Deuxième Dimanche du Temps Ordinaire

La transmission de l’expérience spirituelle.

Dans les premiers temps après son baptême par Jean dans le Jourdain, Jésus commença sa vie publique dans les environs immédiats de Jean, et lui aussi baptisait (Jn 3,22-26).  Jésus était en train d’apprendre son métier de rabbin Juif et de maître spirituel itinérant, en se mettant à l’école de son cousin Jean qui, lui, avait commencé par vivre selon le modèle des prophètes Élie et Élisée.
Dès le début de sa vie d’homme, Jésus s’était mis à l’école de l’humanité entière.  De sa mère Marie, il apprit comment prier le Seigneur.  De son père il apprit comment travailler pour vivre.  Avec ses parents il alla à plusieurs reprises à Jérusalem pour pratiquer la Loi et rendre un culte à Dieu dans le Temple.   C’est ainsi que Saint Luc rapporte que lorsque Jésus avait douze ans, il resta dans le Temple pour apprendre des prêtres et des scribes quel était leur Dieu, quel était son Père.
Le jeune Samuel, dans la première lecture de ce jour, devait avoir également environ douze ans lorsque le Seigneur se manifesta à lui.  Il dut apprendre du prêtre Éli que c’était le Seigneur qui l’appelait.  Car, avons-nous entendu,
Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur,
et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée.
La suite du récit, que nous n’avons pas entendue, relate que le Seigneur par la bouche de Samuel, avait décidé de punir Eli pour son laxisme envers ses propres fils (1S 3,11-14).  Nous voyons ainsi que Dieu se sert des hommes tels qu’ils sont pour initier d’autres à Sa connaissance, à une expérience plus grande de sa sainteté.
Il en va de même pour Jésus, le Fils de Dieu, qui dut apprendre d’hommes et de femmes ordinaires comment prier son Père, comment célébrer le culte de Dieu.  Il en va encore de ses premiers disciples.  Alors qu’ils pensaient avoir trouvé en Jean le maître spirituel qui leur conviendrait, voilà que celui-ci leur indique, et à plusieurs reprises même, que ce Jésus, jusqu’ici inconnu de tous, est plus grand que lui !  Et voilà deux disciples de Jean s’enhardissent à suivre Jésus pour, espèrent-ils, recevoir une parole du jeune rabbi.
La relation dut marquer Jean et André, au point qu’ils se souvinrent de l’heure et du lieu de ce premier dialogue avec Jésus.  Ils décidèrent rapidement de se mettre à l’école de Jésus, et dès le lendemain André fit venir auprès de Jésus son frère Simon-Pierre.  Que devait penser Jean de cette situation ?  L’Évangéliste Saint Jean répond un peu plus loin dans son Évangile, lorsqu’il rapporte le dialogue des disciples de Jean voyant les foules préférer désormais se rendre auprès de Jésus.  Jean leur répond (Jn 3,26…30) :
Telle est ma joie, et elle est complète.
Il faut qu’il grandisse et que je diminue.
Tous, autant que nous sommes ici réunis, nous avons été marqués, interpellés par l’expérience de prière de telle ou telle personne qui nous était proche.  L’initiation à la liturgie, à la prière, ne se fait que parce que l’on a vu des témoins prier.  Tous, autant que nous sommes ici réunis, nous avons de même un rôle à jouer pour transmettre le flambeau de la prière.
Nous ne savons pas comment Dieu se sert de nous pour appeler tel ou telle à une expérience plus grande de prière et d’intimité avec Lui.  Nous n’avons pas non plus à savoir comment Dieu utilise les pauvres serviteurs que nous sommes, pour transmettre la foi à des personnes qui nous dépasseront en sainteté.  Mais croyons que Dieu nous a offert le don de la foi et l’amour de la prière, pour que nous les transmettions à notre tour.  Inutile de savoir comment la semence dans le cœur de ceux que nous côtoyons poussera.  Comme Jean le Baptiste, servons Dieu et réjouissons-nous que Dieu continue à être servi dans ses fidèles.
Que la participation à cette Eucharistie nous donne paix et joie pour affirmer notre foi dans un monde indifférent à la religion mais toujours en recherche de valeurs.  Que notre vie de prière soit une lumière qui brille et invite d’autres à suivre ce même chemin d’intimité avec Dieu.

Frère Bernard-Marie

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