Dix-neuvième Dimanche du Temps

La foi, l’espérance et la charité.

Alors que beaucoup de gens profitent des vacances pour se refaire une santé ou se faire de nouveaux amis, la liturgie de ce dimanche nous invite à une réflexion plus existentielle.  C’est ainsi que l’extrait de l’Epître aux Hébreux que nous venons d’entendre commence par ces mots :
la foi est une façon de posséder ce que l’on espère,
un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas.
Comment cela peut-il se faire ?  Posséder ce qu’on espère, connaître ce qu’on ne voit pas ?  La foi, l’espérance et la charité sont les trois vertus théologales qui doivent guider les chrétiens dans leurs relations avec Dieu, avec les hommes, avec soi-même.  Mais pour que ces vertus soient actives, encore faut-il les rendre vivantes, les animer, les nourrir.  L’auteur de l’épître continue en rappelant comment les patriarches de l’Ancien Testament ont découvert progressivement le Dieu qui se révélait à eux.  Abraham vénérait les dieux d’Ur en Chaldée avant d’être appelé par le Seigneur à quitter son pays pour s’installer en terre d’Israël.  Le Seigneur lui apparut à plusieurs reprises, selon ce que nous rapporte le Livre de la Genèse.  Il en fut de même pour Isaac et Jacob, les héritiers de la Promesse.  Ensuite, tout au long de l’Histoire du Peuple d’Israël, la connaissance du Seigneur s’enrichit des enseignements de Dieu et des actions des hommes.  C’est ce qu’affirme l’auteur de l’épître aux Hébreux dès les premiers versets :
À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé,
a parlé à nos pères par les prophètes ;
mais à la fin, en ces jours où nous sommes,
il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses
et par qui il a créé les mondes. (Hb 1,1-2)
Les derniers jours, ce sont ceux en lesquels nous sommes !  C’est à nous aussi que Jésus adresse les paroles que nous venons d’entendre :
Sois sans crainte, petit troupeau :
votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.
Le Royaume dont il est question n’est pas un royaume terrestre, un bonheur temporaire pour le temps que nous passons sur terre.  Comme le rappelle l’épître aux Hébreux, les patriarches qui ont suivi l’appel de Dieu auraient pu retourner en leur pays d’origine.  Mais par leur comportement, par leur foi, ils
affirmaient que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs.
Nous de même, prenons au sérieux l’appel de Jésus à ses disciples :
Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas,
un trésor inépuisable dans les cieux,
là où le voleur n’approche pas, où la mite ne détruit pas.
Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.
Ne cherchons pas d’abord à accumuler des richesses, du savoir, des relations.  Comme nous l’enseigne Jésus, et toute la Bible d’ailleurs, l’essentiel est d’approfondir notre connaissance de Dieu, notre amour de Dieu, la relation que nous pouvons avoir avec Dieu.  Dieu est notre Père, nous enseigne encore Jésus, Il veut notre bonheur, Il nous accompagne sur nos routes humaines.
Mais encore faut-il que nous soyons à l’écoute de ce qu’Il veut nous dire, que nous soyons attentifs à sa Volonté sur nous.
Alors que la vie économique tourne au ralenti et que beaucoup sont en vacances, demandons au Seigneur de profiter de ce temps favorable :

  • Par la lecture spirituelle, d’augmenter en nous la foi
  • Par la prière personnelle, d’augmenter en nous l’espérance de voir un jour Dieu face à face
  • Par la participation à l’Eucharistie, repas de communion, d’augmenter en nous la charité envers tous ceux que nous rencontrons, nos familles, nos proches, tous ceux que nous croisons.

C’est ce que nous avons demandé tout-à-l’heure dans la prière d’ouverture de cette eucharistie :
Fais grandir en nos cœurs, Père, l’esprit filial, afin que nous soyons capables d’entrer un jour dans l’héritage qui nous est promis.

Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.

