Sixième Dimanche de Pâques

La Trinité

Les trois textes que la liturgie nous a proposés aujourd’hui nous préparent de manière très concrète, par-delà la fête de l’Ascension de jeudi prochain, à la fête de la Pentecôte qui termine le Temps Pascal dans deux semaines.
Les Actes des Apôtres nous présentaient, en première lecture, la conversion de la ville de Samarie suite à la proclamation de Philippe.
Philippe proclamait le Christ, nous dit Saint Luc.
Les foules accueillaient la parole de Dieu, et
reçurent le Saint Esprit par l’imposition des mains des apôtres Pierre et Jean.
Par ordre chronologique de rédaction des textes de ce jour, on peut placer la seconde lecture tirée de la première épitre de Saint Pierre.  Il y est affirmé :
Christ a souffert pour les péchés,
lui, le juste, pour les injustes,
afin de vous introduire devant Dieu ;
il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit.
Enfin, l’évangile selon Saint Jean, dont les critiques situent la rédaction finale vers l’an 90 de notre ère, met dans la bouche de Jésus ces paroles fortes :
Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur l’Esprit de vérité.
Il est fort probable que Jésus lui-même a prononcé ces paroles, puisque nous les trouvons également dans les autres évangiles, avec des expressions similaires.  Rappelons-nous la prière que Jésus a enseignée à ses disciples, qui commence par :
Notre Père, qui es aux cieux…
Rappelons-nous également la place de l’Esprit dans toute la Bible, dès la création du monde où l’Esprit du Seigneur planait sur les eaux.  C’est ce même Esprit qui parlait par la bouche des prophètes, c’est ce même Esprit qui descendit sur Jésus lorsque Jean Baptiste le baptisa dans le Jourdain…
C’est après la résurrection de Jésus que les disciples ont vraiment commencé à comprendre tout ce qu’Il leur avait dit : sa relation à Dieu son Père, la venue de l’Esprit.  Ce ne fut pas aisé de définir la relation en Dieu de ces « trois ».  Cela prit à l’Église plusieurs siècles avant de finaliser la définition de la Sainte Trinité.  Il fallut d’abord comprendre que ces « trois » sont trois « personnes », mais également qu’ils sont Dieu.  Comprendre ensuite que Jésus-Christ est à la fois homme et Dieu.  Enfin, découvrir le lien qui unit entre eux les trois Personnes de la Trinité, Père Fils et Esprit Saint.  Ce ne fut pas chose aisée et les théologiens se querellèrent longtemps avant qu’on arrive finalement à la version du Credo que nous chanterons dans quelques instants.
Que Dieu soit un seul Dieu en trois Personnes, est dogme de foi.  Ce qui n’empêche que c’est également un grand, un très grand mystère.  Ce mystère, nous n’arriverons jamais à en faire le tour, ni en cette vie, ni dans l’éternité lorsque nous verrons éternellement Dieu face à Face.
Cela ne doit pas nous chagriner, mais au contraire nous réjouir.  La découverte de la relation entre les trois Personnes de la Trinité, relation infinie d’Amour, doit au contraire nous aider à vivre au jour le jour nos propres relations.  C’est l’amour de Dieu qui prend corps dans notre amour quel qu’il soit.  Le mystère de nos relations humaines est déjà tellement grand que nous ne devons pas nous étonner de la grandeur du mystère de l’amour des Personnes Divines entre elles et de l’amour de Dieu pour chacun de nous.
Jésus, juste avant sa Passion, nous a laissé en mémorial le sacrement du repas eucharistique.  Il a aidé les disciples à comprendre qui était Jésus et à découvrir qu’Il était à la fois Dieu et homme.  En cette eucharistie pascale, demandons au Seigneur Jésus de nous faire entrer toujours davantage dans le mystère de sa vie, de sa passion, et de sa divinité.  La joie pascale irradiera ainsi toute notre vie.

Frère Bernard-Marie

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