Dom Stanislas Lapierre (1805-1865)

En 1817, Dom Étienne Huvelin (1742-1828), moine de Sept-Fons avant la Révolution, put racheter les bâtiments de l’antique abbaye de Bellevaux, dans le diocèse de Besançon. Avec deux anciens frères convers de Sept-Fons, Frère Sabas Coquart (1744-1829) et Frère Hypolite Minet (1764-1832), il vint restaurer la vie monastique en ces lieux, d’où les cloîtres avaient disparu et où il ne restait qu’une pauvre ferme.
Dom Huvelin vieillissant chercha désespérément des vocations pour son monastère.  Lorsque l’abbaye de Port du Salut mit comme conditions pour l’aider, que Bellevaux suive les « Reglemens » de l’abbé de Rancé et de La Trappe, Dom Étienne refusa.
À la mort de Dom Huvelin, le 29 mars 1828 à l’âge de 86 ans, la communauté comptait onze novices, neuf religieux de chœur et un prêtre. Après la mort de leur abbé, la communauté s’affaiblit, au point qu’elle demanda au cardinal-archevêque de Besançon, Mgr de Rohan, d’intervenir pour obtenir leur rattachement à l’Ordre Cistercien. Ils furent exaucés et l’abbaye du Gard fut sollicitée pour leur venir en aide. Dom Germain Gillon envoya trois religieux de chœur et trois frères convers.
Ils arrivèrent à Géronde le 4 juillet 1830, date retenue comme celle de l’incorporation de Géronde dans l’Ordre. Un des trois choristes était Père Stanislas Lapierre qui fut nommé Prieur et installé le 7 juillet 1830. Les moines de Bellevaux acceptaient cette fois de suivre les « Reglemens ».
Léopold Napoléon Lapierre naquit le 17 février 1805 à Paris.  Il entra à l’Abbaye du Gard le 24 août 1825 comme « séminariste clerc-tonsuré » et reçut le nom de Père Stanislas.  Il fit profession le 24 octobre 1826 et fut ordonné prêtre durant l’année 1829.
À peine les nouveaux venus étaient-ils installés à Bellevaux que, à la suite de la chute de la monarchie fin juillet 1830, la révolution éclata : la populace saccagea le monastère et les moines durent se retirer en Suisse, dans l’ancien couvent des Carmes de Géronde, dans le Valais, appartenant à l’évêque de Sion. Les trappistes passèrent quatre ans sur le rocher de Géronde, jusqu’à ce que la fonte extraordinaire des glaciers des Alpes, en août 1834 ravagea le pays. L’inondation ayant détruit toutes leurs récoltes, les moines choisirent de revenir dans le diocèse de Besançon.

Lorsque Père François-Marie Van Langendonck et quelques moines du Mont des Cats partirent en 1831 fonder à Saint Sixte, Dom Germain Gillon en accepta la paternité, tandis que les moines restant au Mont des Cats s’étaient mis sous la juridiction de Monseigneur Belmas, évêque de Cambrai.
Alors que la fondation de Géronde était en grandes difficultés, Dom Germain se demandait s’il ne faudrait pas fusionner les deux fondations en une seule, à Saint Sixte.  En mars 1833 il demanda à Dom Stanislas, qui était toujours prieur de Géronde, d’aller avec deux novices seconder Père François-Marie, tandis qu’un nouveau Prieur était nommé à Géronde.   Dom Stanislas apportait aussi en offrande de la communauté de Géronde une bonne partie de leurs liquidités, ce qui fut une aide appréciable à la fondation de Saint Sixte.
La communauté de Géronde ne fut finalement pas incorporée à Saint Sixte et, après plusieurs transferts, refonda l’abbaye de Tamié en 1909.
Dès 1834 la communauté de Saint Sixte demanda à être rattachée à Westmalle, pour des raisons linguistiques.  C’est ainsi que fut créée la Congrégation de Westmalle.  En janvier 1835 Dom Stanislas demanda à revenir en France, également pour des raisons linguistiques, et il reprit sa place dans sa communauté d’origine, l’abbaye du Gard.
À la mort de Dom Germain, en mars 1835, Père Stanislas fut élu abbé du Gard.  La communauté comptait à ce moment 35 religieux choristes et une vingtaine de frères convers.
Avec la construction de la ligne de chemin de fer Paris-Boulogne et du canal de la Somme qui, tous deux, passaient très près de l’abbaye, Dom Stanislas décida de transférer la communauté en un lieu plus calme.  Ayant acquis l’abbaye de Sept-Fons il y transporta sa communauté en 1845.
Quand les religieux arrivèrent à Sept-Fons, il ne restait de l’église que la façade ; plus de cloître, plus aucun vestige du premier monastère ; seuls subsistaient les bâtiments du XVIIIème siècle.  Il fallut reconstruire et aménager : grands frais qui s’ajoutèrent à ceux de l’achat de la propriété.   Dom Stanislas mourut le 1er juillet 1865 et Dom Jehan de Durat lui succéda comme abbé de Sept-Fons le 31 juillet.

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