Fête de la Sainte Trinité

Le Seigneur vint se placer auprès de Moïse…

Tout au long de l’Ancien Testament, Dieu vient à la rencontre des hommes.  D’abord Adam et Ève et leurs descendants ; Noé ; les Patriarches ; puis  le Peuple Élu.  Dès le récit du Paradis au début du Livre de la Genèse, Dieu se promène dans le Jardin au souffle du jour, pour converser avec nos premiers parents (Gn 3,8).  Des expressions similaires ont été utilisées pour exprimer la relation privilégiée du Seigneur avec d’autres héros de la Bible.
Lorsque le Seigneur vient à la rencontre d’Abraham sous le chêne de Mambré, Il se présente à lui sous l’apparence de trois anges (Gn 18,1-2).  Le Seigneur se tenait debout, près d’eux lorsqu’ils mangèrent avec Abraham, dit l’interprétation midrashique de la rencontre.  Les trois anges ont donné la première représentation de la Trinité dont nous célébrons aujourd’hui la fête.  L’icône de la Trinité qui se trouve près de la Croix rappelle cette analogie.  Mais restons encore quelques instants dans l’Ancien Testament.
Lorsque Dieu décide d’appeler Moïse pour délivrer le Peuple de la servitude d’Égypte, Il lui apparaît dans le buisson ardent dans le désert du Sinaï, près du Mont Horeb.  C’est là que Moïse faisait paître le troupeau de son beau-père Jethro (Ex 3,1-2).  Et le texte poursuit :
Le Seigneur vit qu’il faisait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson. « Moïse, Moïse », dit-il, et il répondit : « Me voici ». (Ex 3,4)
C’est la même relation que relate la première lecture de ce matin, où nous voyons le Seigneur descendre et se tenir auprès de Moïse avant de proclamer son nom :
Yahvé, le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux,
lent à la colère, plein d’amour et de fidélité.
Saint Bernard, dans un texte célèbre où il commente l’Annonciation de l’Ange Gabriel à Marie, ne dit pas autre chose lorsqu’il affirme que l’ange Gabriel, Adam et Ève, les patriarches et les saints, et Dieu Lui-même attendent avec impatience sa réponse à l’annonce qui lui fut faite.  Dieu se trouve donc à côté de Marie lorsque l’ange la questionne (Saint Bernard, Missus Est 4,8).
Dieu Créateur ne pouvant pas venir en personne rejoindre les hommes de manière plus sensible, envoya son propre Fils qui prit chair de la Vierge Marie.  Le Fils était invité à représenter en notre chair le visage du Dieu d’Israël.  Le Fils avait en quelque sorte le double de l’esprit du Père, de manière plus forte qu’Élisée vis-à-vis de son maître Élie (2R 2,9).
C’est ainsi que, tout au long de sa vie sur terre, Jésus a affirmé qu’Il était en complète communion avec son Père, comme nous l’a rappelé l’évangile de ce matin.  Jésus n’est pas venu pour juger le monde, mais pour convertir le monde et révéler combien le Père aime le Fils et veut aimer tous les hommes :
Dieu a tellement aimé le monde… qu’il a envoyé son Fils…
pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Mais l’enseignement de Jésus ne s’arrête pas là.  La veille de sa passion et de sa mort, Jésus annonce aux disciples un autre Messager :
le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom,
lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. (Jn 14,26)
Et un peu plus loin, toujours dans le discours après la Cène, Jésus dit :
Tout ce qu’a le Père est à moi. Voilà pourquoi j’ai dit que
c’est de mon bien qu’il (l’Esprit) reçoit et qu’il vous expliquera. (Jn 16,15)
Le Père envoya son Fils, le Fils envoya l’Esprit qui procède du Père et du Fils.  Les trois Personnes de la Trinité, chacune à sa manière, nous accompagnent sur notre route terrestre.
Dieu, Dieu le Père, nous aime d’un amour inouï, sans limites, infini.  Difficile d’imaginer à mesure humaine cet amour divin.
Dieu, Jésus-Christ s’est fait homme pour nous apprendre combien le Père nous aime.  Il est venu également pour nous montrer comment répondre, avec nos moyens humains, à l’amour divin.  Jésus a fait route sur nos chemins pour nous inviter à faire route à notre tour avec Lui.
Dieu, Esprit Saint, nous est donné pour nous rappeler toutes les paroles que Jésus a dites. Mais également, et surtout, pour nous inspirer nos actes et nos propres paroles.
Dans tous les cas, Dieu est à nos côtés.  Que ce soit le Père par son amour, le Fils par son exemple, l’Esprit qui nous inspire le faire et le dire… nous ne sommes jamais seuls.  Dieu est là, Dieu veille sur nous.
Demandons à Dieu, en cette Eucharistie, de nous aider à toujours davantage prendre conscience qu’Il est à nos côtés, qu’Il nous aime et qu’Il veut nous acheminer vers un bonheur et un amour toujours plus profonds.

Frère Bernard-Marie

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