Vingt-cinquième Dimanche du temps ordinaire

Le bien véritable

Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée ?

Telle est la première question que nous avons entendue dans la première lecture de ce matin.  La suite est à l’avenant.  Les auditeurs du prophète Amos s’entendent reprocher de chercher par tous les moyens à gagner de l’argent.  Dans cette ruée vers l’or, les fêtes religieuses et les interdits religieux sont un handicap pour vivre sereinement et profiter de la vie en ce bas monde.

Si Dieu, par la bouche du prophète, termine le questionnement en affirmant :

Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits.

N’est-ce pas parce que nous avons plus à faire que de vivre pour satisfaire nos besoins terrestres ?  Notre vie est infiniment plus que tout ce que nous pouvons posséder et réaliser.  Jésus nous fait la caricature du serviteur malhonnête, mais dont son maître fait l’éloge.  Il s’est montré habile avec les biens de son maître, dans le but de survivre à la perte de ses responsabilités.  Mais Jésus nous invite à être des fils de la lumière, et donc à nous montrer autrement plus habiles que celui qui fausse les reçus pour en faire ses obligés.

C’est pourquoi Jésus conclut la parabole en passant à l’offensive :

Faites-vous des amis avec l’Argent trompeur,
afin que, le jour où il ne sera plus là,
ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.

L’argent doit donc nous servir, non pas seulement à nous assurer une vie décente ici-bas… mais aussi et surtout à nous assurer une place dans les demeures éternelles.  Voilà qui est bien étrange, et qui déjà dut surprendre les auditeurs de Jésus.  Le verset qui suit immédiatement la péricope que nous venons d’entendre précise sur ce point que les Pharisiens, qui aimaient l’argent,… ricanaient à son sujet.

La richesse, le pouvoir, ne sont pas les biens que Jésus nous invite à rechercher.  Il nous suggère de rechercher les biens qui demeurent en vie éternelle.  Et, si l’argent peut nous aider à entrer dans notre éternité, faisons-en le meilleur usage.

Saint Paul, dans la deuxième lecture de ce jour, nous invite à prier pour tous les hommes, pour les chefs d’état et tous ceux qui portent des responsabilités.  Et il précise le sens de cette demande : que chacun vive en paix et en sécurité dans le monde, et que nous nous retrouvions tous dans les cieux pour toujours.  C’est pourquoi il précise :

Voilà une vraie prière, que Dieu notre Sauveur peut accepter,
car il veut que tous les hommes soient sauvés…

Dieu veut que tous les hommes soient sauvés.  Tous nous sommes invités à entrer dans notre éternité.  Et Paul de préciser :

Il n’y a qu’un seul Dieu,
il n’y a qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus.

C’est notre foi, que nous proclamerons dans quelques instants dans le Credo : il n’y a qu’un seul Dieu, le Père Tout-Puissant…  et Jésus-Christ, son Fils unique.

Dans le monde il y a nombre de religions mais, pour nous chrétiens, il n’y a qu’un seul Dieu, que chacun cherche à honorer selon sa religion.  Nous ne sommes pas autorisés à juger des autres religions, mais nous sommes appelés à vivre notre foi en vérité.  Comme l’affirme Saint Paul, il n’y a qu’un médiateur entre Dieu et les hommes : Jésus.  Nous croyons qu’Il est venu dans le monde pour nous révéler l’amour du Père envers chacun de nous, envers tous les hommes.  Dépositaires d’une relation personnelle avec Dieu-Père, notre devoir de chrétiens est de prier pour que tous les hommes reconnaissent qu’il n’y a qu’un seul Dieu.

Nous pouvons aussi comprendre les conseils de Saint Paul de manière plus globale, adressés à tous les hommes de bonne volonté, lorsqu’il nous dit :

Je voudrais qu’en tout lieu les hommes prient en levant les mains vers le ciel, saintement, sans colère ni mauvaises intentions.

Le résultat d’une telle démarche sera que nous pourrons mener notre vie dans le calme et la sécurité, en hommes religieux et sérieux.

Que la participation à l’Eucharistie de ce matin nous rende disponibles aux appels du Seigneur et fasse de nous des médiateurs entre Dieu et tous les hommes de bonne volonté.

Frère Bernard-Marie

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