Histoire de l’école du Mont des Cats

Monsieur Ruyssen avait stipulé, dans l’acte de donation, que les moines devaient assurer l’enseignement des enfants pauvres. Dom Germain Gillon avait commis, à cet effet, un religieux et un frère convers.
Il semble que durant les premiers mois les enfants furent scolarisés dans le bâtiment offert par Monsieur Ruyssen, puisqu’on trouve trace d’une salle de classe au rez-de-chaussée et que l’étage est mentionné comme « chambres pour les enfants ».
Très vite un autre local fut aménagé, un peu à l’écart du bâtiment des religieux, dans le prolongement du bâtiment des Antonins.  L’école fut ensuite transférée dans une petite maison dans la pâture derrière l’Auberge, peut-être dans l’ancien bistrot Vandenbroucke avant de le détruire.
En 1839, sous le priorat de Père Athanase Itsweire, un bâtiment pour l’école fut construit sur la route de Godewaersvelde, et l’enseignement fut assuré dès cette époque par Mlle Jeanne Schercousse. La moitié de ce bâtiment existe toujours, et fait office de maison d’habitation en cours de restauration (avril-juin 2012).

Cadastre 1839 l'Auberge et le petit bâtiment ayant servi d'école L'école du Mont des Cats en 1839, dessin de Père Eugène Arnould 1839 la nouvelle école sur la route de Godewaersvelde Le bâtiment de l'ancienne école, vers 1920
En 1865 Dom Dominique Lacaes fit construire une chapelle à l’école.  Elle se trouvait dans le prolongement du bâtiment Est, comme une grotte creusée dans la pente du Mont.  Il y allait une fois par semaine célébrer l’eucharistie pour les sœurs qui assuraient l’enseignement à l’école.

Quelques photos de la grotte souterraine, prises en mai 2011 :

Vue de la maison d'habitation depuis l'autre bâtiment, détruit.  A gauche, entrée de la chapelle. Entrée de la chapelle, photo prise du même endroit que la précédente. Les parois et le plafond sont revêtus de pierres du Mont des Cats, au fond le sanctuaire.

L'autel avec ses statues, sous l'autel un Christ au Tombeau Sur l'autel la Sainte Vierge, dans le mur l'empreinte de la croix en bois. Même le sol, en pierre du Mont, avec sa décoration.

Mlle Jeanne avait déjà une nièce auprès d’elle, qui partageait sa vie : Benjamina Schercousse. Dom Dominique l’envoya en 1855, chez les Ursulines de Gravelines pour recevoir le diplôme d’instruction élémentaire. A son retour deux ans plus tard, elle remplaça Mlle Jeanne, décédée depuis. Deux autres filles vinrent se joindre à elle et constituèrent ainsi une espèce de communauté. On y prononçait des vœux de dévotion et chacune portait un nom particulier : Benjamina reçut celui de soeur Dominique.

Vers 1900, l'ancienne école et le "Moulin des Pauvres" Vers 1900, l'ancienne école la "villa" jouxtant la nouvelle école Vers 1900, la "nouvelle école" près de la villa, et le "moulin des pauvres"

Après la mort de Dom Dominique (5 Janvier 1883) les locaux de l’école furent jugés trop étroits pour le nombre d’élèves qui allait sans cesse croissant. Il fallait construire une nouvelle école. En même temps, les institutrices après de longues années de dévouement songeaient à prendre une retraite bien méritée.

Vue de l'école et de la villa, façade SudNon loin de la première école, une demoiselle d’Hazebrouck s’était fait construire une villa qui, à sa mort en 1893, fut mise en vente. Dom Jérôme Parent acheta ce petit domaine et fit construire un bâtiment pour installer les locaux d’école dans de meilleures conditions d’hygiène.  C’est le bâtiment jouxtant ladite villa et qui servit d’école jusqu’en 2004.  Une fois le transfert de l’école réalisé, les deux corps de bâtiments de la première école furent louées comme maisons particulières.  La première, côté Est, fut détruite en 1969 car elle menaçait ruine.  Le locataire de l’autre maison, côté Ouest, étant décédé en 2010, la loi nous obligera à effectuer une bonne restauration de la maison avant de pouvoir la louer à nouveau.

Les enfants de l'école vers 1930A partir de 1895 l’école du Mont des Cats eut un nouvel essor grâce à l’arrivée de Filles de l’Enfant Jésus de Lille. Le 15 Septembre 1895, trois religieuses s’installèrent dans l’ancienne villa : Sœur Marie, Sœur Athanase et Sœur Désirée qui donnèrent l’instruction primaire et une éducation Chrétienne aux garçons et fillettes du Mont des Cats. Un moine était chargé de faire le catéchisme dans la chapelle Saint Constance. Ces religieuses enseignèrent jusqu’en 1906 (année où il fut interdit aux religieuses d’enseigner).

Les enfants de l'école avec Soeur DésiréeAprès les vicissitudes de la sécularisation puis de la guerre, le Père  Abbé rappela les filles de l’Enfant Jésus sécularisées et on vit revenir, en 1921, Sœur Désirée, Sœur Victoire, Sœur Marie-Eugène et Sœur Marie.  Depuis 1921, l’école n’a cessé de fonctionner, mais le manque de vocations obligea les religieuses à s’adjoindre des institutrices séculières.
L’établissement comprenait alors trois classes, mais le nombre d’enfants s’étant accru, une quatrième classe fut construite en 1957, l’effectif s’élevait alors à plus de 160 élèves, garçons et filles.

Le manque de religieuses s’étant accentué, la maison-mère des filles de l’Enfant Jésus fut dans l’obligation de retirer les religieuses, qui quittèrent le Mont le 3 Juillet 1974 après près de 80 années de dévouement.  L’école continua à fonctionner, mais avec du personnel salarié.  La maison où habitaient les religieuses fut alors louée au Secours Catholique pour ses activités d’aide aux personnes pauvres des villes.

La maison du "Secours Catholique" vers 2000

En août 1996, il fallut construire de nouveaux sanitaires à l’intérieur de la 4ème classe, devenue libre puisqu’il n’y avait plus que trois classes en activité.  Deux ans plus tard l’Inspecteur Diocésain pour l’enseignement catholique rencontra les responsables de l’école du Mont des Cats.  Il devenait impossible de continuer à faire fonctionner une école pour moins de 30 enfants.  Comme le nombre d’enfants continuait à diminuer, il fut décidé en 2000 de fusionner l’école Saint Constance du Mont des Cats avec l’école Saint Gérard de Godewaersvelde.  Les bâtiments de l’école sont désormais également loués par le Secours Catholique.

 

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