Solennité de Saint Benoît

Saint Benoît, père des moines

Le 24 octobre 1964 le pape Paul VI se rendit à l’abbaye du Mont Cassin, berceau de l’ordre des Bénédictins.  L’abbaye, qui avait été détruite par l’aviation américaine en 1944, fut entièrement reconstruite grâce au financement de ces mêmes américains, entre 1948 et 1956 telle qu’elle était avant la guerre.  Élu pape en juin 1963, le voyage de Paul VI au Mont Cassin est l’un des premiers voyages d’un pape du XXème siècle,  et l’un des premiers du nouveau pape.  Cela montre l’importance qu’il accordait à la vie monastique en général et à la vie bénédictine en particulier.
C’est à cette occasion et en ce lieu que Paul VI proclama Benoît patron principal de l’Europe.  Jean-Paul instaura comme patrons secondaires Saints Cyrille et Méthode en 1999 et les saintes Brigitte de Suède, Catherine de Sienne et Thérèse-Bénédicte de la Croix en 2008.  Mais revenons à Paul VI et à Saint Benoît en cette année de la canonisation du pape qui aura lieu le 14 octobre prochain à Rome.
Dans son homélie au Mont Cassin Paul VI affirmait que Saint Benoît et son ordre – les moines – ont prêché la foi chrétienne dans la famille des peuples, spécialement dans la famille Europe.  Ils ont également œuvré à la fraternité de tous les peuples de l’Europe à tel point que l’Europe fut la chrétienté.
Et ensuite le pape rappelait les mérites du saint Abbé, “messager de paix, artisan d’union, maître de civilisation, héraut de la religion du Christ et fondateur de la vie monastique en Occident”.  Il réaffirmait que lui et ses fils, “avec la croix, le livre et la charrue”, apportèrent “le progrès chrétien aux populations s’étendant de la Méditerranée à la Scandinavie, de l’Irlande aux plaines de Pologne”.
Lorsqu’en septembre 1980 le pape Jean-Paul II se rendit à Subiaco il commenta la décision de Paul VI en présentant Saint Benoît en ces termes :
Homme de Dieu, Benoît le fut en relisant continuellement l’Évangile, non pas seulement dans le but de le connaître, mais aussi de le traduire entièrement dans toute sa vie. On pourrait dire qu’il l’a relu en profondeur – avec toute la profondeur de son âme – et qu’il l’a relu dans son amplitude, à la dimension de l’horizon qu’il avait sous les yeux. Cet horizon fut celui du monde antique qui était sur le point de mourir et celui du monde nouveau qui était en train de naître. Aussi bien dans la rondeur de son âme que dans l’horizon de ce monde, il a affermi tout l’Évangile: l’ensemble de ce qui constitue l’Évangile, et en même temps chacune de ses parties, chacun des passages que l’Église relit dans sa liturgie, et même chaque phrase.
Sans comparer de manière simpliste notre monde avec celui de Saint Benoît, ou même avec celui du pape Paul VI, les moines ont encore un rôle à jouer dans l’Église et le monde, en corrélation avec le message des deux papes cités à l’instant.  La lecture de l’évangile au jour le jour, la lectio divina et la prière sont source de vie pour l’Église dans la monde.  C’est ce que nous rappelait Paul VI dans sa « Profession de Foi » qu’il proclama le 30 juin 1968, il y a donc juste 50 ans :
Nous confessons que le Royaume de Dieu commencé ici-bas en l’Église du Christ n’est pas de ce monde, dont la figure passe, et que sa croissance propre ne peut se confondre avec le progrès de la civilisation, de la science ou de la technique humaines, mais qu’elle consiste à connaître toujours plus profondément les insondables richesses du Christ, à espérer toujours plus fortement les biens éternels, à répondre toujours plus ardemment à l’amour de Dieu, à dispenser toujours plus largement la grâce et la sainteté parmi les hommes.
Lorsque Paul VI affirme la place des chrétiens et des religieux dans le monde d’aujourd’hui, il ne parle plus de la transmission de la culture, comme il l’avait rappelé pour Saint Benoît et ses disciples à travers les siècles.  Les progrès techniques et scientifiques ne sont plus l’apanage des moines et des moniales.  Mais nous sommes chaque jour davantage invités à mettre nos pas dans ceux de Jésus et à étudier comment Jésus a fait pour vérifier comment nous devons faire.  La prière et la lectio divina, qui sont en quelque sorte la spécificité de la vie contemplative, doivent être notre but premier, doivent donner tout son sens à notre vie monastique.
Demandons au Seigneur dans cette Eucharistie en la fête de Saint Benoît, et par l’intercession du bientôt Saint pape Paul VI, la grâce de la fidélité à notre vocation et la persévérance dans notre œuvre monastique de prière et de louange.  Le Seigneur nous viendra en aide et ne nous décevra pas !

