  D’après les évangélistes, seuls Pierre et Jean demeurèrent quelque temps encore dans les parages.  C’est alors que Pierre renia par trois fois son maître, lui qui avait affirmé quelques heures plus tôt qu’il était prêt à mourir avec Jésus…

Lorsque Jésus ressuscita et qu’il se montra aux femmes venues au tombeau, elles Le reconnurent et allèrent annoncer la nouvelles aux disciples.  Mais, selon la plupart des évangiles, ces derniers ne crurent pas ces « racontars de femmes ».  Pierre alla bien jusqu’au tombeau pour vérifier et, rapporte Saint Luc, tout étonné de ce qui était arrivé, il s’en retourna chez lui (24,12).  Ne sachant pas trop ce qui allait leur advenir après la mort de Jésus, la plupart des disciples avaient repris leur métier de pécheur.  C’est dans ce contexte que Saint Jean place une des apparitions du Ressuscité sur les rives du lac der Galilée. 

Les enseignements que Jésus avait donnés aux disciples durant sa vie publique sur le Royaume à venir, les annonces qu’Il fit de sa mort prochaine à Jérusalem… les disciples n’avaient rien compris et se trouvaient complètement démunis devant la catastrophe de la mort de Jésus.  Ils ne pouvaient rien faire d’autre que d’aller reprendre leurs activités antérieures.  Les trois ans passés avec Jésus leur semblaient être une parenthèse heureuse dans une vie laborieuse.   

Mais c’était sans compter avec Jésus lui-même… et avec l’Esprit Saint.  Les apôtres retournent en pèlerinage à Jérusalem pour la fête de la Pentecôte.  Les voilà qui se retrouvent dans la Chambre Haute où ils avaient pris le dernier repas avec Jésus juste avant sa Passion.  Encore sous le choc des événements dramatiques qui s’étaient produits ces jours-là, les apôtres verrouillent les portes de l’endroit où ils se trouvent et se remémorent tout ce qu’ils ont vécu ensemble lorsque Jésus était avec eux.

C’est alors que le ciel s’ouvrit, et l’Esprit, tel un vent violent, descendit sur la maison où ils étaient.  Et l’Esprit se posa sur chacun des disciples, sous la forme d’une langue de feu.  Autant le vent fut violent à l’extérieur, autant la force de l’esprit fut violent pour ces hommes.  Immédiatement, les apôtres deviennent des autres hommes.  Eux qui, il y a quelques jours seulement, fuyaient comme des lapins et se terraient comme des rats, voilà qu’ils ouvrent grandes portes et fenêtres et n’ont plus peur de rien ni de personne…

Alors que les foules accourent pour voir le prodige du vent tombant sur la maison où les disciples se trouvaient, Pierre et les autres apôtres parlent désormais sans aucune peur des merveilles de Dieu et proclament que Jésus est ressuscité des morts.  La transformation fut donc radicale, presque instantanée.  Elle transforma en un instant les pêcheurs de Galilée, ces gens simples et sans instruction, en messagers de la Bonne Nouvelle. 

Cette transformation est l’œuvre de l’Esprit Saint, comme le leur avait promis Jésus, comme nous l’avons entendu dans l’évangile de ce jour :

Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur, l’Esprit Saint …

Dans la conclusion de son évangile, Saint Luc met dans la bouche de Jésus des paroles similaires :

je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis.
Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus
d’une puissance venue d’en haut. (Lc 24,49)

Le Défenseur aida les disciples à se ressouvenir de tout, comme Jésus le disait aussi dans la lecture de l’évangile de ce jour.  Le Défenseur, c’est l’Esprit Saint, la force d’en haut…  Toutes ces dénominations montrent bien que ce n’est aucune force humaine qui a permis à l’Église d’être toujours vivante 20 siècles après la Pentecôte.  Reconnaissons humblement que l’Église a traversé les flots, se maintenant contre vents et marées, grâce à l’action de l’Esprit Saint en elle.  Les ambitions humaines, les divisions entre croyants, les puissances du mal, n’ont pas eu raison de la grâce divine, n’ont pas eu raison des dons du Saint Esprit. 

