Décembre 2004

Jeudi 2 décembre – Il est temps pour P. Abbé de retourner à Saint-Sauveur du Liban ; son séjour coïncidera avec la profession solennelle de F. Joseph Bechwati, qui vient de passer un an au Mont des Cats. Pour la circonstance, F. Georges, qui fut son principal chef d’emploi au vestiaire, fera lui aussi le déplacement.

Mardi 7 décembre – Nos deux voyageurs nous rentrent bien comme prévu en début d’après-midi mais ils ont fait un prodige : partis à deux, ils reviennent à trois car ils ramènent avec eux un novice de Saint-Sauveur, F. Farid, jordanien comme F. Bénigne et âgé de 26 ans. P. Abbé est dans une forme inhabituelle et le lendemain nous saurons pourquoi : son mandat au Liban prend fin le 15 décembre.

Mercredi 8 décembre – Ce matin de fête convenait tout à fait pour afficher la composition de la nouvelle commission de liturgie, élue pour les deux ans à venir. En plus du chantre (F. Paul) et du cérémoniaire (F. Bernard-Marie), dont les sièges sont inamovibles, viennent s’ajouter 4 élus : en tête de liste caracole F. Christophe, notre irremplaçable sacristain, serré de près par F. Jean-Pierre, lui-même suivi du Prieur (F. Jacques) et du Sous-Prieur (F. Nivard). Et au soir de ce jour nous arrivait notre troisième postulant, un solide quinquagénaire qui a pris le nom de F. Marc-Joseph.

Vendredi 10 décembre – F. Jean-Paul est parti passer à Belval une bonne semaine de retraite. Le soir, nous nous rassemblons en salle St Bernard autour de deux amis vraiment peu banals, Michel et Colette Collard, qui ont fait le choix de mener leur vie de couple au milieu des sans domicile fixe et des sans ressources. Après avoir écrit en 1998 un premier livre-témoignage,Quand l’exclus devient l’élu, ils viennent d’en éditer un second : Et si les pauvres nous humanisaient. C’est d’ailleurs la présentation de cet ouvrage dans notre magasin qui nous permet de les entendre aujourd’hui. De leur part, nous vous offrons cette miette tombée de la table des pauvres pour vous en rassasier : « Dieu n’est pas puissance mais présence ».

Mardi 14 décembre – Dans son commentaire de la Règle, P. Abbé nous invitait ce soir à l’action de grâce pour les bienfaits quotidiens auxquels nous ne prêtons même plus attention, par exemple l’électricité… Nous nous rendons alors à complies et là, en pleine lancée du psaume 12, sans crier gare, c’est le black-out complet : plus de courant ! Après quelques minutes d’attente patiente l’hebdomadier s’en est tiré assez génialement en passant de suite à l’oraison conclusive suivie du Salve Regina. Et l’électricité est revenue !

Mercredi 15 décembre – P. Abbé et F. Jean prennent la route de la Trappe, où ils participeront à la bénédiction abbatiale du nouvel abbé, Dom Guerric. Puis ils reviendront sur Igny, où se tiendra le lendemain la commission d’aide bimestrielle. F. Jean nous en reviendra le vendredi après avoir mis son abbé à l’avion de Genève, pour la visite régulière de nos Sœurs de la Fille-Dieu. Ce même mercredi, nous perdons un jeune profès de Saint-Sauveur, F. Tony, qui s’en retourne dans sa communauté; mais pour un frère perdu ce sont deux de retrouvés, en la personne de F. Yves et F. Philippe, que F. Bernard-Marie s’en est allé cueillir à Roissy.

Jeudi 16 décembre – En début d’après-midi notre médecin fait entrer d’urgence F. Joop à l’hôpital de Bailleul, qui l’envoie sans plus attendre dans l’unité des soins intensifs de cardiologie, au CHR de Lille.

Samedi 18 décembre – Alain-Marie, jeune prêtre regardant, écourte de deux semaines son stage et regagne son diocèse de Hasselt (Belgique) pour les fêtes de fin d’année. Le lendemain, ce sera au tour de Michel-Amand, postulant, de jeter l’éponge et de faire ses adieux au noviciat.

Lundi 20 décembre – Notre ami et hôte-longue-durée Philippe Duc vient passer au milieu de nous les fêtes de fin d’année. Mlle Christine Nahon, professeur de chant, se contentera quant à elle, comme l’an dernier à pareille époque, de nous assurer une session de chant durant deux jours.

Jeudi 23 décembre – Les nouvelles concernant la santé de F. Joop sont de plus en plus préoccupantes. Ses malaises cardiaques se succèdent à répétition, rendant toute intervention impossible. P. Abbé met à profit son retour de la Fille-Dieu en début d’après-midi pour lui donner au CHR l’onction des malades. Sans trop oser l’admettre, nous nous préparons à l’issue fatale, une réelle catastrophe pour tous.

Dimanche 26 décembre – A l’heure de tierce, le CHR fait savoir à P. Abbé la terrible nouvelle : notre frère Joop vient de décéder à 6 h 20 et son corps nous sera rendu en début d’après-midi. C’est précisément aujourd’hui le jour anniversaire de ses premiers vœux, où il chanta : Reçois-moi, Seigneur, selon ta parole et je vivrai ; ne déçois pas mon espérance ! C’est aussi la veille de sa fête (St Jean), que son saint Patron lui souhaitera lui-même en paradis. Aujourd’hui, dimanche de la Ste Famille, le Cardinal Danneels, en retraite à l’hôtellerie, préside l’eucharistie et donne l’homélie dans un silence absolu qui était à lui seul une prédication. Beaucoup en ont demandé le texte mais le Cardinal parle sans papier.

Lundi 27 décembre – En dépit du décès de F. Joop, P. Abbé est astreint à un rapide aller-retour jusqu’à Sept-Fons, où il doit rencontrer Dom Paul de Latroun. Il emmène avec lui F. Bénigne, tout heureux de cette occasion de rencontrer son abbé. F. Lucien de Maromby, notre étudiant en œnologie, gagne de son côté Frattocchie avec un devoir de vacances bien précis : étudier sur place une cave à vin haut de gamme. Il nous reviendra lundi 3.

Mardi 28 décembre – Un oblat cistercien d’Himmerod, ancienne fondation-refuge de Mariastern (aujourd’hui Marija-Zvijezda) au diocèse de Trêves, vient visiter F. Philippe, ancien supérieur de cette communauté. Ne lui dites surtout pas qu’il est allemand ! Non, il est bavarois.

Mercredi 29 décembre – Les funérailles de F. Joop ont été célébrées dans une église comble, en présence de ses frères et sœurs, enfants et petits-enfants, ainsi que de notre conseil d’administration réuni au complet. Tilbourg avait envoyé son Prieur accompagné d’un frère. Sans être bilingue, la liturgie a fait la part belle au néerlandais, langue d’une large partie de l’assistance. Et chaque jour qui passe nous fait mieux sentir ce que nous avons perdu.

Jeudi 30 décembre – Les horaires de la soirée sont changés de manière à permettre au Cardinal Danneels de nous parler durant 45 minutes de l’Eucharistie. Ce n’est pas nous qui nous en plaindrons.

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