Frère Bernard-Marie

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Juin

Mercredi 6 : Le Père Bernard Podvin revient pour nous parler cette fois des états généraux de la bioéthique. Après un bref historique – la première loi date de 1994, révisée en 2004 et 2011 –, il constate que cette année les sujets abordés sont nombreux et même trop nombreux :  procréation médicalement assistée, intelligence artificielle, dons d’organes, fin de vie etc… Cela ne favorise guère un débat serein. Puis il nous présente le texte de la Conférence des évêques de France « Sur la fin de vie ou Oui à l’urgence de la fraternité ! » Là aussi, il y a de quoi prier !!
Dimanche 10 : Nous regardons quelques vues de Maromby, en communion avec les frères Jean de la Croix et Jean-Marie en ce jour de leur profession solennelle.
Samedi 16 : En vue du prochain départ de frère Jacques, pour un service dans l’Ordre, Père Abbé a nommé frère Bernard-Marie comme Prieur et frère Louis Marie comme hôtelier. Nouvelle occasion nous est donnée de prier les uns pour les autres.
Dimanche 17 : Le stress, la rentabilité à tout prix, les cadences infernales au travail ne datent pas d’aujourd’hui. Ils sont peut-être l’apanage du film « Les temps modernes » que nous regardons, avec un certain Charlie Chaplin dit « Charlot » dans le rôle principal. Là aussi, il y a matière à réfléchir et à rire !
Lundi 18 : Anne Da Rocha et Gilles Darra de la commission d’art sacré du diocèse viennent nous présenter 2 projets d’aménagement de l’église déjà envisagé depuis plusieurs mois. Il y aura matière à discussion dans les mois qui viennent.
Jeudi 21 : Si nos frères malgaches parlent aussi bien la langue de Molière, c’est notamment grâce à Madame Edith Cokelaer. L’heure de la retraite a sonné pour elle. Aussi, nos frères Laurent, Gilbert et Albéric ainsi que P.Bruno déjeunent avec elle.  Père Abbé la remercie vivement de son dévouement en lui remettant quelques cadeaux.
Vendredi 22 : Nouvelle journée de rupture de rythme. Certains en profitent pour se reposer « Dieu comble son bien-aimé quand il dort » n’est-il pas vrai ? D’autres, au contraire s’en vont balader. Quant aux plus spirituels, ils en profitent pour « s’instructionner » en lisant ou d’autres encore passent peut-être leur journée en priant…
Dimanche 24 : L’Eucharistie de la Saint Jean Baptiste est animée par la chorale de Godewaersvelde, dirigée par Monsieur le maire en personne. A l’issue de la messe, nous les remercions en échangeant le verre de l’amitié.
Père abbé s’en va à Tilburg pour y exercer son ministère de père immédiat en y faisant la visite régulière.  Il est accompagné de Dom Lode d’Orval comme interprète.
Retour de notre frère Stanislas doté du don de la glossolalie, surtout celui du français. C’était bien là le but premier et ultime de ses 2 mois à Mission Langues à Angers.

Le moine ne parle que lorsqu’il est interrogé dit Saint Benoit dans sa Règle. Nous vivons cela à la lettre durant toute la semaine du mardi 26 au dimanche 01 juillet. De fait, quelques frères sont interviewés en vue du nouveau DVD sur la vie de la communauté.

Sans nul doute possible, le commentaire que fait Père Abbé de la dernière exhortation apostolique du pape « Gaudete et Exsultate » va aider à nous sanctifier. N’est-ce-pas là, le but ultime de toute vie chrétienne, monastique y compris.

Le Mahatma Gandhi a fait, comme chacun sait, des émules à travers l’histoire. C’est peut-être dans cette lignée que s’inscrivent  Etty Hillesum, Germaine Tillion, Boris Pasternak, Alexandre Soljenitsyne, Nelson Mandela, Malcolm X, David Shulman, Edward Snowden.  Il s’agit là des  figures qui ont réussi à concilier au plus haut degré exigence morale et action publique. Elles ont fait face à des ennemis qui n’étaient pas de même nature et leurs réponses furent diverses. Toutes, pourtant, risquant leur liberté, parfois leur vie, ont refusé de se soumettre, tant aux adversaires qui les menaçaient qu’à leurs propres démons : elles ont eu le courage de résister en évitant de céder à la haine. Par le récit de ces huit destins emblématiques, et non à travers des concepts désincarnés, le lecture du livre « Insoumis » de Tzvetan Todorov nous offre une passionnante source de réflexion sur les enjeux politiques de notre monde, mais aussi sur ceux, plus ordinaires, de nos vies anonymes.

Avec les beaux jours de juin revient la possibilité d’entreprendre de grands travaux prévus depuis un certain temps. Ainsi, une entreprise réapproprie le perron de l’église après que Sébastien et Freddy aient revu l’éclairage des escaliers par ailleurs dotés d’une rampe d’accès. Une autre entreprise entreprend la réfection des chéneaux de la toiture de l’église qui menaçaient ruine ! Puis une troisième entreprise commence de gros travaux du côté de l’hôtellerie pour l’assainissement des eaux usées domestiques.

Vers 1855, Dom Dominique avait construit une chapelle/sépulcre pour les sœurs de l’école où il allait célébrer tous les jeudis. Celle-ci, abandonnée après que les sœurs se soient installées dans de nouveaux bâtiments (aujourd’hui occupés par le Secours catholique), fut intégrée en clôture lors de l’élargissement de celle-ci en 1964. Ce sépulcre d’une belle facture intérieure était envahi par des racines qui en faisaient éclater les murs. Sébastien et Roberto commencent un délicat travail de restauration.

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Saints Pierre et Paul

Pierre avait reçu plusieurs faveurs de Jésus, et se croyait au-dessus de la mêlée :
Pêcheur du lac de Galilée, c’est dans sa maison que Jésus se sentait chez lui.
Avec Jacques et Jean, les deux autres disciples préférés, ils reçurent la grâce de la Transfiguration.
Nous venons d’entendre dans l’évangile Jésus demandant « pour vous, qui suis-je ? » Pierre répond le premier et reçoit les clés du Royaume dans une annonce solennelle : Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église.

Paul faisait un bon pharisien, modèle de rigueur religieuse et de pratique  consciencieuse de toute la Loi.  Il énumère ses titres de gloire lorsqu’il écrit aux Philippiens (3,5) :
Circoncis le huitième jour, de la race d’Israël, de la tribu de Benjamin,
Hébreu, fils d’Hébreux ;
pour l’observance de la loi de Moïse, j’étais pharisien ;
pour ce qui est du zèle, j’étais persécuteur de l’Église ;
pour la justice que donne la Loi, j’étais irréprochable.

Tels furent les deux saints que nous célébrons aujourd’hui.  Telle leur face humaine glorieuse.  Mais il y eut également la face plus sombre.

De suite après avoir reçu les clés du Royaume, Pierre se croit autoriser à reprendre Jésus lorsqu’Il annonce pour la première fois sa mort prochaine, au point que Jésus le tance vertement : Arrière Satan… (Mt 16,22-23).
Pierre fut toujours le premier à intervenir, le premier à affirmer son attachement à Jésus, le premier à promettre qu’il restera fidèle.  Il fut le premier à dégainer son épée pour protéger Jésus de la milice envoyée par les prêtres et les scribes.  C’est lui qui coupa l’oreille d’un des soldats… Mais il n’était pas meilleur que les autres… lorsque Jésus fut arrêté en emmené, Pierre aussi s’enfuit piteusement.  Même s’il revint ensuite, par curiosité pour voir comment tout cela se terminerait.  C’est ainsi qu’il fut le premier à renier le maître, et par trois fois.  Mais aussi le premier à pleurer amèrement.