En cette fête de la Pentecôte, reprenons quelques strophes de la séquence grégorienne Veni Sancte Spiritus qui exprime à merveille le rôle de l’Esprit Saint dans nos vies de chrétiens.  Que ce soit notre prière à l’Esprit Saint en ce jour de fête :

Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime, le cœur de tous tes fidèles.
Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.
Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.
Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.
A tous ceux qui ont la foi, donne le salut final, donne la joie éternelle.

Amen.

Frère Bernard-Marie

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Mai

Dimanche 5 : Nous recevons Mgr Herrouard  « dans les mêmes conditions » que Mgr Ulrich. A savoir : Mgr Hérouard préside l’Eucharistie avec une très belle homélie à la clé. Nous partageons ensuite  un  repas fraternel. Après None, il nous entretient de sa réflexion sur l’Europe. Mgr Hérouard fait partie de la Comece (Commission des Episcopats de la Communauté européenne) dont il nous en apprend le fonctionnement. Il nous rappelle la figure emblématique qu’était Robert Schumann, en particulier. Pour Mgr Hérouard, l’Europe doit retrouver une âme. Et enfin il commente brièvement ce que pensait Jean Paul II de la question. Il fait de même pour le pape François.

Ce même jour, souffrant des jambes, notre frère Laurent est hospitalisé assez urgemment à St Philibert. Il nous rentrera le mercredi 15 mais pas encore très en forme. Depuis sa situation s’améliore.

Mardi 7 : Chapitre conventuel pour présenter au consentement de la communauté le projet de réhabilitation de notre hôtellerie bien nécessaire qui sera approuvé à la quasi unanimité. Les travaux commenceront en janvier 2020 et donc la fermeture pour 6 mois de l’ hôtellerie. Reste à trouver les aides financières. A votre bon cœur !  …  

Vendredi 10 : P.Bruno se rend au rendez-vous annuel en famille pour quelques jours, tandis que P. Bernard-Marie sur la journée va visiter sa maman centenaire.  

Lundi 13 : Père Abbé s’en va du côté de Frattochie y faire la visite régulière en compagnie de Dom Ginepro. A son retour, Père Abbé nous partage ce qu’il a vécu à l’occasion de  cette visite. La communauté compte 16 frères unis et fraternels dans le respect de chacun. Trois points essentiels se dégagent, d’abord la vente de Frattochie avec peut-être une bonne piste en vue, puis le transfert progressif à Fano qui suppose de s’adapter à une situation « d’exode » ;  enfin le mandat de Dom José touché par la limite d’âge, au bout de 9 années d’un service efficace et unanimement apprécié.

Quant à frère Jean, il s’en retourne du côté de la Bretagne pour une célébration locale de la béatification de Frère Michel Fleury. Tous deux rentreront le 24.

Dimanche 19 : Peut-être est-ce le premier « clin Dieu » de Jean Vanier puisque un groupe de « Foi et lumière » est là pour le week-end. Quant à nous, nous regardons une émission spéciale que KTO lui a consacrée à l’occasion de son décès.

Lundi 27 : Frère Oswaldo s’en va revoir – non pas sa Normandie comme dit la chanson – mais l’île Maurice – c’est tout de même autre chose – qu’il n’a pas revue depuis onze ans qu’il est au Mont des Cats. Il rentrera le 29 août.

Vendredi 31 mai : Visitation de Marie à sa cousine Elisabeth et des sœurs de la Plaine à leurs frères du Mont des Cats. Avec au programme des réjouissances : messe solennelle présidée par le Père Abbé, repas festif comme il se doit dans ces cas-là, visite des lieux, partage fraternel, goûter et office des Vêpres pour clore cette bien belle journée.

Lectures au réfectoire :
Benoît Lobet : Être prêtre aujourd’hui. Fragments d’autobiographie spirituelle. La vie de ce prêtre du diocèse de Tournai en Belgique, ses amitiés dans le monde de la culture et au sein de l’aristocratie belge, ses racines paysannes, sa conception de la spiritualité, multipliant les références à la figure du Christ, ce récit invite à la méditation…

  Yves Combeau. L’Evangile en direct. « Le Jour du Seigneur » est la plus ancienne émission de télévision au monde. Rien que çà.  Voici son histoire et celle de ceux qui l’ont faite et la font encore.

