Quatrième Dimanche de l’Avent

Selon la chair, de la race de David, selon l’Esprit, Fils de Dieu

Lorsque Saint Paul écrivit la lettre aux Romains dont nous avons entendu le début, il ne connaissait pas les chrétiens de Rome, il n’était pas encore arrêté et ne savait pas qu’il y terminerait ses jours.  Cette lettre fut envoyée par un apôtre à des inconnus qui partageaient avec lui la même foi.  Saint Paul nous l’adresse aujourd’hui également à nous qui sommes ici réunis pour célébrer le Seigneur Jésus.
Reprenons les premières paroles de Paul pour voir comment il décrit en peu de mots l’essentiel de notre foi en Jésus :
selon la chair, il est né de la race de David ;
selon l’Esprit qui sanctifie,
il a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu
par sa résurrection d’entre les morts.
C’est en quelque sorte la première proclamation de la foi en Jésus, lui qui est descendant de David et qui est le Fils de Dieu.  Selon la chair d’une part, selon l’Esprit qui sanctifie d’autre part, le Fils de Dieu est devenu fils de Marie.  La longue préparation du peuple hébreu touche à sa fin avec la naissance en notre chair de Jésus.  Le peuple était dans l’attente de la venue du Messie, comme nous le rappelle Saint Luc dans son Évangile (Lc 3,15).
Lorsque Marie vint avertir Joseph son fiancé que Dieu l’avait visitée, Joseph qui était un homme juste, jugea préférable de laisser Marie libre pour se donner complètement à l’appel divin.  De quel droit, se disait-il, contrarier le plan de Dieu sur sa fiancée et sur l’enfant à naître ?  Mais le Seigneur ne l’entendait pas de cette oreille.  Jésus aura besoin, pour apprendre à marcher, pour apprendre à parler, pour apprendre à prier, pour avoir un métier, Jésus aura besoin d’une famille humaine, avec un père et une mère.
Joseph, qui venait de renoncer à sa fiancée, la retrouva, on pourrait dire au centuple, comme sa femme et comme la mère de l’enfant donné à eux par Dieu.  Et pas n’importe quel enfant, comme le précise l’ange :
Tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
Et à Marie l’ange avait dit :
Tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut.
Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père… (Lc 1,31-32)
Enfin, Saint Matthieu nous a précisé dans l’Évangile de ce matin que l’enfant serait appelé « Emmanuel – Dieu-avec-nous ».  Voilà comment Dieu a préparé la naissance de son fils et comment Il l’a présenté à Marie et à Joseph.  Fils de Dieu, Dieu-avec-nous, Jésus-Sauveur…
Alors que la fête de Noël approche, prenons conscience de la grâce qui nous est faite : Dieu qui se fait l’un de nous, Dieu fait homme, Verbe fait chair, Homme parmi les hommes.  Et l’invitation que Dieu nous fait, selon l’expression lapidaire de Saint Irénée de Lyon : Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu.
Par la venue en notre terre d’un tel Homme, notre Rédempteur, la vie humaine retrouve sa vraie dimension : par l’Incarnation, la vie et la mort de Jésus, le Père a restauré en nous l’image divine que le péché de nos premiers parents avait voilée.  Pour revenir à ce que nous disait l’épître de Saint Paul, nous avons toutes les raisons d’exulter devant le mystère que nous allons bientôt célébrer :
selon la chair, de la race de David ;
selon l’Esprit, Fils de Dieu
par sa résurrection, Jésus Christ, notre Seigneur.
En ces quelques jours qui nous précèdent de la fête de Noël, la naissance en notre chair de notre Seigneur et Sauveur Jésus Fils de Dieu, réjouissons-nous d’une telle grâce donnée par Dieu à tous les hommes.  Demandons, en cette Eucharistie, qu’Il augmente notre foi et demain nous pourrons nous réjouir de découvrir avec les bergers le nouveau-né dans la crèche.

Frère Bernard-Marie

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