Paul, combattit avec toute la force de son caractère et toute la conviction de son bon droit les premiers disciples de cette nouvelle « voie » qui faisait déjà des émules.  Alors qu’il terminait sa formation pharisienne aux pieds de Gamaliel (Ac 22,3), lorsqu’Étienne fut lapidé, les Juifs avaient déposé leurs vêtements au pied de ce jeune homme qui approuvait le meurtre (Ac 7,58 ; 8,1).  Après ces événements une persécution féroce éclata contre l’Église de Jérusalem.  Les Actes des Apôtres nous rapportent comment Paul fut un des leaders de ce mouvement de défense de la vraie religion juive.  Mais, après sa conversion, Paul n’hésite pas à affirmer :
Et en tout dernier lieu, il (le Christ) est même apparu à l’avorton que je suis(à moi qui) ai persécuté l’Église de Dieu (1Co 15,8-9).
Lorsque Paul se définit comme l’avorton, il utilise un terme inconnu en français.  Alors qu’il n’était pas encore né à la foi en Jésus,  essaya par tous les moyens de tuer l’Église, tel l’enfant dans le sein de sa mère voulant tuer celle qui le porte et le nourrit… L’enfant à naître assassin de sa mère…

Les fautes des deux apôtres n’empêcha pas Jésus de leur donner une tâche bien précise.  Rappelons-nous le repas sur les bords du Lac de Galilée où Jésus par trois fois demande : Pierre m’aimes-tu ?  puis lui donne sa tâche : sois le berger de mes brebis (Jn 21,15-19).
De même pour Paul dont Jésus veut faire une cheville ouvrière de l’Église naissante ;   Le Seigneur dit à Ananie : Va ! car cet homme est l’instrument que j’ai choisi pour faire parvenir mon nom auprès des nations, des rois et des fils d’Israël (Ac 9,15).

Ils furent de grands apôtres de l’Église naissante, mais avec des souffrances, des persécutions, comme le dit encore Jésus :
à Pierre : quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller (Jean 21,18).
à Paul : je lui montrerai tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon nom (Ac 9,18).

C’est ce que Paul rapporte lui-même dans la seconde épître aux Corinthiens :
Cinq fois, j’ai reçu des Juifs les trente-neuf coups de fouet ;
trois fois, j’ai subi la bastonnade ; (et la suite)  (2Co 11,25-26).

Plus loin dans la même épître, il dit avoir supplié le Seigneur de lui ôter l’écharde dans la chair, il lui fut répondu : Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse (2Co 12,9).

L’extrait de la seconde épître à Timothée que nous avons entendu en seconde lecture, Paul fait le bilan de sa vie, sachant que sa fin est proche, en écrivant :
le moment de mon départ est venu.  Je me suis bien battu,
j’ai tenu jusqu’au bout de la course, je suis resté fidèle (2Tim 4,6-7).

Pierre et Paul rendirent finalement le plus grand témoignage, le  témoignage du martyre, à Rome, comme couronnement d’une vie bien remplie, comme nous le rappellera la préface de ce jour.

Nous qui sommes pécheurs comme les apôtres, appelés à faire des choses moins grandes que les apôtres, invités à partager la gloire de tous les saints avec les apôtres, demandons dans cette eucharistie la grâce de la persévérance dans les moments difficiles.  Le Seigneur exauce toujours, mais pas nécessairement comme nous le demandons.

Frère Bernard-Marie

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Homélie pour le Dixième Dimanche

La résurrection

Nous venons de terminer, vendredi dernier, les célébrations liées au cycle liturgique de la fête de Pâques.  La liturgie de ce dimanche nous permet de méditer le sens de tout ce que nous venons de vivre durant le Temps Pascal et les fêtes qui suivent.
C’est vers l’an 55 que Saint Paul écrivit sa seconde épître aux Corinthiens, dont est extraite la deuxième lecture de ce jour.  Soit à peine une vingtaine d’années après la mort de Jésus.  Dès cette époque, Saint Paul, a une idée très claire de la vie sur terre d’une part, de la vie après la mort d’autre part.  Après avoir affirmé :
nous croyons, c’est pourquoi nous parlons,
voici que Paul nous propose une méditation de la résurrection, telle que l’Église commençait à la proclamer à cette époque.  Et il continue :
Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus
nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus,
et il nous placera près de lui avec vous.
Après notre vie sur cette terre, Paul affirme que nous aurons part à la vie de ressuscité avec Jésus, dans les cieux.  Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?
Même si notre corps, cette tente qui est notre demeure sur la terre, est détruit, nous avons un édifice construit par Dieu, une demeure éternelle dans les cieux.
C’est la résurrection de Jésus qui nous révèle la réalité de la résurrection, vérité toujours actuelle et tellement dense, dont nous avons du mal à prendre pleinement conscience…
Devant cette gloire immense et éternelle qui nous attend, tous les soucis, toutes les souffrances qui peuvent être les nôtres sont relatives, comme le dit encore Saint Paul :
Notre détresse du moment présent est légère
par rapport au poids vraiment incomparable de gloire éternelle.
Vivre éternellement en présence de Dieu et de tous les saints, en présence de tous ceux que nous avons aimé sur terre… cela n’a pas de prix.  Nous oublions trop souvent cette Bonne Nouvelle que Jésus est venu nous enseigner.  La vie chrétienne, la relation à Dieu par la prière, par la participation à l’eucharistie, est une préparation à la rencontre avec Dieu pour toujours.  C’est pourquoi :
Même si en nous l’homme extérieur va vers sa ruine,
l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour.
Cet homme intérieur, c’est notre âme, c’est notre cœur.  Dieu est présent dans notre cœur et Il nous invite à vivre au jour le jour de l’amour qu’il Est, de l’amour qu’Il nous donne, cet amour qui fait que nous sommes vivants et aimants.  Trop souvent nous ne voyons que le côté sombre de notre vie, les difficultés, les soucis ; nous n’entendons que les critiques, les malheurs qui nous arrivent ou qui s’abattent sur le monde et tant de nos frères.
Même si tout cela est triste, désagréable, regrettable, nous risquons de ne voir que notre finitude, le vieillissement, les souffrances que nous endurons :
Nous le savons, en effet, même si notre corps,
cette tente qui est notre demeure sur la terre, est détruit,
Saint Paul nous répond encore lorsqu’il dit :
notre regard ne s’attache pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas ;
ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel.
L’amour ne se voit pas, l’amour aide à la construction de notre vie humaine et de notre vie avec les autres.  Chaque acte d’amour aide surtout à la construction de cette demeure éternelle :
un édifice construit par Dieu, une demeure éternelle dans les cieux, selon l’expression de Saint Paul.
Cette demeure est édifiée avec toutes les pierres d’amour que Dieu pose dans notre cœur et que nous posons dans notre vie.
C’est cela notre foi en la résurrection.  Notre vie sur cette terre n’est que la première étape de notre vie tout court, notre vie avec Dieu, avec tous ceux que nous avons aimés, avec les anges et les Saints.  C’est ce que nous proclamons dans le Credo que nous proclamerons dans quelques instants : Je crois en la résurrection des morts et en la vie éternelle.
Demandons à Dieu que, par la participation au repas eucharistique Jésus fortifie notre foi et nous rende heureux de vivre notre vie ici, en attendant la grande rencontre là-haut.