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Avril

Lundi 1 : Père Abbé s’en va à Soleilmont pour la conférence régionale. Il en revient samedi 6 heureux des échanges qui se sont déroulés  dans un climat de grande confiance fraternelle  autour « du vécu » des communautés. Autre sujet abordé : la préparation de la  prochaine commission centrale. Beaucoup d’intérêt constaté un peu partout pour le travail autour de « Expérientia ».

Mercredi 3 : Frère Stanislas s’en va à Maumont pour la session Stim. Il en reviendra le 11 enrichi de tout ce qu’il y aura découvert.

Mardi 9 : Anne da Rocha et Gil Darra nous reviennent. Mais cette fois-ci, c’est pour nous présenter deux films. Le premier est un chemin de croix réalisé par des personnes avec un handicap assez lourd. Le second  présente la célébration de la Pentecôte 2018 au Grand Palais de Lille. Ce sont ces mêmes personnes handicapées qui ont contribué au décor.

Puisse chacun de nous grandir « à la mesure du Christ » en cette Grande et Sainte Semaine où nous fêtons du dimanche 14 au 21, le mystère chrétien par excellence, la mort et la résurrection de Jésus qui a donné sa vie pour libérer du péché et de la mort éternelle. Et si en ce dimanche  de Pâques, nous fêtons la victoire du Christ sur la mort, il n’en reste pas moins vrai que pas mal de questions habitent nos âmes devant ce qui secoue l’Église tant de chair que de pierres. Ainsi, nous regardons des images de l’incendie qui a ravagé la toiture de Notre Dame de Paris, le discours du Président de la République à cette occasion et une brève histoire de la construction de la cathédrale.

Ce même jour, Frère Jean se rend aux funérailles de son frère aîné. Il rentrera le  jeudi 25, jour  de la fête de  notre Père Abbé. La veille, nous nous souvenons avec des anecdotes amusantes de certains de nos frères déjà parvenus dans la patrie céleste. Après l’Eucharistie solennelle du jour, nous partageons l’apéro. L’après midi, nous regardons un film des plus sérieux – « Au revoir là haut » –. L’histoire tourne autour d’une arnaque aux monuments aux morts en 1920, ce qui nous fait bien…..rire

Vendredi 26 : Frère Louis-Marie et Père Petitprez s’envolent tous deux pour…. la Roumanie. Ils sont invités par Gabriel – un « des roumains » venus passer une partie de leurs vacances durant leur séminaire – pour l’entourer et célébrer avec lui son ordination sacerdotale. Ce qui vaudra à notre frère Louis-Marie de célébrer deux fois les fêtes de Pâques puisque Pâques dans cette Eglise est célébrée une semaine après nous.

Dimanche 28 : Frère Michel et frère Edmond s’en vont chez les Bernardines de la Cessoie pour la journée consacrée à la vie religieuse du diocèse.

Et en ce lundi 29, nous retrouvons pour la semaine le Père Farin qui vient nous présenter « le combat du Roi ». Il s’agit de 8 petits films de 30 minutes pour « le jour du Seigneur » faisant une méditation de l’évangile de Marc.

Laissons à l’auteur lui-même nous dire de quoi est fait le témoignage que nous écoutons maintenant comme lecture au réfectoire :

« Je suis un enfant naturel, né hors mariage de l’amour de ma mère et de son amant, un enfant considéré comme une « honte » par sa famille. Quel long chemin depuis ce départ si difficile jusqu’à aujourd’hui, où je suis habité de paix et de confiance ! Cela aurait pu mal finir, mais Dieu m’a sauvé. À des moments importants de ma vie, j’ai écouté Ses appels et j’y ai répondu. Nous sommes tous appelés. Dans un monde si dur, marqué par le chômage, la violence, la pauvreté, les familles disloquées, la solitude…, l’amour de Dieu est pour nous la plus belle des espérances.
J’ai voulu écrire ce livre car on me pose tant de questions sur mon chemin spirituel, ma foi, ma prière, mon lien d’amour avec Dieu. J’ai souhaité raconter et partager. Admirer aussi les êtres qui m’ont guidé et inspiré. 
Dieu est si présent, si actif dans nos vies que tout est possible. À n’importe quel moment, à n’importe quel âge, qu’on soit riche ou pauvre, homme ou femme, pratiquant ou pas, bien portant ou malade, oui, tout est encore possible. Il nous faut juste nous ouvrir, nous offrir à Lui.
Il n’est jamais trop tard pour le plus grand Amour.


