Cinquième Dimanche de Pâques

Oui, il y a du nouveau ! Cela se voit, comme au temps des Apôtres. Et en même temps, çà échappe.
C’est un élan nouveau qui soulève les personnes, et rien ne l’arrête et ne l’arrêtera. L’amour de Dieu a été répandu sur la terre, l’Esprit Saint donné par le Christ ressuscité travaille les cœurs.
Quand Paul et Barnabé allaient en mission et annonçaient Jésus le Christ partout où ils passaient, çà se voyait. Des disciples s’attachaient à eux dans les villes qu’ils traversaient, des villes comme Iconium, Antioche de Pisidie, Pergé. Et çà se voyait aussi parce que souvent une opposition se levait, et Paul et Barnabé devaient encourager ceux qui adhéraient au Seigneur. Mais, n’empêche : Paul et Barnabé « ont ouvert aux nations païennes les portes de la foi ». Le pluriel « les nations païennes est grandiose. Ils n’ont pas fait le tour du monde d’alors mais déjà ils sont allés fort loin de leur base de départ, Antioche de Syrie.
Déjà est en train de s’accomplir concrètement, par la conversion de ces gens, « le ciel nouveau et la terre nouvelle », perçu en vision par l’auteur de l’Apocalypse. Bien sûr, nous ne sommes pas encore au dernier jour, quand Jésus ressuscité reviendra. Alors le monde nouveau apparaîtra, celui qu’il aura fait naître et grandir. Et l’ancien monde, ouplutôt tout ce qui est refus de ce monde nouveau, tout cela disparaîtra. Alors oui, Dieu « essuiera [absolument] toute larme de nos yeux ; (…) il n’y aura plus de pleurs, de cris et de tristesse ».
Mais déjà au temps des Apôtres, et encore toujours aujourd’hui, la nouveauté est à l’œuvre. Elle est cette semence semée par l’un ou l’autre, que Dieu prend soin d’arroser, et qui pousse toute seule on ne sait comment, de nuit comme de jour. L’Epoux, Jésus, est à l’œuvre ; sa Parole, et toute sa vie, parlent à notre cœur, et transforme nos vies.
L’Evangile d’aujourd’hui nous parle de nouveauté. Jésus lui-même en parle. « Je vous donne un commandement nouveau », une loi nouvelle. Son contenu, « aimez-vous les uns les autres », est pourtant ancien. C’était dans la loi de Moïse, et c’est aussi inscrit au plus profond de tout être humain. Jésus ajoute quelque chose. Et s’il ne l’avait pas dit ici en paroles, il l’a de toute façon dit, proclamé par son propre comportement, par tout le chemin de sa vie. Jésus dit : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. »
Ce « Comme je vous ai aimés », c’est trop peu de le comprendre comme un modèle à imiter. Jésus a fait beaucoup plus que de nous donner le bon exemple, ce qui d’ailleurs ne serait pas si négligeable que cela. Le « Comme je vous ai aimés » dit plus que l’imitation. Il indique une source.
C’est en vivant, en éprouvant son amour à lui,  c’est en nous appuyant sur cet amour dont Jésus nous aime, que nous nous aimerons les uns les autres.Et c’est pourquoi nous serons alors reconnus comme ses disciples. La qualité du regard que nous offrirons à nos frères pointera vers cette source, cette personne, Jésus,  lui qui a aimé Lazare, Marthe, Marie, et Madeleine, et Zachée et la pécheresse, et la Samaritaine et le larron, et les infirmes et les infimes de toutes sortes.
Jésus est nouveauté en lui-même. Non pas un autre monde, un extra-monde ; mais la nouveauté de notre monde à nous : il fait surgir la joie et la beauté du cœur de l’homme.

Père abbé

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