Frère Bernard-Marie

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Juillet

VENDREDI 1er : Nos amis roumains Gabriel et Petru sont fidèles à leur séjour d’été au monastère. Il semblerait que Petru ait encore grandi, et Gabriel en fidélité sûrement ; n’en est-il pas à sa douzième année de présence ? Demain samedi, Philippe Duc sera lui aussi de retour.
LUNDI 4 : Fr. Gilles apprend le décès de sa maman, que nous recommandons, ainsi que lui-même, à votre prière. Il devra s’absenter toute la semaine pour régler les funérailles  ainsi que les nombreuses questions laissées en suspens.
MARDI 5 : Père Marc-André et frère Pierre-André montent à Paris  pour inscrire ce dernier à la Catho.  Ils en reviendront le soir même avec le Père Alain Thomasset, jésuite du Centre Sèvres.  Celui-ci, sur deux jours de temps,  nous donnera quatre causeries très substantielles sur le thème : De Lumen Gentium à Amoris Laetitia.
VENDREDI 8 : Fr. Bruno part 4 jours en famille.
SAMEDI 9 : Fr. Pierre-André nous partage quelques échos de son semestre de formation-des-formateurs au Centre Sèvres.  Entre autres, cette information étonnante et précieuse à retenir : que Paris, en dépit de la menace des attentats, est une ville calme et tranquille ! Rien à voir avec Tana, où il serait dangereux de sortir seul une fois la nuit tombée…
MARDI 12 : Frères Vincent, Pierre-André et Jessé se rendent à Lérins  pour une session de spiritualité cistercienne donnée par Dom Vladimir, abbé de Lérins et Dom Pierre-André, abbé du Désert. Ce même jour, les anciens abbés Korneel de Tilbourg, Yvo de Westmalle et Rinus d’Oosterhout, font une visite d’amitié à Père Bruno, lui aussi abbé émérite (de Mariawald).  Cela nous donnera l’occasion de les entendre à l’heure du chapitre.
MERCREDI 13 : Fr. Jean-Claude, infirmier de St Benoît-sur-Loire, vient se reposer une semaine près de notre propre infirmier F.Gilles.
VENDREDI 15 : Mr Gilles Panteix nous partage sur deux heures de temps les réflexions et suggestions que lui ont inspirées nos réponses au long questionnaire qu’il nous avait précédemment laissé sur la vie communautaire.  Interdépendance chaleureuse entre nous résumerait assez bien.  Cela n’est pas sans rejoindre les chapitres  de Père Marc-André, nous répercutant un article de Elena Lasida avec les réflexions de Mère Dominique de Soleilmont durant la Conférence régionale Nord-Europe.  Le thème en est la fragilité croissante de nos communautés monastiques aujourd’hui : une fragilité qui ouvre sur la nouveauté et encourage à la  joie de poursuivre ensemble un même but.
MERCREDI 20 : Mr Yann de Pontbriand nous a fait passer à son tour une très riche après-midi sur les conditions nécessaires à la maintenance de la bonne santé de nos activités lucratives.  Père Daniel, notre cellérier, confirmera cela samedi en nous rapportant le détail des profits et  pertes de ces activités durant l’année 2015.
DIMANCHE 24 : Nous visionnons la 4ième et dernière séquence du film Le Pianiste.  Ce film se déroule tout entier dans le cadre affreux de l’histoire du ghetto juif de Varsovie (1941-1944), auquel cette ultime séquence apporte enfin un dénouement heureux rendant à l’Allemagne sa dignité perdue.
MARDI 26 : Mr de Lauriston, qui gère une grande partie des activités lucratives de la maison, entre à l’hôpital d’Amiens pour un décollement de la rétine.
Ce même soir P. Marc-André prend l’avion pour rejoindre la petite communauté N.D. de l’Harmonie aux Seychelles. Il s’agit d’y commencer la visite régulière de Maromby dont ces frères sont membres envoyés en pré-fondation.
MERCREDI 27 : Fr3 Nord-Picardie est passée interwiever à l’hôtellerie une religieuse retraitante qui connaissait bien le Père Hamel, curé de St Étienne du Rouvray victime hier d’un attentat, ainsi que les sœurs présentes dans l’église.
Aujourd’hui également Fr. Laurent gagne Maredsous pour y suivre une session sur le chapitre 36 de la Règle consacré par St Benoît au soin des malades.
SAMEDI 30 : Avant de partir aux Seychelles, Père Marc-André avait programmé, dans le droit fil du film Le Pianiste, un DVD du Père Michel Farin mettant cette fois en scène une toute jeune résistante, Maïta.  Pianiste elle aussi, arrêtée par les Allemands elle fut envoyée en 1943 dans un camp où elle fut torturée par un médecin nazi. Quarante ans plus tard celui-ci, se voyant  mourir,  chercha à la retrouver.  Cela aboutit  pour tous deux à une rencontre absolument inoubliable. Toute l’interview est fort bien mise en valeur par le Père Farin sous le titre : Résistance et pardon.

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Solennité de Saint Benoît

Saint Benoît combat le mal et aime le Bien.

