Assomption 2012

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle se hâte vers la maison d’Elisabeth. En ce jour d’Assomption, le Seigneur son Dieu se hâte de couronner la hâte de Marie.
Entre l’Annonciation et la Nativité, Marie était l’adorante du don de Dieu, comme dit Elisabeth de la Trinité. « Cela ne l’empêchait pas, continue-t-elle, de se dépenser au-dehors lorsqu’il s’agissait d’exercer la charité (…). Jamais la vision ineffable qu’elle contemplait en elle-même ne diminuer sa charité extérieure. » Et elle se hâte dans la montagne de Judée.
Déjà, au jour de l’Annonciation, quand l’Ange entra chez elle et lui dit : « Réjouis-toi, Marie ! », l’on peut dire qu’elle se hâte aussi. Sa réponse ne fut pas traînante, elle se hâta d’entendre, de comprendre, de répondre.
Elle a d’abord parfaitement entendu l’ange, elle a été toute ouïe puisqu’elle en fut toute bouleversée. Nous ne nous laissons pas si facilement bouleversé en profondeur lorsque nous rencontrons une personne.
Elle chercha de suite à comprendre l’annonce de l’ange, elle le questionna : « Comment cela va-t-il se faire ? » Et, à la réponse de l’ange qui évoque la survenue de l’Esprit Saint et la puissance du Très-Haut, elle donne sa réponse sans tarder. Réponse que tout l’univers, tous les hommes attendaient avec impatience depuis des siècles, commente S. Bernard, mais que la Vierge ne pouvait donner plus rapidement qu’elle n’a fait. « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »
Et puis, à peine avertie par l’ange de ce que vivait sa cousine, elle se hâte vers la maison d’Elisabeth.
A cette hâte de Marie, répond aujourd’hui la hâte de Dieu. Marie à peine a-t-elle rendu le dernier souffle, est emportée par Lui en sa maison à Lui. Il ne la laisse pas attendre un instant. Et il l’emmène corps et âme, nous dit la Liturgie. Le Seigneur l’accueille toute en Lui, elle dans toute la richesse de sa personne humaine qui, par son corps, vibre aux autres personnes et à tout l’univers.
Marie, en cet instant de sa mort, passe toute à la vie. Le Seigneur Dieu la fait habiter chez lui. La voilà emportée dans l’embrassement du Père et du Fils, toute saisie qu’elle est par leur Esprit Saint, celui que, depuis toujours, elle a accueilli en elle.
Et c’est dès le premier instant de sa mort que Jésus son fils la reçoit près de lui et dépose sur sa tête la couronne de gloire. Son Fils la reçoit avec le plus grand honneur, lui qu’elle a reçu en elle à chaque instant depuis qu’il fut conçu en son sein.
En ce jour, Dieu se hâte au-devant de Marie. Il ne pouvait, avant l’heure, aller ainsi à elle : Marie aurait été incompréhensiblement enlevée à la terre, elle serait disparue à jamais pour nous tous. C’est aujourd’hui, à l’heure de la mort de Marie, que Dieu se hâte au-devant d’elle.
Il se hâte aussi à notre rencontre. Lui qui, dans le secret, nous accompagne, à tout instant, dans nos chemins de toutes sortes, même les moins reluisants, et qui nous attire vers sa force et sa lumière, lui se hâtera, le jour venu, de nous faire prendre part à la gloire de la résurrection auprès de celle qui nous a devancés et nous attend, Marie notre sœur et notre mère.

Dom Jacques

Cette entrée a été publiée dans Homélies 2012. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.