Onzième Dimanche du Temps Ordinaire

Jésus parlait du Règne de Dieu, il en parlait en paraboles. La première parabole avait été celle du semeur et des différentes qualités de terrain ; dans les deux paraboles d’aujourd’hui, on s’intéresse plutôt à la semence elle-même.
Cette semence fait surgir quelque chose qui grandit et se développe. La quantité du fruit est là : « du blé plein l’épi » ; et le déploiement de la plante : « de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre ».
A partir de la semence, toute une force de vie se manifeste, et elle est irrésistible. Rien ne pourra l’arrêter. Par elle-même, elle ne peut que donner son fruit.
Il en est de même du Règne de Dieu, nous dit Jésus. Lui aussi, une fois semé en terre, croît d’une croissance irrésistible. Irrésistible et… cachée. ‘Cachée’ : ce peut être un des sens du mot ‘mystère’, ce mot que S. Marc applique au Royaume de Dieu : le « mystère du Règne de Dieu ».
Mais la semence et le Royaume de Dieu ont un autre point de contact, direct celui-là. L’une comme l’autre sont semés en terre. La semence : çà va de soi. Le Royaume de Dieu : lui aussi évidemment est semé en terre. Sinon, où serait-il semé ? Et si c’est je ne sais où, hors de cette terre, quel intérêt, quel sens pour nous ? Non, c’est dans notre terre qu’il est semé. Et quand on dit : « Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meure, il reste seul, mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit », on ne nous donne pas qu’une image : on nous dit la vie de Jésus lui-même.
Oui, Dieu laboure le champ du monde, et ce champ c’est nous,  pas les voisins. Et il n’en laisse pas tomber un coin, qui serait comme une zone de détritus irrécupérables. Non, il laboure tout le champ.
Le Semeur, notre Seigneur, sème toujours et partout. Il est toujours à l’œuvre. La semence n’est en fait que lui-même : il est lui-même souffle de vie pour les être de cœur que nous sommes. Et cette semence cherche toujours à se développer, à croître.
Et s’il y a difficulté, le problème est chez nous. La question devrait être : qu’y a-t-il en moi qui fait obstacle ? Comment se fait-il que la semence ne donne pas grand-chose ? Comment se fait-il que ce qui a poussé ne devient pas une plante épanouie ?  La semence est pourtant bien réelle et pleine de vigueur. N’est-ce pas moi qui ne la perçois pas ? moi qui resterais dans l’irréel et l’imaginaire, plein de pensées imaginaires, encombrantes pour les autres et pour moi, un tas d’idées et de sentiments de surface qui n’offre pas de terreau convenable à la semence que ne cesse de semer Notre Semeur ?

Père Abbé

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