Lorsque Saint Benoît se rendit au Mont Cassin, il avait déjà toute une expérience spirituelle et monastique derrière lui.  Installé d’abord comme ermite à Subiaco, Benoît avait eu amplement le temps de faire la connaissance du Malin, en reprenant la dénomination que Jésus utilisait.  Une des spécificités des ermites en effet, et cela depuis la fondation de la vie monastique, est de se retirer dans le désert pour affronter le démon sur son territoire.
Rappelons-nous les premiers moines qui s’installèrent dans les déserts d’Égypte.  La paix de Constantin en 325 avait interrompu les persécutions contre les Juifs et les chrétiens.  La religion était devenue religion d’état.  Jusqu’à cette date, suivre le Christ de manière radicale consistait à accepter d’être condamné à mort à cause de sa foi.  Les chrétiens ne pouvant plus donner leur vie de manière violente, décidèrent de donner leur vie dans la solitude, en un lieu où il leur était loisible de se mesurer dans le combat singulier contre le démon.
Lorsque Saint Benoît se rendit au Mont Cassin, c’était à l’invitation de l’évêque du lieu et pour combattre le diable.  Au sommet du mont il y avait deux temples païens et Benoît s’empressa de les détruire.  À la place du premier, il construisit un oratoire en l’honneur de Saint Jean Baptiste, à la place du second un oratoire en l’honneur de Saint Martin de Tours.  C’est ce que nous rapporte Saint Grégoire le Grand (Vie de Saint Benoît, VIII,10).  La tradition de détruire les temples et les statues des dieux païens a déjà commencé du temps de Saint Paul. Rappelons-nous ce que Paul disait concernant les viandes immolées aux idoles (1Co8,4b-6) :
Bien qu’il y ait en effet, au ciel et sur la terre, ce qu’on appelle des dieux
– et il y a une quantité de « dieux » et de « seigneurs » –,
pour nous, au contraire, il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui tout vient et vers qui nous allons ; et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui tout vient et par qui nous vivons.
Pour montrer la suprématie de la foi en Jésus-Christ, les missionnaires, qu’ils soient moines, prêtres ou évêques, durant les premiers siècles de notre ère, ont souvent abattu les temples, les statues, les arbres sacrés.  Les dieux païens ne répondant pas, preuve que notre Dieu est le seul Dieu.  Ils pouvaient conclure, avec Saint Paul, que le culte des idoles est un culte aux démons, et que Jésus est vainqueur des puissances du mal… Saint Benoît réitérait l’action que mena Saint Martin de Tours lorsqu’il évangélisa les contrées dont il avait la charge pastorale.
Lorsque Saint Benoît se rendit au Mont Cassin, fort de son expérience spirituelle et monastique, il mit la dernière main à ce qu’il appela lui-même « cette petite Règle pour débutants ».  Par rapport aux ermites il précise :
Longuement aguerris au monastère, ils ont appris à combattre contre le diable.
Alors, bien entraînés, ils passent des rangs de leurs frères au combat singulier du désert ;
fermes désormais sans le secours d’autrui, ils sont en mesure, avec l’aide de Dieu,
de combattre seuls, de leur propre force, les vices de la chair et des pensées.
Pour Benoît la norme de la vie monastique est la vie cénobitique d’une communauté vivant « sous une règle et un abbé ».
Lorsque Saint Benoît se rendit au Mont Cassin, il ne pouvait se douter que sa petite Règle serait encore le texte normatif des moines 15 siècles plus tard.  Aujourd’hui la vie érémitique est assez peu pratiquée dans le monde bénédictin.  Aujourd’hui nous ne justifions plus la vie érémitique comme une vie d’identification avec Jésus qui, « conduit au désert, fut tenté par Satan » (Mt 4,1).  La vie de la société tel que nous la connaissons n’est pas moins, n’est pas davantage, un monde où s’affrontent le bien et le mal qu’elle ne le fut du temps de Saint Benoît.  Mais aujourd’hui d’autres expressions de la Règle nous interpellent davantage que le combat cosmique entre le bien et le mal.
L’équilibre entre travail – prière – lectio divina est aujourd’hui davantage mis en avant.
De même que la vie fraternelle d’une communauté « sous une Règle et un abbé ».
Le cadre de la vie monastique que nous propose Saint Benoît est favorable à l’éclosion d’une vraie intimité du moine avec Dieu.  C’est ce que Benoît appelle en cette phrase-choc :
Ne rien préférer à l’amour du Christ.
Lorsque Saint Benoît était au Mont Cassin, vers la fin de sa vie, il eut la vision du monde entier, comme rassemblé sous un seul rayon de soleil.  Saint Grégoire dans ses Dialogues, explique ce prodige réservé aux grands saints :
Pour l’âme qui voit le Créateur, toute créature paraît bien exiguë. En effet bien que cette âme n’ait contemplé qu’un faible rayonnement de la lumière du Créateur, tout le créé se réduit pour elle à de petites proportions, car par la lumière elle-même de cette vision intime, le sein de son esprit s’élargit et son cœur grandit tellement en Dieu qu’il se tient élevé au-dessus du monde.  (Vie de Saint Benoît, XXXV,4-6)
C’est à cela que nous aspirons tous, moines et non-moines… Mais pour nous, c’est en espérance, et nous le découvrirons au terme de notre vie terrestre, lorsque nous verrons Dieu face à face pour l’éternité.  Demandons au Seigneur, par l’intercession de Saint Benoît, de toujours mieux conformer notre vie à notre vocation et à trouver dans cette Eucharistie la grâce de la persévérance afin de pouvoir nous aussi toujours davantage,
ne rien préférer à l’amour du Christ.

