Janvier 2007

Lundi 1er : Un grand ensoleillement et une tranquillité des plus prometteuse ont réceptionné la nouvelle année. Est-ce pour les encourager l’un et l’autre que F. Prieur avait choisi pour film La marche de l’empereur ? N’allez pas penser à Napoléon ; il s’agit en l’occurrence des très héroïques manchots de l’Antarctique.

Mardi 2 : F. Jean-Paul apprend le décès de sa maman, que nous recommandons encore à votre prière.

Mercredi 3 : Notre boulangerie a cessé sa production de pain au levain et de pain au fromage pour se concentrer sur la fabrication du seul pain brioché, dit craquelin, qui se déclinera désormais sous des étiquettes aussi diversifiées que séductrices : il y a le craquelin de base, dit perlé ; le craquelin au chocolat ou cœur de pépites ; celui aux raisins de Corinthe, évidemment prénommé corinthien ; ou aux fruits confits, baptisé macédonien… Et bien d’autres, encore gardés secrets par leurs créateurs F. Philippe et F. Pascal.

Aujourd’hui aussi notre postulant jordanien F. Farid se fait hospitaliser pour 48 heures à Hazebrouck.

Dimanche 7 : Un peu avant la fin de la messe P. Abbé nous quitte pour son séjour quadrimestriel à Maromby. Quant à notre infortuné F. Farid, il se voit obligé de retourner à l’hôpital pour tenter de calmer ses douleurs post-opératoires.

Mardi 9 : La grippe est derechef dans la maison. Et comme deux de nos ouvriers sont déjà en congé maladie, un jeune intérimaire est embauché pour un mois à la cave à fromage. Par ailleurs l’entreprise Hotte (Berthen) met à profit la fermeture de l’hôtellerie pour renouveler la toiture des parloirs.

Mercredi 10 : Dans son compte-rendu de la dernière Commission de liturgie, F. Bernard-Marie nous annonce plusieurs changements substantiels. Citons seulement au 3ème nocturne des vigiles du dimanche le retour à la lecture de l’évangile du jour plutôt qu’à un évangile de la résurrection avec cierge pascal, afin de mieux respecter la pédagogie liturgique.

Dimanche 14 : F. Farid nous rentre de sa semaine à l’hôpital avec une ordonnance difficile à satisfaire selon lui : ne rien faire durant quelques semaines !  F. Louis-Marie nous quitte pour dix jours de session hôtelière à Landévennec et F. Philippe fera de même demain pour une session de recyclage théologique à Belloc. Au terme d’une semaine de cours donnés à nos étudiants, F. Marc-André nous partage quelques échos de la Fille-Dieu, ainsi que ceux d’un séjour qu’il fut amené à faire à Blauvac, et d’un autre à Bose. Combien est-il agréable de regarder avec les yeux de quelqu’un qui voit mieux que vous et sait si bien vous le partager !

Lundi 15 : Notre F. Louis, 82 ans, est hospitalisé pour 4 jours, le temps de se voir mettre une pile au cœur. Déjà il courait comme un lièvre ; peut-être volera-t-il en passant à la puissance supérieure ?

Mardi 16 : Père Abbé est rentré de Madagascar avant midi, aussi discrètement et ponctuellement que s’il s’était agi d’une simple course à Bailleul. Dès le soir au chapitre il nous donne d’excellentes nouvelles de la communauté de Maromby, de son noviciat florissant, de l’agrandissement de la vigne, du forage de trois puits d’eau vive. Il annonce également l’arrivée prochaine en France de Dom Jean Chrysostome accompagné de Père Baudouin.

Mercredi 17 : Le Père Mendiboure, S.J.,  a consacré sa troisième conférence ignatienne à la libération du péché par l’accès à la grâce de la confusion et de la honte.

Jeudi 18 : Le repas du soir a consisté à tester les nouvelles tartes au fromage de nos frères Pascal, Marcellin et Jean-François pour la vente au magasin. Qu’on se le dise !

Lundi 22 : nous accueillons pour trois semaines un regardant croate de 36 ans, Pavao (Paul).

Mercredi 24 : Les lamentations suscitées par « cet hiver qui ne vient pas » allant crescendo de semaine en semaine, ont sorti Dame Nature de son assoupissement : et d’une seule chute de neige de quelques heures elle a eu raison de tout le trafic routier de « la Montagne » : plus de camion laitier, ni de fabrication, ni de livraisons, ni de courrier postal, ni de conférencier prévu en soirée pour la communauté… Plus rien que la scintillante et fragile beauté d’un désert immaculé. Dès le lendemain, tout rentrait dans l’ordre, ou ce qu’il faudrait peut-être appeler le désordre.

Vendredi 26 : Doublé de F. Gilles comme copilote, P. Abbé prend le volant et se rend à la consécration abbatiale de Dom Joseph de Mariawald, en prenant Dom Manu de St Sixte au passage.

Dans l’après-midi, nous avons profité de la fête des Saints fondateurs de Cîteaux pour visionner Le grand silence de Philipp Gröning. Le DVD était italien, ce qui est sans importance pour un film pratiquement muet.

Dimanche 28 : Suite à une chute dans sa chambre, F. André-Louis se voit contraint de rester quelques jours en observation à l’hôpital pour un suivi médical. Grosse épreuve, tant pour lui que pour nous, car à lui seul F. André-Louis assure chaque jour deux permanences à la porterie. En début d’après-midi F. Michel part à la rencontre de P. Abbé à Igny, avec mission de le conduire dans la nuit à Charleroi, d’où P. Abbé et Mère Danièle prendront le premier avion pour Rome. Avec notre abbé, la logistique est toujours impeccable; seul le Service de santé a parfois un peu de mal à suivre. Au chapitre du soir, nous avons plaisir à écouter F. Louis-Marie nous rendre compte de sa session des hôteliers à Landévennec et nous raconter entre autres comment plusieurs monastères pratiquent en communauté l’accueil de petits groupes de jeunes pour une durée de 4 ou 5 jours.

Mercredi 31 : F. Jean-Pierre nous ramène P. Abbé de l’aéroport de Charleroi à l’heure H. Et le soir Mr Claeys, l’architecte de Bailleul auquel a été confié l’aménagement de la nouvelle infirmerie, vient avec son associé nous présenter leur projet. Il porte sur la première partie de l’aile des garages, avec un rabat perpendiculaire qui occupera grosso modo l’emplacement de l’actuel hangar de la cour de la ferme. Projet qui a l’immense avantage d’offrir à un personnel civil un accès totalement indépendant de la communauté.

Nous avons entamé en lecture de réfectoire le tour du monde d’une famille performante, celle de Laurent et Marie-Hélène de Cherisey accompagnés de leurs cinq enfants : Passeurs d’espoir. Une famille à la rencontre des bâtisseurs du XXIe siècle (Presses de la Renaissance, 2005). Le premier tome court du 3 juillet au 31 décembre 2004 et nous aura conduits dans les deux Amériques et l’Asie du Sud-Est.

 

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