Frère Bernard-Marie

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Mai

Mercredi 2 : Arrivée de Philippe Lahaine  qui remplacera Béatrice Mulier à la comptabilité de la fromagerie quand celle-ci prendra sa retraite….à la fin du mois.
Le soir même,  David Milliat de l’émission « Le Jour du Seigneur » nous parle du livre qu’il écrit sur ce qu’il a vécu à la mort de ses parents qui l’a beaucoup marqué lorsqu’il était enfant. Il parle également du « Jour du Seigneur » qui fête cette année ses 70 ans.  On compte entre 600 000 et 800 000 mille spectateurs chaque dimanche, ce qui n’est pas mal du tout vu la concurrence… footballistique.
Jeudi 3 : Au cours de l’Eucharistie, frère Laurent a changé sa stabilité monastique.  Il renouvelle ses vœux d’obéissance, de conversion de vie et de stabilité dans les mains de notre abbé… dans les mains duquel il avait prononcé ses vœux à Maromby.  Rappelons que Père Marc-André a été Prieur de Maromby de 1999 à 2002 et de 2008 à 2016.
Dimanche 6 et mardi 8 : Nous regardons et apprécions une émission de KTO consacrée au  Père Pedro Opeka, lazariste. Fondateur de l’œuvre humanitaire Akamasoa en 1989, figure bien connue du combat qu’il mène contre la pauvreté à Madagascar.
Du lundi 7 au vendredi 11 : Père abbé s’en va à Frattochie y effectuer une visite d’amitié. Il existerait une chance pour vendre leur monastère actuel mais il y a beaucoup d’aléas avant que cela soit fait. Quelques aléas encore pour commencer la restauration d’une maison sur le lieu de leur nouvelle implantation. Prions avec eux.
Dimanche 13 : Mgr Hérouard, évêque auxiliaire du diocèse, nous rend visite comme l’a fait Mgr Ulrich il y a quelques mois.  Il préside l’Eucharistie et, après None, nous partage ses souvenirs de la rencontre du président Macron avec l’épiscopat au collège des Bernardins.  Le Président voulait montrer qu’un dialogue entre l’Église et l’Etat est possible, même si  des « points de friction »  existent entre les deux. Cela devrait stimuler les débats de société à venir.
De ce lundi 14 et pendant toute une semaine, il n’est pas question pour nous de concurrencer le festival de Cannes qui vient de commencer. Cependant, nous sommes filmés sous tous les angles, avec beaucoup de discrétion, en vue du nouveau DVD sur la vie monastique telle qu’elle est vécue au monastère de Sainte Marie du Mont des Cats.
Vendredi 18 : Frère Jean s’en va passer quelques jours dans sa Bretagne natale. Il nous rentrera le 27.
Dimanche de Pentecôte et mardi 22 : Neuroblastome, épidermomycose bulleuse, insuffisance rénale sévère… Des maladies douloureuses, handicapantes, potentiellement mortelles, d’autant plus intolérables quand elles frappent des enfants. Voilà sur quoi portent  « Les mistrals gagnants », d’Anne-Dauphine Julliand, qui parvient à offrir un film empli de rires, de petits bonheurs, de lumière, en un mot, de vie que nous regardons sur deux soirées. . Anne-Dauphine Julliand elle-même a eu la douleur de perdre deux de ses quatre enfants de maladies infantiles. Une vraie leçon de vie et d’humanité.
Qui dit Lundi de Pentecôte, dit journée de la Fraternité des Parvis avec qui nous célébrons l’Eucharistie au cours de laquelle Syméon, petit frère de François, est baptisé. Nous lisons aussi la charte qui officialise l’alliance entre nos deux communautés.  Puis nous partageons une paëlla gargantuesque, laquelle nous donne l’occasion d’échanges on ne peut plus fraternels.
Nous apprenons avec tristesse le décès après une courte maladie d’Yves Flauw. Il travaillait chez nous à l’emballage des fromages depuis 2006. Nous le portons dans la prière ainsi que toute sa famille. Il n’était âgé que de 59 ans. Jeudi 24, plusieurs frères se sont rendus à ses funérailles en l’église Saint Bernard pour y représenter la communauté.
Dimanche 27 : Frère Jacques s’en va pour la semaine au centre Sèvres pour le Stim Bac.  Père Abbé s’en va à Roissy accueillir frère Albéric de Maromby  qui vient passer quelque temps parmi nous pour se reposer et faire un diagnostic de santé.
Nous regardons une émission consacrée à la bioéthique de la série « Sans langue de buis » réalisée par KTO bien sûr. Cela donne à réfléchir en prévision de la rencontre avec Père Bernard Podvin le 6 juin prochain sur le même sujet.
Mercredi 30 : Nous remercions Béatrice Mulier pour ses sept années de bons et loyaux services à la comptabilité de la fromagerie, autour d’un apéritif.
Dom Giacomo de passage parmi nous, nous parle de sa communauté de Tre Fontane et de sa filiation.  La petite taille(7 frères)  de la communauté et des difficultés de tous ordres, ne l’empêche pas de persévérer et de rendre grâce pour les aides reçues.  Père Giacomo souligne aussi les liens qui l’unissent au Mont des Cats, puisqu’il a bien connu – à divers titres – Père Sébastien, Dom André, Dom Alexandre et Père Yves…