Frère Bernard-Marie

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Juin

SAMEDI 4 : P. Marc-André et F. Bertin, audomarois d’origine, se rendent à la bénédiction du nouvel abbé bénédictin de Wisques, Dom Philippe GERMAIN de MONTAUZAN, à la cathédrale de Saint-Omer.
DIMANCHE 5 : F. Jean-Pierre part s’associer à la joie de nos Sœurs de Laval qui fêtent  le second centenaire de leur fondation ; il nous reviendra mardi et nous donnera un compte-rendu circonstancié de ce bicentenaire préparé de longue main par nos sœurs. De notre côté, comme pour mieux nous y unir, nous visionnons une émission d’une heure réalisée par une journaliste venue s’enfermer une semaine avec son cameraman dans cette communauté pleine de vie qui compte 42 moniales.
MARDI 7 : F. Gilles descend jusqu’en Provence préparer la réunion des infirmiers monastiques de France, dont il est le secrétaire et qui se tiendra cette année au monastère du Barroux. Il nous en reviendra jeudi soir.
MERCREDI 8 : Le beau temps et le bon chaud enfin revenus annoncent les grandes vacances ; du moins pour F. Pierre-André qui voit se terminer l’année de formation-des-formateurs, organisée par les jésuites du Chatelard puis  du Centre Sèvres. Une  seconde année le verra mi-septembre à la Catho de Paris pour des études essentiellement bibliques.
VENDREDI 10 : Dans l’après-midi nous arrive pour un trop bref week-end – grâce à Dieu rallongé d’un jour par les grèves de la SNCF – frère Germain de Koutaba, aujourd’hui sous-prieur de son monastère camerounais après avoir été, plusieurs années durant, étudiant au Mont des Cats puis à Strasbourg en droit canonique. Il nous partage un peu de la vie de sa communauté, qui compte environ 25 frères et a bien besoin de notre communion dans la prière.
DIMANCHE 12 : Nous regardons la 1ère partie d’un  petit film de 90’ sur le Cardinal Lustiger : Le métis de Dieu, qui nous apprend de manière vivante et enlevée les difficultés que lui a suscitées sa judaïcité, autant pour lui-même que pour les Juifs de France, voire certains membres de l’Église. Nous terminerons cette projection dimanche prochain, en grande partie avec l’affaire du carmel d’Auschwitz. Les deux acteurs incarnant le Cardinal et le Pape Jean-Paul II ont un jeu excellent et leur sont par ailleurs bien ressemblants.
MARDI 14 : Au chapitre du soir nous écoutons Sr Marie-Bernard de Klaarland, de passage à l’hôtellerie, nous donner quelques nouvelles de sa communauté et y prendre d’autant plus de plaisir que Klaarland est en croissance numérique.
MERCREDI 15 : Le Père Bruno Cazin, depuis 9 mois vicaire général du diocèse, est venu nous présenter sa nouvelle charge. Elle n’a rien d’une sinécure, mais ni la diminution continue du nombre des prêtres en activité, ni la désaffectation des lieux de culte surnuméraires, n’altèrent son allant et sa confiance.
SAMEDI 18 : Père Marc-André prend la route pour se rendre à Melleray où aura lieu demain le passage de relais de la communauté avec celle du Chemin Neuf. De là il gagnera lundi Cîteaux pour y visiter notre frère Oswaldo, et nous reviendra mercredi.
Ce même jour nous arrive pour deux semaines le Père Leslaw, prêtre polonais qui en est à son second séjour au Mont des Cats.  Sa première visite remontait en 2013 où il était resté trois mois parmi nous.
VENDREDI 24 : Mr Bruno Wadoux, auquel nous nous étions adressé pour renouveler la plaquette du monastère destinée à être vendue au magasin, nous est revenu avec la nouvelle brochure qui privilégie de beaucoup la photo sur le texte. La réussite  ne mérite que des éloges.
SAMEDI 25 : Depuis quelque temps le grand orgue faisait entendre un son permanent insupportable pour les oreilles.  Finalement l’intervention d’un facteur de la région a tout remis en place, pour le plaisir du chœur et de l’organiste.
MERCREDI 29 : Père Marc-André emmène F. Jessé chez les bénédictines de St Thierry (Reims) pour ses derniers examens de l’année scolaire. Ils en reviendront ensemble vendredi soir. Durant leur absence nous visionnons en deux fois le petit film tiré à Melleray par le Chemin Neuf sur le passage-relais des deux communautés.

Après la lecture au réfectoire du petit livre de Victor Grèzes : Je suis athée croyez-moi (éd. de l’Atelier 2016), nous entamons un fort volume de 526 pages d’un genre tout à fait différent écrit par Arnaud TEYSSIER : Richelieu :  l’aigle et la colombe (Perrin 2014).

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Treizième Dimanche du Temps Ordinaire

Le Royaume de Dieu

Dans chacun des Évangiles qui nous ont été transmis, l’appel des premiers disciples se fait presque toujours de la même manière : Jésus appelle personnellement, et les disciples, immédiatement, quittent tout et se mettent à la suite de Jésus.  Ce comportement n’était pourtant pas courant à l’époque.  À titre d’exemple, rappelons que c’est le jeune Paul qui, de lui-même, alla se mettre à l’école de Gamaliel à Jérusalem.  Le maître, le rabbi, n’appelle pas de sa propre initiative, il devient maître lorsque des élèves se mettent à son école.
Dans l’Évangile que nous venons d’entendre, la situation est encore différente.  Jésus monte courageusement vers Jérusalem où, pressentant au plus intime de lui-même, qu’il sera arrêté et exécuté à l’instigation des responsables religieux.  Des candidats se présentent à Jésus mais lui disent : « je te suivrai, mais pas tout de suite ».  Cette réponse à demi ne convient pas à Jésus, qui attend des appelés une réponse nette et franche.  Ils avaient été emballés par l’enseignement de Jésus, son regard d’amour les avait transpercés et convaincus.  Mais, avant de faire le pas, ils tergiversent, ils veulent faire leurs adieux ou doivent enterrer leur père.  Jésus, qui lit au fond du cœur, comprend bien que le « oui » n’est que de façade et qu’il ne reverra pas ces candidats.  C’est pourquoi il répond de manière tellement abrupte :
« Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ;…
« Laisse les morts enterrer leurs morts.
« Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière,… et Jésus continue :
« … n’est pas fait pour le Royaume de Dieu. »

Deux fois dans sa réponse Jésus mentionne ce « Royaume de Dieu ».  Qu’est-il justement ?
Plus loin, dans le même Évangile selon Saint Luc, Jésus répond à l’affirmation d’un convive :
« Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! » (Luc 14,15)

