Homélie pour le Dixième Dimanche

La résurrection

Nous venons de terminer, vendredi dernier, les célébrations liées au cycle liturgique de la fête de Pâques.  La liturgie de ce dimanche nous permet de méditer le sens de tout ce que nous venons de vivre durant le Temps Pascal et les fêtes qui suivent.
C’est vers l’an 55 que Saint Paul écrivit sa seconde épître aux Corinthiens, dont est extraite la deuxième lecture de ce jour.  Soit à peine une vingtaine d’années après la mort de Jésus.  Dès cette époque, Saint Paul, a une idée très claire de la vie sur terre d’une part, de la vie après la mort d’autre part.  Après avoir affirmé :
nous croyons, c’est pourquoi nous parlons,
voici que Paul nous propose une méditation de la résurrection, telle que l’Église commençait à la proclamer à cette époque.  Et il continue :
Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus
nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus,
et il nous placera près de lui avec vous.
Après notre vie sur cette terre, Paul affirme que nous aurons part à la vie de ressuscité avec Jésus, dans les cieux.  Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?
Même si notre corps, cette tente qui est notre demeure sur la terre, est détruit, nous avons un édifice construit par Dieu, une demeure éternelle dans les cieux.
C’est la résurrection de Jésus qui nous révèle la réalité de la résurrection, vérité toujours actuelle et tellement dense, dont nous avons du mal à prendre pleinement conscience…
Devant cette gloire immense et éternelle qui nous attend, tous les soucis, toutes les souffrances qui peuvent être les nôtres sont relatives, comme le dit encore Saint Paul :
Notre détresse du moment présent est légère
par rapport au poids vraiment incomparable de gloire éternelle.
Vivre éternellement en présence de Dieu et de tous les saints, en présence de tous ceux que nous avons aimé sur terre… cela n’a pas de prix.  Nous oublions trop souvent cette Bonne Nouvelle que Jésus est venu nous enseigner.  La vie chrétienne, la relation à Dieu par la prière, par la participation à l’eucharistie, est une préparation à la rencontre avec Dieu pour toujours.  C’est pourquoi :
Même si en nous l’homme extérieur va vers sa ruine,
l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour.
Cet homme intérieur, c’est notre âme, c’est notre cœur.  Dieu est présent dans notre cœur et Il nous invite à vivre au jour le jour de l’amour qu’il Est, de l’amour qu’Il nous donne, cet amour qui fait que nous sommes vivants et aimants.  Trop souvent nous ne voyons que le côté sombre de notre vie, les difficultés, les soucis ; nous n’entendons que les critiques, les malheurs qui nous arrivent ou qui s’abattent sur le monde et tant de nos frères.
Même si tout cela est triste, désagréable, regrettable, nous risquons de ne voir que notre finitude, le vieillissement, les souffrances que nous endurons :
Nous le savons, en effet, même si notre corps,
cette tente qui est notre demeure sur la terre, est détruit,
Saint Paul nous répond encore lorsqu’il dit :
notre regard ne s’attache pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas ;
ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel.
L’amour ne se voit pas, l’amour aide à la construction de notre vie humaine et de notre vie avec les autres.  Chaque acte d’amour aide surtout à la construction de cette demeure éternelle :
un édifice construit par Dieu, une demeure éternelle dans les cieux, selon l’expression de Saint Paul.
Cette demeure est édifiée avec toutes les pierres d’amour que Dieu pose dans notre cœur et que nous posons dans notre vie.
C’est cela notre foi en la résurrection.  Notre vie sur cette terre n’est que la première étape de notre vie tout court, notre vie avec Dieu, avec tous ceux que nous avons aimés, avec les anges et les Saints.  C’est ce que nous proclamons dans le Credo que nous proclamerons dans quelques instants : Je crois en la résurrection des morts et en la vie éternelle.
Demandons à Dieu que, par la participation au repas eucharistique Jésus fortifie notre foi et nous rende heureux de vivre notre vie ici, en attendant la grande rencontre là-haut.

Frère Bernard-Marie

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