Lecture au réfectoire.  On ne compte plus les ouvrages racontant l’histoire de France sous toutes les coutures. Parmi ceux-ci celui, par exemple,  de François Baroin, président des maires de France, « Une histoire de France par les villes et les villages » Albin Michel 2017, nous permet de sillonner les quatre coins de notre pays.  Nous y découvrons « La vitalité d’une France proche, ces terroirs où se sont déroulées tant d’histoires petites ou grandes, qui ont donné à notre pays son visage actuel : une mosaïque d’héritages, tournés vers l’avenir. »

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Avril

Dimanche 1er : Ce n’est pas un poisson d’avril, c’est sans aucune comparaison possible….. aujourd’hui c’est Pâques où nous fêtons la victoire de la Vie sur la mort. Pour marquer le coup de manière communautaire, après l’Eucharistie, nous échangeons nos vœux autour d’un apéritif.
Mardi 3 : Père Abbé s’en va conduire Frère Michel chez nos sœurs de la Fille-Dieu où il passera un temps sabbatique de 90  jours, soit 12 semaines ce qui doit faire un total de 3 mois si les comptes sont exacts. Nos « Filles Dieu » s’en réjouissent car elles pourront profiter  de sa débrouillardise.
Ce même jour arrive Monsieur Yves de Clebsatel qui succédera à Monsieur de Lauriston en qualité de responsable des activités lucratives  quand celui partira de chez nous pour une retraite bien méritée.
Le soir, madame Dany Perrey qui a peint le chemin de croix du cloître, nous présente la figure de monsieur Lucien Botovasoa instituteur, catéchiste à Madagascar qui sera béatifié le 14 de ce mois ce qui réjouit nos frères Laurent, Gilbert et Stanislas.
Mercredi 4 et Vendredi 6 : Le souvenir de l’assassinat du Père Hamel restera longtemps gravé dans la  mémoire de beaucoup de français croyants ou non. Aussi la télévision française en a-t-elle tiré  un documentaire « Père Hamel, martyr de la République » que nous regardons sur deux soirées.
Dimanche 8 : Se détendre sainement, c’est peut-être aussi se détendre saintement, c’est dans cette optique que nous regardons un documentaire animalier très bien fait « Le peuple miniature »
Vendredi 13 porte…..bonheur : A partir de ce jour en effet, Frère Laurent Rakotozafy de Maromby devient Frère Laurent Rakotozafy du Mont des Cats à part entière. En effet, l’année dernière Frère Laurent avait demandé de changer de stabilité pour diverses raisons. C’est avec joie et gratitude que nous accédons à sa demande. Même ceux qui chantent faux peuvent entonner le Te Deum Laudamus….. pascal évidemment.
Samedi 14 : C’est autour de quelques agapes sucrées que nous faisons connaissance avec Monsieur Yves de Clebsatel.
Du lundi 16 au samedi 21, les membres de la Commission Nord Europe  auxquels s’est agrégé l’abbé général, Dom Eamon, en personne, sont dans nos murs.  Père Jacques est secrétaire de la session, tandis que Frère Bernard-Marie y participe comme délégué élu par la communauté.  Occasion pour nous de découvrir les différentes communautés représentées en écoutant les uns et les autres au chapitre.
Le vendredi soir, à l’occasion des 60 ans de profession monastique de notre frère Nivard, nous partageons avec les membres de la Conférence Régionale un repas festif et fraternel.
Mercredi 25 : Saint Marc….André (peut-être un jour notre Abbé sera-t-il canonisé sait-on jamais !!!!). Nous nous mettons au diapason de la liturgie, nous lui « faisons sa fête ». Au programme des réjouissances : repas festifs la veille – avec « Questions pour un champion » version biblique – comme le jour, et comme film, un classique parmi les classiques « les tontons flingueurs » ce qui nous permet de retrouver les inoubliables Lino Ventura et Bernard Blier et autres Francis Blanche, Claude Rich et on en passe. Une seule chose nous est demandée, rire : ce que nous faisons bien volontiers et de bon cœur.
Vendredi 27 : A l’instar de Jésus lui-même, nous descendons de « la montagne » pour rejoindre « la Plaine », mais nous, c’est pour y rejoindre nos sœurs de la Cessoie avec qui nous célébrons l’Eucharistie suivie…..d’un repas festif (sic). Et nous partons tous ensemble du côté de Tourcoing  pour visiter la très belle exposition sur les « Chrétiens d’Orient ». Retour au bercail vers 18 h 15  après avoir prié les Vêpres avec elles. Merci au Seigneur de cette bien belle journée. Quant à frère Stanislas, il ne peut nous accompagner car lui, part pour deux mois rejoindre « Mission Langues »à Angers pour perfectionner son français.
Dimanche 29 : A 48 heures d’intervalle, nos frères Bernard-Marie, Patrick s’en retournent chez nos sœurs de la Cessoie pour y retrouver et écouter le…..Père Podvin dans le cadre de la journée consacrée à…….. la vie consacrée. .Ils sont accompagnés de F Laurent qui y restera pour 3 jours de récollection en vue de se préparer à son changement de stabilité le 03 mai.
Du lundi 30 au mercredi 2 mai Nous retrouvons le Père Farin qui nous propose « les deux témoins » film réalisé par lui-même. Pendant la guerre, un adulte découvre une fillette terrorisée, cachée derrière l’entrée de la cathédrale de Chartres, qu’il lui fait visiter….et que, par ce biais, nous visitons aussi. Et d’après la critique d’une certaine Janick Arbois-Chartier : «Michel Farin réussit la difficile synthèse de la fiction et de la catéchèse, de la tradition chrétienne (la cathédrale, la Bible) et de l’histoire dramatique d’une enfant juive victime du nazisme. ». Il y a donc de quoi prendre.

