La crise de 1831-1835

Sous Dom Germain Gillon, les deux maisons du Gard et du Mont des Cats s’étaient partagées les biens, et les deux propriétés étaient communes. Suite au départ d’un frère de l’abbaye du Gard, réclamant la restitution de l’argent qu’il avait apporté en entrant, les deux communautés eurent de graves problèmes. Cet argent en effet avait été investi dans la construction de l’église du Gard et n’était donc plus disponible. Dom Germain proposa que chacune des communautés participe au remboursement au prorata du nombre de ses moines.  Le Mont des Cats devait selon ce calcul rembourser un tiers de la somme.  Père Nil Van Hoecke, cellérier du Mont des Cats accepta de participer, mais refusa de rembourser la totalité de la somme qui était réclamée à la petite fondation qui vivait encore dans la misère. De plus, il alla à Cambrai rencontrer Mgr Belmas, pour lui exposer la situation.
Il lui dépeignit très probablement la situation avec exagération, estimant que l’avenir de la fondation était en jeu. Suite à cette entrevue, Mgr Belmas, qui était favorable à une fondation cistercienne dans son diocèse, donna à Père Nil les papiers par lesquels les religieux étaient soustraits à la juridiction de l’abbé du Gard et soumis à l’évêque du diocèse. Cette démarche ressemblait à un schisme, et il en résulta une situation fâcheuse avec la maison-mère.
De plus, la division s’installa également au sein même de la communauté. Le Père Prieur Dom François-Marie Van Langendonck, nommé par Dom Germain Gillon, le sous-prieur ainsi que la plupart des frères, refusèrent de se mettre sous la juridiction d’un ancien évêque constitutionnel. Père François-Marie, avec quelques religieux, partit s’installer à Saint Sixte, dans le diocèse de Bruges en Belgique, tandis que les autres moines retournèrent à l’abbaye du Gard.
Suite à ces départs, Mgr Belmas nomma Père Nil Prieur provisoire. Dom Germain en référa à Dom Antoine, Supérieur Général des Cisterciens, qui déclara Père Nil apostat et retrancha le Mont des Cats de l’Ordre cistercien. On peut regretter cette démarche, mais Rome ne souhaitait pas négocier avec Mgr Belmas.
L’affaire se dénoua en janvier 1835. Père Nil offrit sa démission comme Prieur du Mont des Cats au Vicaire Général de la Congrégation Cistercienne de France, Dom Joseph-Marie Hercelin abbé de La Trappe.
Sur le chemin du retour de la visite à Dom Hercelin, Père Nil s’arrêta à l’abbaye du Gard pour se réconcilier avec Dom Germain. Dom Germain mourut quelques semaines plus tard, le 23 février.
Dom Hercelin eut à négocier avec Mgr Belmas, qui demandait que Père Nil soit au moins maintenu cellérier. Dom Hercelin ordonna aux religieux qui étaient repartis au Gard de revenir au Mont des Cats.
La situation se rétablit complètement après la mort de Mgr Belmas en 1841.
L’année suivante Père Nil, que certains témoins présentèrent comme « l’âme de la résistance », alla demander au nouvel archevêque de Cambrai, d’être relevé de ses vœux et de son sacerdoce.

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