La règle de Saint Benoît

Chapitre 16

Comment célébrer le service de Dieu, le jour

19 février
20 juin
20 octobre
COMME DIT LE PROPHÈTE : Sept fois le jour j'ai dit ta louange.
Nous satisferons à ce nombre sacré de sept, si à Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies, nous accomplissons les obligations de notre service,
car, de ces Heures diurnes, il est dit : Sept fois le jour j'ai dit ta louange.
Des Vigiles de la nuit, le même Prophète dit : Au milieu de la nuit, je me levais pour te célébrer.
Offrons donc des louanges à notre créateur pour les jugements de sa justice à ces heures-là : à Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies, et, la nuit, levons-nous pour le célébrer.

Commentaire(s) de ce texte

1) « Offrons donc des louanges à notre Créateur pour les jugements de sa justice » (v.5). Cette dernière expression : « pour les jugements de sa justice » fait référence à la providence divine. On pourrait traduire ce verset de la façon suivante : « Offrons donc des louanges à notre Créateur pour tout ce qui nous arrive ».

2) Aimer ce qui est, se réjouir de ce qui est, rendre grâce pour ce qui advient, pour ce que nous sommes, voilà bien une oeuvre, un travail qui n'est pas facile. Nous avons tant de mal à accepter la réalité, à prendre la vie comme elle vient, à nous aimer tels que nous sommes. Nous voudrions toujours que les choses se passent autrement, ne pas être comme nous sommes.

3) Pour St Benoît, l'office divin, sept fois le jour, est donc une école où s'effectue, petit à petit, un long apprentissage de la réalité. C'est là, au contact de la Parole longuement murmurée, que nous pouvons apprendre à aimer simplement ce qui est, à nous contenter de ce que nous sommes.

4) La liturgie des heures, par son rappel continuel à la Présence de Dieu dans les plus humbles choses de la vie, nous guérit, peu à peu, de nos rêves, de nos fantasmes sur nous-mêmes. Elle nous réconcilie avec le réel, nous aide à apprivoiser tout ce bouillonnement intérieur qui nous éloigne de Dieu et de nous-mêmes. Elle nous libère, si nous y consentons.
1) Sans doute n’est-il pas indifférent que les deux citations scripturaires de ce chapitre 16 soient tirées du Psaume 118. Aux v.1 et 3 : « Sept fois le jour j’ai dit ta louange », du Ps 118, 164 et au v.4 : « au milieu de la nuit, je me levais pour te célébrer », du Ps 118, 62. Nous chantons ces deux versets le mardi et le samedi, à Tierce.

2) Mais ce qui est encore plus intéressant, c’est la seconde partie du verset, que St Benoît ne cite pas, mais qui est pratiquement identique dans ces deux versets du Ps 118. En effet, au Ps 118,62, le psalmiste dit « Au milieu de la nuit, je me lève et te rend grâce » et il continue « pour tes justes décisions » . De même au Ps 118,164 : « Sept fois chaque jour je te loue », « pour tes justes décisions ».

3) Ce petit morceau de verset, que St Benoît a mis, éclaire de façon tout à fait singulière le sens de l’office divin. La méditation de la Parole de Dieu nous aide non seulement à découvrir, à reconnaître l’action de Dieu dans notre vie, dans tout ce qui nous arrive, mais aussi à voir que cela était bon pour nous.

4) Il existe donc un lien étroit et profond entre cette méditation ensemble de la Parole de Dieu qu’est la liturgie et la reconnaissance de l’action providentielle de Dieu dans notre existence, dans la vie de la communauté, dans l’Eglise et dans l’humanité. La célébration de l’office divin c’est donc une véritable école où nous apprenons à reconnaître Dieu à l’œuvre dans nos vies, et à confesser que cela est bon pour nous.
1) Sans doute n'est-il pas indifférent que les deux citations scripturaires de ce chapitre 16 soient tirées du Psaume 118. Aux v.1 et 3 : « Sept fois le jour j'ai dit ta louange », du Ps 118, 164 et au v.4 : « au milieu de la nuit, je me levais pour te célébrer », du Ps 118, 62. Nous chantons ces deux versets le mardi et le samedi, à Tierce.

2) Mais ce qui est encore plus intéressant, c'est la seconde partie du verset, que St Benoît ne cite pas, mais qui est pratiquement identique dans ces deux versets du Ps 118. En effet, au Ps 118,62, le psalmiste dit « Au milieu de la nuit, je me lève et te rend grâce » et il continue « pour tes justes décisions » . De même au Ps 118,164 : « Sept fois chaque jour je te loue », « pour tes justes décisions ».

3) Ce petit morceau de verset, que St Benoît a mis, éclaire de façon tout à fait singulière le sens de l'office divin. La méditation de la Parole de Dieu nous aide non seulement à découvrir, à reconnaître l'action de Dieu dans notre vie, dans tout ce qui nous arrive, mais aussi à voir que cela était bon pour nous.

4) Il existe donc un lien étroit et profond entre cette méditation ensemble de la Parole de Dieu qu'est la liturgie et la reconnaissance de l'action providentielle de Dieu dans notre existence, dans la vie de la communauté, dans l'Eglise et dans l'humanité. La célébration de l'office divin c'est donc une véritable école où nous apprenons à reconnaître Dieu à l'oeuvre dans nos vies, et à confesser que cela est bon pour nous.