LECTURES au réfectoire :

La jeunesse s’intéresse t-elle à Dieu ? Question qui, comme chacun sait, est pour le moins complexe et ambiguë. En tout cas, Dieu, Lui, s’intéresse aux jeunes. Peut-être, par exemple, par le biais du pape François dont nous lisons Dieu est jeune, Robert Laffont 2018.

Puis nous commençons la Biographie de Lucien Botovasoa déclaré bienheureux le 14 de ce mois, écrite par François Noiret vice-postulateur de la cause.

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Quatrième Dimanche de Pâques

Le Bon Pasteur.

Les trois précédents dimanche du temps pascal nous avons entendu les grands évangiles de la résurrection.  À partir du quatrième dimanche l’Église nous invite à méditer les grands discours de Jésus tels que l’évangéliste Jean les a retranscrits.  D’après la plupart des exégètes, Jean propose une méditation post-pascale de la conscience que Jésus avait de lui-même.  Il s’agit d’une lecture spirituelle de la vie et des paroles de Jésus, médités par les premières générations des croyants à l’aune de la résurrection.
Le quatrième dimanche de Pâques, dans les trois cycles A, B et C, nous entendons un extrait du grand discours du Bon Pasteur que Jean place à Jérusalem juste après la guérison de l’aveugle-né.
Jésus utilise ici une image qui parle à ses contemporains.  Il s’agit aussi d’une image utilisée dans la Bible et riche de sens.
Avant de devenir le berger du peuple et de le sortir du pays d’Egypte, Moïse faisait paître les troupeaux de son beau-père dans le désert (Ex 3,1).
Avant de devenir le roi d’Israël, le jeune David gardait les troupeaux tandis que la famille participait à un sacrifice à l’invitation du prophète Samuel (1S 16,11).
Malheureusement, les prophètes successeurs de Moïse d’une part, les rois successeurs de David  d’autre part, ont péché et n’ont pas conduit le peuple à une vraie intimité avec le Seigneur.  C’est pourquoi, le peuple à l’époque de Jésus, espérait un nouveau prophète comme Moïse, un nouveau roi comme David.  Jésus se situe dans cette dynamique, tout en ne s’identifiant pas exactement dans l’attente de ses contemporains.
Je suis le Bon Pasteur, dit Jésus.  Mais on pourrait également traduire le « Beau Pasteur », et il ajoute : le vrai berger.  Celui qui, comme dans la parabole que rapportent Luc (Lc 15) et Matthieu (Mt 18), va chercher la brebis égarée et la prend sur ses épaules pour la ramener au bercail.  Ce que ne fait pas le berger mercenaire.
Bon Pasteur, Beau Pasteur, Vrai Berger… voilà les définitions que Jésus s’attribue, pour bien montrer qu’Il est supérieur à Moïse, qu’Il est supérieur à David.  Les temps sont accomplis, a-t-il proclamé tout au long de sa vie publique.  Convertissez-vous et croyez…  croyez à la Bonne Nouvelle, devient après Pâques : croyez en moi !
Telle est la Bonne Nouvelle, dont parle Saint Jean encore dans l’extrait de sa première épître que nous venons d’entendre :
voyez quel grand amour nous a donné le Père
pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes.
L’amour que Dieu nous a donné, c’est son Fils.
L’amour que le Fils nous a donné, c’est sa vie offerte pour nous. Il a pardonné à tous ceux qui l’ont condamné à la mort, même à ceux qui ricanaient à son sujet au pied de la Croix.
C’est par cet amour sans limite que Jésus montre qu’Il est le Beau Berger.
Il conduit ses brebis vers les eaux tranquilles… non, Il nous conduit vers les Eaux Vives, vers l’Esprit Saint, vers la connaissance de Dieu.
Il nous conduit aussi vers les bons pâturages… non, Il nous nourrit du Pain de Vie.
Les Évangiles des messes la semaine écoulée nous ont fait entendre le Discours sur le Pain de Vie dans l’Évangile selon Saint Jean.  Jésus nous disait :
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
a la vie éternelle, et moi je le ressusciterai au dernier jour.
En ce temps de Pâques, prenons conscience du don que Dieu nous fait, le don de la vie éternelle, le don de devenir fils dans le Fils, le don de la nourriture descendue du ciel.  Oui, la vie éternelle nous est donnée, dans chaque eucharistie, chaque fois que nous recevons le Corps du Christ en nourriture.
Demandons à Dieu le Père, l’inspiration du Saint Esprit, pour toujours mieux comprendre la communion de vie que nous recevons dans l’Eucharistie.  Et rendons grâce à Dieu d’être ainsi conduits, jour après jour, vers les eaux vives, vers les bons pâturages.  Oui, le Christ ressuscité est notre Bon Berger, notre Beau Berger.

