Septembre 2021

Mercredi 1 : Au vu du contexte sanitaire dans lequel nous vivons depuis quelque temps déjà, il n’est pas trop de dire que l’hôtellerie tourne à plein régime. De fait, 16 PSP entendez –Petites Sœurs des Pauvres- y sont en retraite pour un peu plus de 10 jours. Retraite prêchée ni plus ni moins que par le Père Podvin en personne. On peut supposer que Saint François de Sales y aura droit de citer.

Vendredi 3 : F Michel s’en va conduire F Marc-André chez nos sœurs d’Igny pour qu’il leur prêche « la Bonne Parole » comme aumônier pendant quelques mois.

Dimanche 5 : Nous continuons notre culture religieuse et générale par le biais de vidéos. Au programme de ce soir, une émission littéraire « l’esprit et les lettres » animée par…..Jean Marie Guénois avec des auteurs comme Christiane Rancé, Charles Wright, Jacqueline Kelen. Cà aide !!!!!!!!!!!!

Lundi 6 : L’entreprise CRBS monte « un petit échafaudage » haut d’environ 35 m « seulement » en vue de rejointoyer la façade de l’église et tant qu’on y est de changer la croix du clocher.

Mardi 7 : C’est bien connu : il faut saisir la grâce quand elle passe. Aussi, le Père Podvin nous adresse-t-il la parole pour redire l’amitié que voue le diocèse à la communauté, notant au passage la fragilité des uns et des autres ; c’est ce qui fait notre espérance. Triste réalité, échec à tous les niveaux quant à l’Afghanistan. S’appuyant sur un certain Le Cléziou, Père Podvin montre que certains catholiques expriment de la rancœur face au gouvernement quant au passe-sanitaire. Enfin, il note que les « Tradis » demandent un médiateur pour ce qui est du Muto proprio concernant la célébration de la messe en rite extraordinaire. Ce qui est quelque chose de douloureux pour l’unité de l’Eglise

Mercredi 8 : Après consultation de la communauté, Père Bernard-Marie a nommé F Jean-Pierre comme prieur, F Gilles sera quant à lui sous-prieur, charge qu’il cumulera avec celle de la présidence de la SAS. Le conseil sera complété par F Michel et F Louis-Marie. F Jean-Pierre et F Gilles travailleront ensemble côté hôtellerie car F Louis-Marie sera opéré dans quelques jours et sera donc indisponible pendant quelque temps. Fr Oswaldo lui, deviendra président du travail lorsqu’il reviendra dans quelques semaines. Frère Marc-André, lui, deviendra Père-Maître à son retour.

Lundi 13 : Tel Jacob qui boitait de la hanche après son combat avec Dieu, ainsi en allait-il pour notre frère Louis-Marie depuis tout un temps mais pour une toute autre raison plus « terre à terre ». Cependant nous pensions qu’il aurait pu échapper à l’opération. Hélas, non. Aussi, rentre-t-il à l’hôpital d’Armentières pour se faire opérer de ladite hanche dès le lendemain. Après quoi, il ira à Clair-Séjour à Bailleul pour la rééducation.

Mardi 14 : A l’occasion du jubilé d’ordination des prêtres du diocèse, Mgr Defois passe quelques jours de retraite parmi nous. Il a quitté le diocèse depuis 2008 pour retrouver son Anjou natale et a profité de ce temps pour voyager à travers l’Europe à la découverte de la réalité ecclésiale des divers pays visités. Pour lui, l’Eglise est victime de l’individualisme libéral. Il faut se recentrer sur l’annonce de Jésus-Christ. Il note aussi que nous manquons de joie et que l’Église doit être un espace d’alliance entre Dieu et l’homme. Il prêche plusieurs retraites par an et donne des conférences autour du concile Vatican II dont on a complètement oublié le message central : la doctrine de la foi.  Lundi soir, au Magasin, il a présenté son dernier livre : La laïcité, une religion nationale ?  Il a plus particulièrement mis en lumière le parcours parlementaire de l’Abbé Lemire et son implication dans le débat sur la laïcité.