Et il propose la parabole du roi qui donne un festin pour son fils.  Le repas est prêt, mais les invités s’excusent les uns après les autres, alors même que l’invitation leur avait été signifiée suffisamment longtemps à l’avance pour pouvoir s’y préparer.
« J’ai acheté une terre, et il me faut nécessairement partir et la voir ;…
« J’ai acheté cinq couples de bœufs, et je m’en vais les éprouver ;…
« J’ai épousé une femme,…   (Luc 14,16-24)

Trop souvent on imagine que, lorsque Jésus parle du Royaume de Dieu, il s’agit d’un royaume à venir.  Beaucoup l’imaginent dans le ciel, après la mort en présence de tous les Saints.  Souvent, Saint Matthieu traduit l’expression par « Royaume des cieux ».  Mais, dans les deux propos mis ici en parallèle, Jésus invite ses interlocuteurs, ceux qu’Il a en face de Lui, à vivre ici et maintenant dans le Royaume de Dieu.  Jésus invite ses interlocuteurs à s’engager immédiatement pour que le Règne de Dieu s’instaure en eux et autour d’eux.
Ce qui était vrai du temps de Jésus l’est encore de nos jours.  Jésus, aujourd’hui encore, nous invite à Le suivre.  Il nous propose une vie d’intimité avec Lui et avec Dieu son Père.  Sommes-nous prêts à tout laisser pour Le suivre ?  Avons-nous des excuses comme les interlocuteurs de la parabole ?  Aurons-nous droit à des répliques cinglantes comme les personnes qui accouraient vers Jésus mais n’étaient pas prêtes à le suivre ?
Lorsque, juste avant la communion, le prêtre dit :
« Heureux les invités au repas du Seigneur…
Il s’agit du même repas que celui de la parabole.  L’eucharistie est ce repas de communion où Jésus nous donne son corps à manger et son sang à boire.  C’est un repas de communion entre nous et avec Dieu.  La relation d’intimité que nous sommes invités à vivre avec Jésus-Christ se nourrit de cette communion spirituelle.
Dans cette relation forte à laquelle nous sommes invités à entrer, Dieu peut nous inviter à ce que nous nous engagions avec Lui pour que son Règne advienne sur terre.  Ce Règne est toujours en croissance et nous pouvons y participer.  Pour cela, répondons positivement aux appels divins.  Prenons exemple sur les premiers disciples qui acquiescèrent au premier regard de Jésus sur eux.  Ne faisons pas comme les invités du repas de la parabole, ni comme les contemporains de Jésus dans l’évangile de ce matin…
« Je te suivrai mais … pas tout de suite et pas complètement…
Que la participation à l’eucharistie de ce jour ouvre notre cœur à la grâce que Dieu nous donne.  Que nous soyons attentifs à l’appel que Jésus nous adresse, lui qui nous donnera la force d’y répondre positivement, avec l’aide de sa grâce.

Frère Bernard-Marie

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Solennité du Sacré-Coeur

Dieu est amour

En la fête du Cœur Sacré de Jésus nous sommes invités à méditer jusqu’où a été l’amour de Dieu pour les hommes. Les lectures nous parlent de Dieu, berger de son peuple, prenant soin de ses brebis, prenant un soin tout particulier des plus faibles. Même si la fête du Sacré-Cœur est parmi l’une des dernières à avoir été instituées dans l’Église, depuis de nombreux siècles on méditait cet amour de Dieu et on cherchait comment répondre, à taille humaine, à cet excès d’amour divin.
Saint Bernard a marqué la spiritualité monastique de son époque, et nous en vivons encore à ce jour. Ses œuvres mystiques ont marqué durablement l’Église tout entière. Lorsque nous ouvrons son Traité de l’Amour de Dieu, nous ne pouvons qu’être frappés par la concision avec laquelle Bernard affirme :
la raison d’aimer Dieu, c’est Dieu même,
la mesure d’aimer Dieu, c’est de l’aimer sans mesure.

Un siècle plus tard (entre 1250 et 1300), des moniales cisterciennes ont repris le flambeau et donné davantage de couleur à la relation amoureuse entre Dieu et l’âme du croyant. Sans faire un cours d’histoire de la spiritualité, mentionnons parmi les hérauts de l’amour de Dieu parmi les religieuses : les trois saintes moniales de Helfta en Germanie, Gertrude et Mechtilde de Hackeborn et Gertrude de Helfta. À la même période plus près de chez nous la Bienheureuse Béatrice de Nazareth dans le Duché du Brabant et Sainte Julienne du Mont Cornillon dans la Principauté de Liège qui est mentionné dans notre Ménologe.
Arrêtons-nous un moment sur Béatrice de Nazareth, qui est connue pour avoir écrit une œuvre mystique en sa langue maternelle (le moyen-néerlandais), alors qu’elle était âgée de 35 ans. Le titre de l’œuvre est : Des Sept manières du Saint Amour. Le sous-titre de l’œuvre est le suivant :
Sept sont les manières d’aimer
qui viennent des cimes et y retournent,
œuvrant activement vers le Très-Haut.

Saint Bernard, dans le 4ème Sermon sur le Cantique écrivait un siècle plus tôt :
L’amour vient de Dieu et retourne à Dieu (S.Ct. 4,1).