Frère Bernard-Marie

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Dimanche Octave de Pâques

La foi

Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? (Jn 6,30)
Telle est la question qui court tout au long de l’évangile selon Saint Jean et que nous retrouvons aussi dans la réponse de Thomas aux disciples dans la péricope que nous venons d’entendre.  Les autres apôtres ne sont d’ailleurs pas en reste, d’attendre un signe fort lors de la dernière montée à Jérusalem.
Le peuple attendait un Messie qui chasserait l’occupant romain hors des frontières, Jésus ne s’est jamais montré homme politique.  Les disciples aussi attendaient un geste de puissance.  C’est pourquoi la mère des fils de Zébédée demandait à Jésus que ses deux fils siègent l’un à sa droite et l’autre à sa gauche dans son Royaume (Mt 20,20-21).  Jésus n’est pas dupe de cette ambiguïté…
Jésus a fait beaucoup de signes, des guérisons, des miracles, des exorcismes… et plus il en faisait, plus les chefs religieux répondaient c’est par Béelzéboul qu’il expulse les démons (Lc 11,15).  Mais cela n’empêcha pas Jésus de continuer sa route et de commenter, le cas échéant, le durcissement du cœur de ses détracteurs.
Dans la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare Jésus met dans la bouche d’Abraham cette réponse ironique : S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus (Lc 16,31).  Et, de fait, après la résurrection de Lazare de Béthanie, le Sanhédrin se pose la question de l’accueil que les foules réservent à Jésus : Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes.  Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui… (Jn 11,47-48).
Lors de l’arrestation de Jésus, au jardin de Gethsémani, Pierre coupe l’oreille d’un des assistants du grand prêtre.  Et Jésus répond Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ? Il mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d’anges (Mt 26,53).  Et, dans l’Évangile selon Saint Jean Jésus répond à Pilate : Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici (Jn 18,36).
Et, lorsque Jésus pend à la croix, les grands prêtres se moquaient de lui en disant : qu’il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui ! (Mt 27,42).
Mais à tout cela, Jésus ne répondit jamais rien.  Il alla son chemin, sachant que la foi gagnée par des actes de puissance n’est qu’une adhésion craintive.  La foi doit être un acte libre du cœur, et non pas une évidence qui s’impose.  Pour toucher les cœurs, Jésus a pris le chemin de l’humilité.  Il a été, encore davantage que Moïse, l’homme le plus humble que la terre ait porté (Nb 12,3).
Mais revenons à Saint Thomas… Malgré la Bonne Nouvelle que lui annoncent les apôtres, il ne veut pas croire sans voir… Il met comme condition à sa foi, une preuve : voir Jésus et le toucher.  Lorsqu’Il apparaît à nouveau, en présence de Thomas, Jésus ne dit pas : maintenant tu n’as plus besoin de croire puisque tu m’as vu…  Non, Il dit : cesse d’être incrédule, sois croyant.
Les preuves ne sont jamais contraignantes.  Les preuves les plus fortes de la divinité du Christ nous laissent toujours libres.  La vision de Jésus ressuscité n’oblige pas  Thomas.  Même face à la preuve par excellence de la résurrection de Jésus, Thomas doit faire un acte de foi : sois croyant.  La foi est un acte libre, l’adhésion à une personne.  Il s’agit d’un acte libre, un acte d’amour.
Jésus ne nous impose rien.  Dieu nous a créé libres.  Libres de croire ou de ne pas croire.  Libres d’interpréter les miracles comme actes de Béelzéboul ou comme actes divins.  La foi n’est pas affaire de connaissance mais demande une adhésion libre… La foi se nourrit davantage de la prière que de preuves.
À Thomas Jésus dit encore : heureux ceux qui croient sans avoir vu.  Par-delà le doute que Thomas avait exprimé, Jésus l’invite à un acte de foi.  Ce même acte de foi auquel Jésus invite tous les chrétiens, auquel Jésus nous invite chacun de nous aujourd’hui même.
C’est pourquoi Saint Jean termine ce chapitre de son Évangile en nous rappelant qu’il n’a pas écrit tout ce que Jésus a dit et fait.
Mais ceci y a été écrit, affirme-t-il,
pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.
En cette eucharistie du Dimanche de la Divine Miséricorde, demandons à Jésus deux choses :
la première, pardon pour notre manque de foi et nos doutes…
la seconde a été exprimée dans la prière d’ouverture de cette célébration :
Augmente en nous ta grâce pour que nous comprenions toujours mieux quel baptême nous a purifiés, quel esprit nous a fait renaître et quel sang nous a rachetés.
Avec la force reçue dans ce sacrement, nous pourrons témoigner que Christ est ressuscité et qu’Il nous a ouvert les portes de la vie éternelle.

Frère Bernard-Marie

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Mars

Samedi 3 : Retour de notre frère Gilbert frais et dispo de son séjour à Orval.
Dimanche 4: Faute d’avoir pu venir en tout début d’année, Mgr Ulrich vient nous rendre visite en ce début de mois de mars. Il préside l’Eucharistie et nous parle après None de ce qui lui tient à cœur notamment tout ce qui concerne les jeunes : le sacrement de confirmation qu’il conférera à plusieurs centaines à la Pentecôte, le prochain synode qui leur seront dédié, avec l’espoir que tout cela pourra faire naître des vocations particulières. Ensuite, la réorganisation et le déménagement du séminaire avec tout ce que cela impliquera pour les séminaristes. Puis, le centenaire de la paix qu’il a mis sur pied à l’occasion du centenaire de la guerre 14 -18.Enfin tout ce qui touche au futur débat autour de la bioéthique auquel les chrétiens sont appelés à faire connaître leur position dans ce domaine. Bref, il y a matière à……………prier.
Lundi 5 et mardi 6 : Une petite équipe de 2 personnes – c’est encore moins que l’arche de Noé – s’immerge pour 48 heures en communauté en vue de réaliser une nouvelle vidéo sur « comment vit-on la vie monastique à l’abbaye du Mont des Cats » qui pourrait voir le jour avant la fin de l’année.
Jeudi 8 et vendredi 9 : C’est en toute discrétion qu’Anne Da Rocha et Gilles Darra, de la commission d’art sacré du diocèse travaillent sur place aux plans de réaménagement de notre église déjà envisagé depuis déjà  quelques mois.
Dimanche 11 : Pour beaucoup de nos contemporains, Rire et christianisme ne font pas bon ménage, voire même sont incompatibles. Peut-être changeraient-ils d’avis après  avoir vu, comme nous le faisons, une émission de KTO portant sur le sujet.
Mardi 13 et Mercredi 14 : C’est avec sa casquette de théologien moraliste que nous revient le Père Bernard Podvin. Il nous aide à approfondir le message spirituel et moral qui se cache derrière : Tu ne voleras pas, un des dix films du cinéaste polonais Krzysztof  Kieslowski qu’il a consacrés au Décalogue.  Mardi nous avons vu le film, mercredi Père Podvin le replace dans le contexte de  la société actuelle. Il y a de quoi prendre……
Samedi 17 Dimanche 18 : La fraternité des Parvis réussit sa première visite guidée « à l’Abbaye » de ce qu’elle peut montrer d’un « chemin de vie » au monastère aux personnes de passage sur le Mont durant le week-end.
Du dimanche 25 au 31 : Puisse chacun de nous  grandir « à la mesure du Christ » en cette Grande et Sainte Semaine où nous célébrons le mystère de la foi chrétienne par excellence.
Mardi 27 : « Le nombre des années 70, 80 pour les plus vigoureux » dit le psaume. Que dire alors de notre frère Pierre qui atteint en ce jour les 9 x 10 = nonante ans. Il nous fait la joie de partager quelques bulles pour fêter l’événement. Nous nous associons à la peine de Karine et de Joseph, gérants de l’Auberge en face de l’abbaye, pour le décès de Michel leur employé. Il était gravement malade et hospitalisé depuis un certain temps.