Jeudi 16 : Père Bernard-Marie s’en va rendre visite et se présenter à Mgr Ulrich

Vendredi 17 : C’est à vrai marathon que se livre notre nouveau supérieur. De fait, en l’espace de 48 heures, Père Bernard-Marie s’en va à Acey pour la bénédiction abbatiale de leur nouvel abbé Dom Godefroy. Retour au bercail dès le lendemain après un détour à Cîteaux pour rencontrer frère Oswaldo dont le retour au bercail est fixé au 6 octobre. Qui dit mieux !!!!!

Samedi 18 : Une première à l’abbaye puisque « Fête des familles » de nos salariés dont le but est de faire découvrir à leurs proches leur lieu de travail et leurs collègues. Initiative due à Monsieur d’Halluin. Et il y avait du monde et même du beau monde.

Dimanche 19 : Ce soir « objectif lune »  non pas avec Tintin,  mais par le biais  de la télévision. En 2015, France 5 a consacré toute une émission sur la lune pour montrer son influence sur la vie……des terriens. Étant pratiquement dans la lune tous les jours, cela ne va trop nous dépayser.


Lus au réfectoire : Le Chemin des Estives : Nous partons à la découverte du Massif Central en compagnie de Charles Wright qui « un jour, en a eu marre de cette frénésie et il est parti. Certains vont chercher le bonheur en Alaska ou en Sibérie, lui est un aventurier de la France cantonale : il lorgne du côté d’Aubusson, du puy Mary et du plateau de Millevaches… » jusqu’à l’abbaye Notre Dame des Neiges.

Vie de Jean-Paul Ier offerte par l’auteur lui-même, Christophe Henning.

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Vingt-sixième Dimanche du T.O.

L’Esprit nous conduit sur notre route d’homme.

Tout au long de l’Histoire Sainte, Dieu intervint en donnant son Esprit à ses serviteurs.  Moïse reçut la plénitude des dons de l’Esprit pour guider le Peuple vers la Terre Promise.  Il reçut l’Esprit dès la rencontre avec le Seigneur dans le Buisson Ardent, tout au début du Livre de l’Exode (Ex 3,10-20).  Étant donné que le peuple était nombreux, nous avons entendu dans la première lecture comment l’esprit qui reposait sur Moïse fut donné aux 70 anciens, mais cela ne dura pas, nous dit encore le Livre des Nombres. 

Après Moïse, après Josué, Dieu envoya des juges, puis des prophètes, pour guider le Peuple et approfondir la relation initiée au Buisson ardent.  Mais le Peuple qui était « dans le monde » ou « du monde », eut bien du mal à vivre des enseignements et des Lois que le Seigneur leur donnait. 

Il est tellement plus facile d’aimer ceux qui nous aiment et de négliger ceux qui nous doivent.  C’est ce que Saint Jacques rappelle dans la seconde lecture.  Les riches, selon lui, font bombance aux dépens des pauvres, et négligent d’honorer envers eux leurs engagements.  Dieu ne laissera pas impuni…  Tout au long de sa lettre, Jacques insiste sur le respect des personnes et le rappel qu’il ne faut pas juger selon les apparences, selon de faux critères.  Ainsi avons-nous entendu il y a quelques semaines la critique de Jacques :
Imaginons que, dans votre assemblée, arrivent en même temps un homme au vêtement rutilant, portant une bague en or, et un pauvre au vêtement sale. (Jc 2,2)

Notre Père Saint Benoît nous rappelle la même chose dans sa Règle, lorsqu’il affirme avec quelque ironie :
C’est surtout en recevant des pauvres et des pèlerins qu’on montrera un soin particulier, car, en eux plus qu’en d’autres, c’est le Christ qu’on reçoit.  Pour les riches, en effet, la peur qu’ils inspirent porte d’elle-même à les honorer.  (RB 53,15)


Si l’Église nous propose une lecture continue de l’Évangile de Marc en cette année B, seuls les premiers versets font le lien avec le texte du Livre des Nombres que nous avons entendu en première lecture.  Les versets suivants cadrent bien avec ce petit texte de la Règle de Saint Benoît, lorsque Jésus invite ses disciples à donner
ne fût-ce qu’un verre d’eau à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple :
amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense. (Mc 9,41 – autre traduction)

Jésus ensuite nous invite à couper tout ce qui peut nous nuire.  S’il utilise les images des amputations, il ne faut pas les prendre cela à la lettre, mais de manière imagée.  Pour décrire une amitié forte entre deux personnes, ne parle-t-on pas de « fusion », ou ne dit-on pas qu’ils sont « un cœur et une âme », ou que telle personne est comme « un autre moi-même » ? 