En ce jour de la fête du Sacré-Cœur, écoutons ce que Béatrice dit dans la quatrième manière d’aimer :
Il arrive parfois que l’amour soit doucement engendré dans l’âme
et s’y éveille en joie et se trouve bien alors dans le cœur,
sans aucune intervention de quelconque action humaine.
Et alors ce cœur est si tendrement touché d’amour
et si ardemment attiré vers l’amour
et tellement saisi jusqu’au cœur à cœur par l’amour
et si violemment subjuguée par l’amour,
et tellement suavement embrassé en amour,
qu’elle (l’âme) est toute vaincue dans l’aimer. (16-17)

L’amour que Béatrice exprime dans ce texte rappelle la Parole de Dieu entendue dans la première lecture tirée du Prophète Ézéchiel ainsi que dans l’Évangile de ce jour de fête.
L’amour de Dieu est infini et Dieu cherche par tous les moyens à rappeler à Lui, par amour, tous les hommes. Dieu prend sur ses épaules la brebis égarée et la ramène à la bergerie. L’âme qui se laisse tendrement toucher par l’amour en est subjuguée, transformée, en est toute vaincue, nous dit Béatrice.
Et plus loin, Béatrice rapporte sa propre expérience lorsqu’elle écrit :
Lorsque l’épouse de Notre Seigneur (= l’âme) a progressé et est grimpée plus haut en croissante vaillance, alors elle (…) ressent que l’amour a vaincu en elle toutes ses résistances et que le Seigneur a guéri ses défauts et qu’il l’a prise entièrement en mains, sans qu’elle renâcle, de telle manière qu’il domine son cœur avec assurance et qu’il en a paisible jouissance et qu’il doit le faire manœuvrer en souplesse. (29)
Dans ces textes, nous nous retrouvons à imaginer l’amour infini que Dieu nous prodigue et qu’Il nous invitera à expérimenter dans les cieux. Reconnaissons, en cette fête du Sacré-Cœur, que Dieu nous a montré son plus grand amour dans l’Incarnation, la vie et la mort de Jésus. Ouvrons-nous à cet amour infini. Demandons à Jésus de nous ouvrir son cœur. Peut-être nous nous donnera-t-il la grâce de vivre, comme Béatrice et nombre de nos auteurs cisterciens, quelques expériences du saint amour.
Que la participation à la célébration eucharistique de ce jour nous donne un avant-goût de cet amour qui est doucement engendré dans notre âme…

Frère Bernard-Marie

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Mai

MERCREDI 3 : Retour de notre Supérieur Père Marc-André, en fin d’après-midi en raison d’un retard de plus de trois heures au départ de Tana. Cela ne le fera pas échapper dès le 5 mai aux récréations festives préparées pour sa fête de la St Marc avec 15 jours de retard !

Et le samedi 7 de nous égayer ensemble avec un film de J.P.Mocky : Un drôle de paroissien qui connut un beau succès grâce au jeu de Bourvil, tête d’affiche. Au chapitre du même soir, P.Jacques nous présente ce que seront ses 5 mois de retrait jusqu’au 3 octobre.  Entre autres il effectuera un séjour comme aumônier supplétif et professeur dans la fondation de Valserena à Huambo (Angola). Il nous quittera dès le lendemain en commençant par un petit séjour à la Fille-Dieu.

VENDREDI 6 : F.Louis-Marie, qui a tant payé de sa voix durant les fêtes, est parti la reposer quelques jours au pays natal, à l’occasion d’une célébration d’une cousine religieuse.

DIMANCHE 8 : Mr Bruno Wadoux, photographe, vient préparer la nouvelle plaquette de l’abbaye.  Il a une certaine habitude, ayant aidé de nombreux monastères, tant masculins que féminins par son art. Trois jours durant, avec une discrétion extrême, il prendra des centaines de photos…

MERCREDI 11 : Dans l’après-midi F.Pierre-André vient profiter de la paix du monastère pour terminer la rédaction de ses examens au Centre Sèvres qui débuteront de suite après la Pentecôte.

VENDREDI 13 : Longue réunion de communauté avec Mr Gilles Panteix,  envoyé par Dom Ginepro.

DIMANCHE DE PENTECÔTE : Nous avons clos le temps pascal en regardant, une heure durant, la vidéo de profession solennelle des frères Stanislas et Edmond-Marie de Maromby, présidée au tout début du mois par Père Marc-André et qui, quant à elle, ne prit pas moins de 3 heures.

LUNDI 16 : Sans l’avoir recherché, une autre célébration eucharistique hors normes se déroula en notre église abbatiale, à laquelle toute la communauté participa;  il s’agit de l’engagement dans « la fraternité des Parvis » de Lille.  Durant la célélbration, le baptême fut également célébré, d’un délicieux petit François, qui se vit plongé dans un immense baptistère, près du cierge pascal, dans une ambiance festive.

MARDI 17 : F.Patrick doit se rendre dans sa famille pour le  décès d’un oncle ; il rentrera samedi midi.

DIMANCHE 22 : Le chapitre du soir est assuré par Elyane Casalonga, venue nous donner jusque jeudi soir une nouvelle session sur la « méditation » dans les grands courants spirituels (judaïsme, hindouisme, bouddhisme) qu’elle a beaucoup approchés, des années durant, avant de les enseigner, notamment au collège des Bernardins à Paris.