Quelle personnalité se cache derrière le chef spirituel de pas moins de 300 millions de fidèles à travers le monde, le premier d’entre les primats orthodoxes, le guide historique des chrétiens d’Orient ?  C’est ce que nous allons découvrir en écoutant au réfectoire la biographie Bartholomée apôtre et visionnaire de John Chryssavgis, Cerf 2016.

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Février

Vendredi 2 : Chose rare : nous célébrons un des offices hors clôture. En effet, nous chantons None  dans l’église Saint Bernard jouxtant l’abbaye. On peut s’en demander le pourquoi ? Cela nous permet de nous rendre compte par    nous-mêmes de la très belle restauration qui y a été réalisée.
Mardi 7 : Au jour même de sa fête, Fr Nivard émigre, non pas comme Jacob au pays de Cham–ce qui ferait un long voyage  tout de même-, mais plus simplement du côté de l’infirmerie –ce qui est moins loin quand même– où il y prend ses quartiers résidentiels. Ce faisant, il y tiendra compagnie à nos frères Louis, Pierre, Henri et Paul.
Au chapitre du soir, Père Abbé nous lit un texte préparée comme charte d’alliance entre la fraternité des Parvis et nous-mêmes. Il ajoute aussi que certains membres des Parvis pourraient prendre une partie de l’accueil sous forme d’une visite-chemin de vie en présentant la vie de la communauté, partant de la vidéo au magasin, et un parcours guidé à travers cloître de l’hôtellerie, jardin, pour finir par l’église tout en retraçant l’histoire de la vie monastique aux personnes de passage sur le Mont durant le weekend.
Jeudi 8 : Fr Jacques s’en revient accompagné de F Peter de Croixrault (osb) qui vient passer 15 jours parmi nous  et ainsi profiter de notre bibliothèque en vue de son travail de christologie.
Dimanche 11 : Père Abbé participe à l’Eucharistie présidée par Mgr Ulrich pour l’inauguration de l’église Saint Bernard. A l’issue de la cérémonie, le verre de l’amitié est offert dans les couloirs et parloirs de l’hôtellerie. Le soir, nous commençons à regarder le film de Giacomo Campiotti  sur la vie de Saint Philippe Néri, fondateur de l’Oratoire et prophète de la joie……spirituelle s’il en est…
Mercredi 14 : « Et j’allai vers l’ange, en lui disant de me donner le petit livre. Et il me dit: Prends-le, et avale-le; il sera amer à tes entrailles, mais dans ta bouche il sera doux comme du miel » C’est une interprétation on ne peut plus littérale de ce verset 9 chapitre 10 de l’Apocalypse  que nous faisons au repas de midi car chacun trouve  au réfectoire de quoi nourrir sa vie spirituelle à défaut de son estomac. On l’aura compris, nous débutons en ce jour la grande quarantaine du Carême qui nous mènera jusqu’à Pâques.
Jeudi 15 : Frère Gilbert s’en va passer 15 jours, 3 semaines à Orval pour voir comment on vit la vie monastique dans le beau pays d’Ardenne.
Vendredi 16 : Si le monde connaît les RTT (entendez récupération temps de travail), nous connaissons nous, les JRR (entendez journée rupture de rythme). Pas d’office au cours de la journée sauf  l’Eucharistie et les Complies. Ce qui fait que chacun en profite ou bien pour se balader aux alentours du monastère, ou bien commence sa lectio de carême (pour les plus spirituels d’entre nous sic !!!) ou encore en profite pour se reposer. Bref, çà fait du bien et cela permet dès le lendemain de repartir du bon pied.
Mardi 20 : Grâce à F Peter, nous apprenons de la congrégation N.D. d’espérance  qu’elle a été fondée par le Père Guilluy de St Paul de Wisques le 1er octobre 1966 dans le but de permettre aux personnes de petite santé de vivre une vie monastique authentique. Actuellement, la congrégation compte une quinzaine de communautés de taille variable.
Du lundi 26 au jeudi 1er mars, nous retrouvons le Père Farin, non pas avec un mais deux films en poche, « Moi Daniel Blake » et « Mon nom est Totsi » grâce auxquels, nous approfondissons le thème de la compassion. Compassion qu’on peut avoir envers l’autre qui est étranger à tout ce qui fait ma vie.
Mercredi 28 : Baptême du feu pour notre frère Stanislas qui, accompagné  de Frère Gilles, s’en va à la maison-mère pour sa première session du Stim. Ils rentreront tous deux le 9 mars

Lecture au réfectoire :

Après l’expérience spirituelle de Dom André Louf, nous changeons totalement d’univers, c’est le moins qu’on puisse dire. En effet, nous commençons Les Narcotrafiquants veulent ma peau  d’Alejandro Solalinde. Ce prêtre mexicain a voué sa vie aux migrants d’Amérique centrale, victimes d’enlèvements, de trafics d’organes, de l’esclavage et de la  prostitution

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