Nous pouvons imaginer d’autres « passions » qui prennent trop d’ampleur dans nos vies.  Combien de servitudes, d’asservissements, d’esclavages, que ce soit dans la lecture, le jeu, la boisson… qui nous détournent de Dieu.  Saint Paul aussi affirme :
Au plus profond de moi-même, je prends plaisir à la loi de Dieu.
Mais, dans les membres de mon corps, je découvre une autre loi,
qui combat contre la loi que suit ma raison.  (Rm 7,22-23)

Comment faire pour avancer ?  Parfois il faut agir avec force, pour vaincre nos penchants vers le mal et nous tourner résolument vers le Bien.  Seul nous ne pouvons pas y arriver.  Mais l’Esprit Saint que nous avons reçu à notre baptême, nous éclaire sur ce qu’il y a lieu de faire.  Il nous indiquera également comment vivre selon la Loi de Dieu, et comment couper, arracher, ce qui nous éloigne de son Amour.

En cette eucharistie, demandons à Jésus de venir à notre aide et de nous éclairer sur ce qui est bon pour nous et ce qu’Il souhaite que nous retranchions de nos comportements, de nos relations.  Nous avancerons alors plus joyeusement et plus librement sur notre chemin terrestre pour participer un jour au festin dans son Royaume.  C’est ce que nous avons demandé à Dieu dans la prière d’ouverture de cette célébration :
Sans te lasser, accorde-nous ta grâce :
En nous hâtant vers les bien que tu promets ; 
nous parviendrons au bonheur du ciel.
Amen.

Père Bernard-Marie

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Nomination Supérieur

Dom Marc-André Di Pea, Abbé de l’Abbaye Sainte-Marie-du-Mont (Mont des Cats, archidiocèse de Lille, France) depuis 2016, ayant atteint l’âge mentionné, a présenté sa démission à l’Abbé Général, qui l’a acceptée et elle est devenue effective le 3o août 2021.

Le même jour, Dom Ginepro Riva, Abbé de Tamié (France) et Père Immédiat de l’Abbaye Sainte-Marie-du-Mont, a nommé le Père Bernard-Marie van Caloen Supérieur ad nutum de l’Abbaye Sainte-Marie-du-Mont.

Dom Bernard-Marie est né en 1953 à Loppem (Belgique). Il est entré à l’Abbaye Sainte-Marie-du-Mont en 1978, a fait profession solennelle en 1986 et a été ordonné prêtre en 2000. Au moment de sa nomination, il était Prieur de la communauté et Maître des Novices.

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Août 2021

Lundi 2 : Avant de « rendre son tablier » à la fin du mois, Père Abbé s’en va rendre visite à notre frère Oswaldo à Cîteaux. Il fera « un petit crochet » par Tamié pour rencontrer frère Vincent. Retour samedi 7 avec de bonnes nouvelles de l’un comme de l’autre.

Ce même jour, Père Podvin vient exercer son ministère de confesseur extraordinaire de la communauté pour ceux qui le souhaitent. Et comme à l’accoutumée, il commente ce qui fait l’actualité du moment. Encore et toujours Corona avec comme conséquence principale une montée de la violence intrafamiliale. La gendarmerie a recensé 400 000 cas par an. 120 femmes et 23 hommes en sont décédés en 2020. Mgr Podvin revient ensuite sur l’assassinat du Père Hamel en montrant qu’il s’agissait bel et bien d’un acte prémédité depuis la Syrie. Les avis divergent quant au Motu Proprio concernant la célébration en rite extraordinaire. Cela provoque pas mal de tensions. Il note enfin qu’il y a quelque chose d’irrationnel chez ceux qui prônent la non-vaccination COVID, alors que d’autres pays ne peuvent même pas vacciner. Encore et toujours de quoi prier comme on peut le constater.

Frère Gilles s’en va à l’hôpital y subir une opération du pied maintes fois reportée à cause essentiellement de Corona. Il reviendra le 7 et sera en fauteuil pendant un bon bout de temps.