LUNDI 23 : Durant sa seconde instruction  Père Marc-André doit quitter la pièce avec F. Gilles pour se rendre à l’hôpital St Philibert au chevet de F. Marc, qui vient d’y être transporté depuis l’EHPAD voisine dans un état critique pour de graves ennuis respiratoires. Depuis lors des frères vont se relayer pour aller lui assurer une présence jour et nuit.

MARDI 24 : Bernard-Marie rentre à l’heure du midi d’Orval, qu’il avait gagné dimanche pour participer au Conseil d’administration de l’A.I.T. dont il est membre.

SAMEDI 28 : F.Gilles téléphone à Père Marc-André depuis l’hôpital où il veillait F.Marc pour lui annoncer son décès en milieu de matinée. Son corps sera ramené au monastère dans l’après-midi pour y être inhumé lundi. Nous confions à votre prière notre frère qui comptait 87 ans d’âge, dont 60 de profession.

LUNDI 30 : L’inhumation de notre frère eut lieu sous une pluie battante, accompagnée d’un coup de tonnerre et d’un éclair tombé sur l’antenne toute proche.

Nous lisons en ce moment un bel entretien du capucin Raniero Cantalamessa : Ma vie au service de la Parole. Entretiens avec Aldo Maria Valli (Éd. des Béatitudes, 2015).

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Homélie pour les funérailles de Père Marc Vanveuren

Nous voici réunis nombreux  –  et soyez-en remerciés  –  autour de notre frère défunt, pour le pleurer, certes, mais tellement plus encore afin de faire monter vers le ciel, au nom de notre frère lui-même, une grande et solennelle action de grâce eucharistique (Eucharistein, témoigner sa reconnaissance) ; oui, témoigner toute sa reconnaissance pour la belle œuvre de Dieu que furent sa vie et sa mort. Soixante années durant, n’a-t-il pas permis à Dieu de lui prouver la force et la fidélité de Sa Parole telle que la lui livrait la Sainte Écriture ? lui prouver aussi  la vérité de son appui, qui jamais ne lui fit défaut, et l’inlassable patience de son amour et de son pardon ? Pour honorer en retour notre frère en acceptant l’hommage de sa fidélité à ses engagements monastiques déposés tel un bel holocauste sur l’autel de notre église le jour de sa profession religieuse ?
Flamand de Flandre trahi par la blondeur de ses cheveux tout autant que par son accent prononcé, Marc Vanveuren naquit au pied même de l’abbaye, où il entra à l’âge de 26 ans pour n’en plus sortir, si l’on excepte un séjour de trois années au monastère du Désert, près de Toulouse et, voici déjà six ans, son entrée dans une EHPAD de Lille. Ordonné prêtre vingt ans après ses premiers vœux, il se montra sa vie durant assidu aux trois grandes occupations qui équilibrent si bien notre vie, à savoir l’office divin, qu’il ne voulait jamais manquer ; puis le travail manuel, où la cave à fromages se chargea longtemps d’absorber le trop plein de sa vitalité ; et enfin la lecture, qu’il abordait avec un appétit féroce, armé jusqu’aux dents du crayon dont il en hachait les pages. Marc était un grand vivant débordant d’énergie et de joie de vivre. Il se trouvait heureux partout, aimant sa communauté, comme il aima pareillement son séjour au Désert et pareillement les deux maisons de retraite où il finira ses jours, répétant à l’envi « qu’il y était aux anges ». Il appréciait les échanges et courait même après, savait goûter et s’enthousiasmer pour ses auteurs préférés, tel son cher Saint Exupéry dont il récitait par cœur des pages entières. Car il avait un cœur sensible au possible, avide d’amitié et honorant d’un véritable culte la mémoire de sa maman.
Ce grand vivant était aussi un bon vivant, aimant le rire et collectionnant les histoires drôles, dont à la fin il ne renouvelait plus guère la table des matières, nous  racontant toujours les mêmes en riant de bon cœur le premier.
Oui, vraiment, comme aux jours de la Genèse Dieu ne put que prendre plaisir à l’œuvre de ses mains et à la trouver très belle ; N.S. dira : « la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit ». Aussi Dieu eut-il à cœur de trouver sa gloire de Créateur et sa fierté de Père en épaulant, en soutenant, en encourageant l’humble fidélité de notre frère, tout comme jadis il avait déclaré à St Paul que la faiblesse de son apôtre lui permettait de déployer pour lui toute sa force. Ainsi Marc deviendra-t-il lui aussi capable de rendre gloire à Dieu en croyant à sa parole et en la pratiquant telle que la lui enseignaient les psaumes qu’il ne cessait d’entendre durant l’office divin : Invoque-moi au jour de détresse, je te délivrerai et tu me rendras gloire…  Quel privilège pour lui et surtout quel bonheur !
Frères et sœurs, joignons nos prières et notre reconnaissance à celles de notre frère en le présentant aujourd’hui au Seigneur comme le veilleur attend l’aurore : Mon âme, attends le Seigneur,  je suis sûr de Sa Parole.