Michael Lonsdale, Il n’est jamais trop tard pour le plus grand Amour: Petit traité d’espérance

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Dimanche Octave de Pâques

Il y a beaucoup d’autres signes…

Dans son Évangile, Saint Jean a deux épilogues qui se répètent :
Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits
en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
On ne peut en effet pas tout rapporter dans un livre, même pas concernant les faits et gestes de Jésus.  Mais, ajoute Saint Jean,
ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.
Lorsque les évangiles furent écrits une cinquantaine d’années après la mort de Jésus, le but premier des auteurs était de proclamer la résurrection du Christ.  Par sa mort Jésus a vaincu la mort et rouvert la porte de la Vie éternelle.  Le premier sujet important de cette annonce était, bien évidemment, la résurrection elle-même.  Mais, dans le même temps, la question que les croyants posaient était de connaître les événements qui avaient précédé sa mort.  Jésus ne pouvait ressusciter qu’une fois qu’il était mort et enseveli.  Alors, comment en est-on arrivé à ce que Jésus, Fils de Dieu, homme passant à faire le bien, comment a-t-il été condamné à mort, et à la mort sur une croix ? 
C’est le second sujet important des premiers écrits chrétiens : retracer la Passion de Jésus, depuis sa montée de la Galilée à Jérusalem, le dernier repas avec ses disciples, l’arrestation et la condamnation à mort, puis le chemin de croix et la crucifixion. 
Ces deux sujets sont le cœur de notre profession de foi, repris dans le Credo :
(Il) s’est fait homme.
Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et Il monta au ciel.
Saint Pierre, lorsqu’il parle à la foule le jour de la Pentecôte, donne un raccourci de tout ce qui s’est passé :
Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes.
Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies.
Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir. (Ac 2,22-24)
C’est de tout cela que les évangiles parlent.  Ils nous rapportent la vie de Jésus, Fils de Dieu, et comment il fut progressivement rejeté par les chefs religieux de Jérusalem au point qu’ils le firent mourir.  Le but n’est pas de nous rapporter par le menu tout ce que Jésus a dit et fait… mais les événements importants de sa vie qui donnent le sens de sa mission.  Les évangélistes ont rapporté l’essentiel, comme le dit encore Saint Jean :
Afin que vous croyiez… et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom.
Lorsque Jésus s’adresse à Thomas dans l’évangile que nous avons entendu, Il lui dit :
« Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
C’est le cas de nous tous ici rassemblés.  Le Christ Jésus, le Fils de Dieu, nous ne l’avons jamais vu.  Mais les assemblées chrétiennes qui célèbrent ensemble la mort et la résurrection de Jésus, sont un témoignage poignant pour tant et tant de personnes à la recherche d’un vrai sens à leur vie.  C’est encore ce que Jésus a dit :
Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux (Mt 18,20)
Allons à la rencontre du Christ ressuscité en cette eucharistie.  Il nous accompagne sur notre route d’hommes.  Croyons en la parole qu’Il dit à Jean dans l’extrait de l’Apocalypse que nous avons entendu :
Je suis le Premier et le Dernier, le Vivant :
j’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles ;
je détiens les clés de la mort et du séjour des morts.
Le Christ ressuscité a transformé notre monde.  L’amour du Père, la suite du Fils, le don de l’Esprit donnent un sens nouveau, profond à notre vie.  L’amour reçu, l’amour donné, sont immortels.  Lorsque Jésus viendra nous prendre avec Lui, nous serons à notre tour vainqueurs de la mort et nous vivrons pour les siècles dans la communion avec la Trinité Sainte. 
Le pape Saint Jean-Paul II a instauré en ce dimanche octave de Pâques le Dimanche de la Miséricorde.  Croyons, oui, que Dieu vient à notre rencontre et qu’Il nous aime malgré nous faiblesses, nos manquements, nos misères, notre manque d’amour.  Oui, le Christ est le vivant pour les siècles et il détient les clés du séjour des morts !

Frère Bernard-Marie

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