Septembre 2007

Depuis le début du mois un virus non identifié circule en communauté, sautant d’un frère à un autre tel une puce dont un chacun s’empresse de se débarrasser en respectant si possible la voie hiérarchique, du P. Abbé au Prieur et au s/Prieur et ainsi de suite du plus grand au plus petit. Deux ou trois jours de lit en ont habituellement raison.

Dimanche 9 : À l’heure du chapitre, un montage de F.Daniel consacré aux sépultures successives de Nicolas Ruyssen, fondateur de l’abbaye, nous replonge dans nos racines. À sa mort (22 mai 1826) il fut inhumé dans la chapelle des Antonins antérieure à la Révolution, puis de là transporté en 1829 dans la nouvelle église priorale, ensuite dans le chœur des convers de la grande église abbatiale (1895) et enfin, en 2005, dans une chapelle du presbytère de cette même église.

Vendredi 14 : Nos frères Denis et Bertrand ont pris leur envol vers la VilleÉternelle afin d’y parachever, qui son doctorat et qui sa maîtrise.

Jeudi 20 : P.Firmin est en train de s’éteindre doucement dans sa chambre de l’infirmerie. Il fait songer à un soleil d’hiver s’enfonçant lentement, très lentement, sous l’horizon et nous l’accompagnons par la prière et l’affection.

Samedi 22 : P.Firmin nous a quittés en début d’après-midi, on ne saurait espérer plus calmement, en présence de frère Félix, son indéfectible infirmier malgache tout ému de lui avoir fermé les yeux, et de frère Sébastien, son voisin de chambre. Père Abbé et F.Gilles, tous deux sur la route du retour depuis le sud de la France, nous rejoindront en fin d’après-midi.

Sans être notre doyen d’âge, notre cher défunt avait pourtant le fort bel âge de 93 ans et à ce seul titre ce sont bien des pages du livre de vie du monastère qui auront été écrites par lui. Né en 1914 de parents maraîchers dans la région de Dunkerque, Albert Deboes s’était présenté à Sainte Marie du Mont dès sa libération du camp de prisonniers d’où il avait été rapatrié en 1941 à titre d’ouvrier agricole. En 1958, son abbé le mettra à la tête de la poignée de fondateurs chargés d’aller implanter la vie trappiste sur les hauts plateaux de Madagascar. Rentré à la maison-mère en 1972, il y donnera toute sa mesure comme directeur des retraitants, auprès desquels il se fera l’apôtre résolu, voire impétueux, de la foi vécue et de la conversion menée jusqu’au bout. À ce titre, son influence ne fera que s’étendre, jusqu’à ce que les infirmités ne l’obligent à garder totalement la chambre. Ses trois dernières années, marquées au poinçon d’une impotence grabataire totale, lui furent une épreuve particulièrement rude qui nous permit d’admirer sa fidélité sans faille, tout autant que la sollicitude de toute la communauté, sans oublier celle des frères de Maromby dépêchés sur place pour cela.

Lundi 24 : Ses funérailles, à l’heure de la messe du soir, ont rempli l’église. Détail à ne pas omettre : le matin il pleuvait ; puis le ciel s’est éclairci et durant toute l’après-midi un soleil radieux ne cessa plus de nous envelopper de sa chaude lumière, conférant aux adieux une gloire triomphale.

Mardi 25 : Notre infirmier F.Florent met à profit le répit que lui laisse le décès de P.Firmin pour aller se reconstituer, une semaine durant, au soleil du Midi qu’auront certainement à cœur de lui offrir nos Sœurs de Blauvac. F.Prieur fera de même en allant rejoindre ses élèves du STIM-BAC à leur session de rentrée.

Mercredi 26 : Au chapitre du soir, P.Abbé nous apprend que F.Farid, notre novice jordanien demande à retourner au pays ; son père-maître ira le conduire lundi à l’avion. Puis F.Gilles nous parle de l’abondance du cœur de ses deux mois passés à Ste Marie du Désert, où il a fort apprécié les horaires de la journée, et beaucoup moins le chant nocturne des grenouilles. Et s’il n’a pas pris l’accent du Midi, du moins nous en a-t-il rapporté la jovialité.

Jeudi 27 : Michel Cool, journaliste catholique à France-Culture, est venu présenter au magasin son dernier livre, Nouveaux penseurs du christianisme (Éd. DDB, 2006), ouvrage consacré à 10 scientifiques, théologiens, philosophes avec lesquels il a bâti cet été une suite d’entretiens radiophoniques ; ‘nouveaux’ notamment par leur effort de traduire en langage autre la langue d’hier devenue souvent inaudible aujourd’hui.

Outre notre Père Firmin, qui nous a quittés ce samedi 22, nous recommandons encore à vos prières le papa de notre F.Patrick, décédé le dimanche 9 septembre à l’âge de 70 ans.

 

Cette entrée a été publiée dans Chronique mensuelle 2007. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.