Père Nivard, condisciple de noviciat

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Décès de Père Marc Vanveuren

fromagerie 1995Père Marc était originaire du village de Godewaersvelde où il naquit en janvier 1930 et entra à l’abbaye du Mont des Cats en 1956 et fit profession en juin 1958.  Il fut ordonné prêtre en août 1969 et il passa toute sa vie monastique en notre abbaye.
En janvier 2009 il entre dans l’EHPAD près de l’hôpital Saint Vincent de Lille avant d’être transféré à Saint François de Sales dans la quartier Humanicité de Lomme.  Il décéda à l’hôpital Saint Philibert samedi 28 mai où il avait été tranfésré une semaine plus tôt.

Les funérailles ont lieu ce lundi 30 mai à 15 heures.  Nous recommandons notre frère Marc à vos prières.

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Solennité de l’Ascension

L’Ascension de Jésus.

Les lectures qui nous sont proposées en cette fête de l’Ascension nous ont permis d’entendre, comme Évangile, les derniers versets de Saint Luc, tandis qu’en première lecture nous entendions les tous premiers versets des Actes des Apôtres.  Luc rappelle, dans ce second texte, qu’il a rédigé deux Livres, l’un pour décrire la vie et les œuvres de Jésus jusqu’à sa Passion, sa mort et sa résurrection, l’autre pour décrire les débuts de l’Église et son expansion jusqu’aux limites de la terre connue.

Lorsque Saint Luc rédigea son œuvre, la communauté chrétienne commémorait déjà les principaux événements de la vie de Jésus.  Outre la célébration de l’eucharistie « Le Jour du Seigneur », très vite l’on célébra aussi, autour de la Pâque juive, la passion, la mort et la résurrection de Jésus.  Comme les autres évangélistes, Luc a voulu montrer comment Jésus a accompli ce qui était écrit dans les Écritures de l’Ancien Testament.  Le passage de la Mer Rouge étant célébré le jour de Pâques, et ce jour étant celui de la mort de Jésus, il était assez facile de continuer la similitude en célébrant le don de l’Esprit le jour de la Pentecôte.  Dans la tradition juive, la Pentecôte étant la célébration du don de la Loi au Sinaï, il était aisé de faire un parallèle avec le don de l’Esprit et l’inscription de la Loi nouvelle dans nos cœurs le jour de la Pentecôte.

Pour respecter la chronologie, les premiers chrétiens instaurèrent la fête de l’Ascension entre la Pâque et la Pentecôte… Les 40 jours rappellent le temps que Moïse demeura avec Dieu sur le Mont Sinaï avant de descendre avec les deux Tables de la Loi.  Jésus initie les disciples à la Loi Nouvelle qui sera inscrite sur les tables de chair, dans leur cœur.  Il s’agit d’une relecture liturgique des événements, comme on peut le voir par la manière à laquelle Saint Marc fait coïncider le même jour, presque au même instant, la résurrection, l’Ascension et le don de l’Esprit (Mc 16,9-20).  Jusqu’à aujourd’hui, il nous paraît difficile de célébrer tous ces événements qui marquent notre vie de foi, en un seul jour.  C’est pourquoi, chaque année, nous renouvelons les commémorations et nous faisons durer le temps pascal 50 jours, de la Pâque à la Pentecôte.

L’extrait de l’épître aux Hébreux que nous avons entendu en seconde lecture nous présente à sa manière la mort-résurrection du Christ.  L’auteur de l’épître nous dit :

Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme…
il est entré dans le ciel même, afin de se tenir pour nous devant la face de Dieu…

Jésus, par sa mort et sa résurrection, a rouvert l’accès au véritable sanctuaire, celui du ciel.  C’est encore ce que nous dit l’épître aux Hébreux :
Jésus a inauguré un chemin nouveau et vivant en franchissant le rideau du Sanctuaire ;
or, ce rideau est sa chair.

Le rideau fait ici allusion au rideau du Sanctuaire qui se déchira de haut en bas au moment de la mort de Jésus en croix (Mt 27,51 ; Mc 15,38 ; Lc 23,45).

Le premier rideau se déchire à la mort de Jésus, le second rideau, sa propre chair, s’ouvre au même moment pour nous permettre de suivre Jésus dans sa victoire, comme le dit encore l’auteur de l’épître :
C’est avec assurance que nous pouvons entrer dans le véritable sanctuaire
grâce au sang de Jésus.

De même, lorsque nous confesserons notre foi dans quelques instants, nous dirons :
Je crois en Jésus-Christ… il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour conformément aux Écritures,
et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père.

Puisqu’on précise que Jésus ressuscita « le troisième jour » et immédiatement après « Il monta au ciel », on peut comprendre qu’il n’y eut pas de délai entre les deux événements.

Les deux anges qui apparurent aux Apôtres après l’ascension de Jésus, disent :
Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous,
viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel.

C’est ce que nous proclamons également dans le Credo :
Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts.

Nous vivons aujourd’hui encore entre ces deux événements.  Jésus est monté au ciel, mais il doit revenir.  Nous le croyons.  Tout à la joie de la fête de l’Ascension, gardons les yeux tournés vers le ciel d’où Il reviendra.  Préparons-nous à cette rencontre glorieuse en demandant à Jésus, dans cette eucharistie, de vivre toujours plus selon son enseignement afin que, lors de son retour, nous soyons invités à partager le banquet céleste.

Frère Bernard-Marie

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