Dimanche 8 : Pour faire pendant au livre du réfectoire, nous regardons « La clé des champs » ou l’histoire d’une mare abandonnée. Deux enfants solitaires tombent sous le charme de ce lieu sauvage qui les rapproche peu à peu l’un de l’autre et les aide à apprivoiser la vie. À travers leur regard, leur imaginaire, la mare devient un royaume secret à la fois merveilleux et inquiétant, peuplé de créatures de rêve ou de cauchemar. Une expérience initiatique, brève et intense, dont ils sortiront transformés…….et nous aussi peut-être.

Lundi 16 : Dom Bernardus de Tilburg accompagné de Frère Isaac son Prieur viennent saluer leur Père Immédiat avant son départ sous d’autres cieux. Après Daniel et Florin, nous accueillons deux autres séminaristes Roumains, Petre et Raresh, jusque fin septembre.

Vendredi 20 : En cette fête de notre Père Saint Bernard, nous partons en excursion……à Gode visiter deux expositions : l’une consacrée « au bureau des douanes » et l’autre à Nicolas Ruyssen, le fondateur de notre abbaye en 1826. Jean-François Berghe, ami du monastère, qui nous servit de guide.

C’est notre ami Benoit Lobet qui serait heureux d’être avec nous ce soir car nous regardons « Marie Noël, entre le monde et Dieu ».  Ce film magnifique nous conte la vie hors du commun d’une fausse bigote à l’allure de redoutable « grenouille de bénitier », dont Montherlant a pu dire qu’elle était le plus grand poète français ce que confirmerait Benoit Lobet.

Vendredi 27 : Dom Ginepro devait rester quelques jours parmi nous. Mais le décès inopiné de Frère Maurice le contraint à écourter son séjour. Aussi repart il dès ce lundi au lieu de mercredi. Ce qui ne l’empêche pas de remplir sa fonction de Père Immédiat en nommant Frère Bernard-Marie supérieur ad nutum de la communauté.

Dimanche 29 et Lundi 30 : Pour la fête de la Dédicace de notre église, nous regardons une émission, toujours tirée de « la foi prise au mot » animée par Régis Burnet, sur l’immense Saint Augustin ou « Saint Augustin, le berbère ».

Mardi 31 : Nous faisons d’une pierre deux coups. De fait, c’est autour d’un repas festif que nous remercions Père Marc-André de son dévouement au service de la communauté pendant ces quelques années qu’il a passées comme pasteur « des âmes à lui confiées ». Et cela nous donne l’occasion de souhaiter bonne chance à notre nouveau supérieur.

Lectures au réfectoire :

Quitter la (grande) ville. Il y a vingt ans, Sophie Coignard et Michel Floquet ont décidé d’aller vivre à la campagne avec leurs enfants tout en continuant de travailler à Paris. Cette décision, difficilement avouable à l’époque, est aujourd’hui celle de milliers d’exilés du Covid qui n’ont plus besoin de se cacher. Comme les auteurs de ce livre, ils aspirent à une autre vie, dépourvue d’embouteillages, de loyers délirants, de rats trottinant dans les espaces verts. Un récit drôle et profondément optimiste.

Carlo Acutis, un Geek au Paradis. Plus qu’une biographie, cet ouvrage du Père Will Conquer est un vrai guide pour se laisser toucher et édifier par une vie qui n’est pas si différente de la nôtre. Geek ou pas geek, il est clair que l’aspiration à la sainteté de Carlo Acutis risque d’être contagieuse auprès de la jeunesse et même bien au-delà et pourquoi pas……. auprès des moines du Mont des Cats.

Photo de la communauté en ce mardi 31 août.
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Solennité de Saint Bernard

Qu’il me baise d’un baiser de sa bouche

Lorsque Saint Bernard commence ses sermons sur le Cantique des Cantiques, il expliquer d’abord à ses moines le sens du titre de ce Livre Saint. 

