Septième Dimanche de Pâques, Année A

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Act 1, 12-14; 1 P 4, 13-16; Jn 17, 1b-11a.
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Il est beaucoup question de gloire dans les lectures que nous venons d’entendre. La première lecture, tirée des Actes des Apôtres, commençait par l’évocation de l’Ascension du Seigneur. Dans la seconde lecture, un extrait de la première lettre de Pierre, l’Apôtre établissait un lien entre la gloire et les épreuves endurées par les disciples du Seigneur. Quant au passage de l’évangile de Jean, qui vient d’être lu, il revient presque à chaque ligne sur la gloire que Jésus reçoit du Père, parce qu’Il L’a glorifié dans sa vie.
Pour nous, le mot « gloire » a pourtant des significations très différentes. Aussitôt nous viennent en effet à l’esprit les images des grands de ce monde, de ceux qui ont réussi dans les domaines de la politique, des affaires, du cinéma ou de la chanson. Dans l’imaginaire collectif, la gloire est liée, aujourd’hui, aux flashes des appareils photos, aux tapis rouges, aux paillettes et aux foules qui se pressent derrière des barrières bien gardées. Et même si nous chantons avec conviction le « gloire à Dieu », il nous est difficile d’associer ce mot à la personne de Jésus.
L’ambiguïté a toujours existé. De tout temps, et sous tous les cieux, la richesse et le pouvoir se sont entourés d’un certain luxe, d’un certain apparat, pour faire sentir leur différence. De tout temps, les hommes ont cherché à éblouir, à briller au yeux de leurs contemporains. Et sans doute les apparences se font-elles plus ostentatoires, lorsque la réalité de ce qu’elles cherchent à mettre en valeur est plus fragile.
Pourtant, Jésus ne méprise pas ce désir de gloire qui habite confusément le coeur de chacun d’entre nous. Et, à sa suite, les Apôtres le reprennent à leur compte, comme Pierre dans son Epître.
Mais la gloire, que Jésus nous propose, ne se cherche pas dans le regard des autres. Elle ne se nourrit pas de l’ostentation et du mépris. Bien au contraire, la gloire que Jésus nous invite à poursuivre suppose un véritable renversement des valeurs de ce monde.
En effet, Jésus n’a pas cherché sa gloire dans le regard des hommes de son temps. Il n’a pas cherché l’approbation des pharisiens et des personnages importants de son époque. Il n’a pas cherché à plaire à ceux qui comptaient alors. Mais c’est dans le regard du Père, et seulement dans le regard de son Père, en accomplissant l’oeuvre qu’Il lui avait confiée, que Jésus a trouvé sa gloire. Et ainsi en est-il, aujourd’hui encore, pour les disciples de Jésus, pour son Eglise, pour nous.
Reconnaissons-le, grande est parfois notre tentation de confondre la gloire de ce monde avec la gloire de Dieu. Ne sommes-nous pas parfois trop sensibles à l’approbation du monde ou à ses critiques? Ne sommes- nous pas saisis, nous aussi, par les vertiges du nombre, de la puissance, de l’influence, au détriment de la justice et de la vérité? L’Apôtre Pierre nous le rappelait, dans la seconde lecture, la fidélité à l’Evangile, parfois même au péril de notre vie, vaut mieux que tous les honneurs. Car c’est elle et elle seule qui rend véritablement gloire à Dieu.
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