Solennité de l’Ascension

L’Ascension de Jésus.

Les lectures qui nous sont proposées en cette fête de l’Ascension nous ont permis d’entendre, comme Évangile, les derniers versets de Saint Luc, tandis qu’en première lecture nous entendions les tous premiers versets des Actes des Apôtres.  Luc rappelle, dans ce second texte, qu’il a rédigé deux Livres, l’un pour décrire la vie et les œuvres de Jésus jusqu’à sa Passion, sa mort et sa résurrection, l’autre pour décrire les débuts de l’Église et son expansion jusqu’aux limites de la terre connue.

Lorsque Saint Luc rédigea son œuvre, la communauté chrétienne commémorait déjà les principaux événements de la vie de Jésus.  Outre la célébration de l’eucharistie « Le Jour du Seigneur », très vite l’on célébra aussi, autour de la Pâque juive, la passion, la mort et la résurrection de Jésus.  Comme les autres évangélistes, Luc a voulu montrer comment Jésus a accompli ce qui était écrit dans les Écritures de l’Ancien Testament.  Le passage de la Mer Rouge étant célébré le jour de Pâques, et ce jour étant celui de la mort de Jésus, il était assez facile de continuer la similitude en célébrant le don de l’Esprit le jour de la Pentecôte.  Dans la tradition juive, la Pentecôte étant la célébration du don de la Loi au Sinaï, il était aisé de faire un parallèle avec le don de l’Esprit et l’inscription de la Loi nouvelle dans nos cœurs le jour de la Pentecôte.

Pour respecter la chronologie, les premiers chrétiens instaurèrent la fête de l’Ascension entre la Pâque et la Pentecôte… Les 40 jours rappellent le temps que Moïse demeura avec Dieu sur le Mont Sinaï avant de descendre avec les deux Tables de la Loi.  Jésus initie les disciples à la Loi Nouvelle qui sera inscrite sur les tables de chair, dans leur cœur.  Il s’agit d’une relecture liturgique des événements, comme on peut le voir par la manière à laquelle Saint Marc fait coïncider le même jour, presque au même instant, la résurrection, l’Ascension et le don de l’Esprit (Mc 16,9-20).  Jusqu’à aujourd’hui, il nous paraît difficile de célébrer tous ces événements qui marquent notre vie de foi, en un seul jour.  C’est pourquoi, chaque année, nous renouvelons les commémorations et nous faisons durer le temps pascal 50 jours, de la Pâque à la Pentecôte.

L’extrait de l’épître aux Hébreux que nous avons entendu en seconde lecture nous présente à sa manière la mort-résurrection du Christ.  L’auteur de l’épître nous dit :

Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme…
il est entré dans le ciel même, afin de se tenir pour nous devant la face de Dieu…

Jésus, par sa mort et sa résurrection, a rouvert l’accès au véritable sanctuaire, celui du ciel.  C’est encore ce que nous dit l’épître aux Hébreux :
Jésus a inauguré un chemin nouveau et vivant en franchissant le rideau du Sanctuaire ;
or, ce rideau est sa chair.

Le rideau fait ici allusion au rideau du Sanctuaire qui se déchira de haut en bas au moment de la mort de Jésus en croix (Mt 27,51 ; Mc 15,38 ; Lc 23,45).

Le premier rideau se déchire à la mort de Jésus, le second rideau, sa propre chair, s’ouvre au même moment pour nous permettre de suivre Jésus dans sa victoire, comme le dit encore l’auteur de l’épître :
C’est avec assurance que nous pouvons entrer dans le véritable sanctuaire
grâce au sang de Jésus.

De même, lorsque nous confesserons notre foi dans quelques instants, nous dirons :
Je crois en Jésus-Christ… il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour conformément aux Écritures,
et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père.

Puisqu’on précise que Jésus ressuscita « le troisième jour » et immédiatement après « Il monta au ciel », on peut comprendre qu’il n’y eut pas de délai entre les deux événements.

Les deux anges qui apparurent aux Apôtres après l’ascension de Jésus, disent :
Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous,
viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel.

C’est ce que nous proclamons également dans le Credo :
Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts.

Nous vivons aujourd’hui encore entre ces deux événements.  Jésus est monté au ciel, mais il doit revenir.  Nous le croyons.  Tout à la joie de la fête de l’Ascension, gardons les yeux tournés vers le ciel d’où Il reviendra.  Préparons-nous à cette rencontre glorieuse en demandant à Jésus, dans cette eucharistie, de vivre toujours plus selon son enseignement afin que, lors de son retour, nous soyons invités à partager le banquet céleste.

Frère Bernard-Marie

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