Il n’est pas indifférent – nous dit Saint Bernard – que le titre soit « Cantique des Cantiques ».  J’ai lu bien des cantiques dans l’Écriture… Déborah, Judith, la mère de Samuel, des prophètes ont chanté, inspiré par un bienfait reçu, une victoire remportée, louant Dieu et le remerciant.  Mais le roi Salomon, sage entre les sages, parvenu au faîte de la gloire et de l’opulence, régnant en paix, n’a manqué de rien : aucun désir comblé n’a pu l’inciter au cantique de gratitude… (S.Ct 1,7)

Salomon, dans le Cantique des Cantiques, chante la gloire de Dieu pour sa gloire, gratuitement.  Il n’a rien à demander, il n’a pas spécialement à rendre grâce pour tel ou tel don reçu.  Non, simplement, il chante la louange de Dieu parce que Dieu est Dieu et que l’homme est l’homme.  Pour les moines, que ce soit du temps de Saint Bernard ou de tous les temps, donc pour nous aujourd’hui, nous sommes invités à chanter la louange de Dieu parce qu’Il est Dieu, et non en action de grâces pour tel ou tel bienfait reçu. 

Saint Bernard commente longuement le premier verset du Cantique : Qu’il me baise d’un baiser de sa bouche.  Phrase énigmatique s’il en est.  Qui parle, à qui parle-t-il, de qui parle-t-il ?  Saint Bernard répond :

Seul celui qui a reçu de la bouche du Christ, ne fût-ce qu’une fois, le baiser spirituel, peut désirer vraiment ce qu’il connaît d’expérience et en souhaiter le renouvellement.  Je suis convaincu qu’on ne sait de quoi il s’agit si on n’y a déjà goûté.  Car c’est une manne très secrète, et pour en être affamé, il faut la connaître.   (S.Ct 3,1)

C’est donc le moine qui parle, qui parle à d’autres moines, qui parle du Christ.  Il s’agit de la relation, dans la prière, la contemplation, l’adoration… Il s’agit de la relation entre l’homme et Dieu, entre l’homme et l’Homme-Dieu Jésus-Christ.  La relation amoureuse de Jésus qui nous invite à l’aimer comme Il nous aime.  C’est l’expérience spirituelle à laquelle Saint Bernard invite ses moines, à la suite de l’auteur du Livre du Cantique.  Nous n’y avons pas nécessairement tous part durant notre vie terrestre, notre vie de prière, notre vie monastique.  Mais tous nous y aurons part lorsque Dieu nous rappellera auprès de Lui dans son Royaume. 

Telle est la « spiritualité cistercienne » à laquelle Saint Bernard nous invite.  Il n’est pas le premier, pas le seul, et nombre d’auteurs cisterciens après lui ont à leur tour essayé de partager quelque chose de leur propre expérience.   Cette expérience que l’un ou l’autre moine peut recevoir de Dieu, il ne la reçoit pas pour lui-même, pour lui tout seul.  Nous sommes tous solidaires, membres de l’unique Église du Christ.  Les grâces reçues par l’un profitent à tous les autres.  C’est pourquoi Saint Bernard, toujours dans les premiers sermons sur le Cantique, affirme :
Il (Salomon) a donc obéi à une inspiration toute divine, chantant les louanges du Christ et de l’Église, les douceurs de leur saint amour, le sacrement de leur mariage éternel…    (S.Ct 1,8)

Salomon aurait eu du mal à reconnaître son inspiration divine, chantant les louanges du Christ et de l’Église.  Mais Bernard peut, avec toute la Tradition, affirmer que les textes de l’Ancien Testament sont prémonitoires de la venue en notre monde de Jésus-Christ et de la fondation par Lui de son Église.  La lecture du Cantique des Cantiques n’est donc pas seulement le chant d’amour de l’homme envers une femme, de l’homme envers son Dieu, du moine envers son Dieu…  Mais également, et peut-être surtout, le chant d’amour de l’Église envers le Seigneur Jésus-Christ. 

Cela donne une autre densité à l’extrait du Cantique que nous avons entendu en première lecture :
Que mon nom soit gravé dans ton cœur, qu’il soit marqué sur ton bras.
Car l’amour est fort comme la mort, la passion est implacable comme l’abîme.
Ses flammes sont des flammes brûlantes, c’est un feu divin !

En cette fête de Saint Bernard nous pouvons nous souhaiter de recevoir de Dieu la grâce de cette intimité amoureuse avec Jésus.  Que la participation à l’eucharistie de fête ouvre notre cœur à ce plus grand amour.  En prélude à la grande rencontre au ciel où l’amour de Dieu sera tout en tous.  Alors, oui, nous pourrons vraiment vivre cette parole du Cantique :

Qu’il me baise d’un baiser de sa bouche. 
Amen.

Frère Bernard-Marie

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