Solennité de la Très Sainte Trinté

Tout au début de son Évangile, Saint Matthieu nous affirme par deux fois
ce qui a été engendré en Marie vient de l’Esprit Saint (Mt 1,18.20)
Joseph appela son fils premier-né Jésus, Emmanuel « Dieu-avec-nous ».  Dieu-Père, avait envoyé son ange annoncer à Joseph que l’Esprit-Saint avait pris Marie sous son ombre et qu’elle allait concevoir le Fils.
Tout à la fin de son Évangile, c’est-à-dire le texte que nous venons d’entendre, Jésus envoie ses disciples en mission en leur ordonnant de baptiser
au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
Après quoi Jésus dit aux disciples :
Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.
Jésus à sa naissance est appelé « Dieu-avec-nous ».  Jésus au moment de son Ascension dit à ses disciples et à chacun de nous : Je suis avec vous !   Voilà deux vérités qui se recoupent et nous permettent de connaître qui est Dieu et qui est Jésus.
Dès qu’Il se fit connaître au peuple d’Israël, le Seigneur est un Dieu de relation.  C’est ce que nous apprend la première lecture de ce jour :
Est-il un peuple qui ait entendu comme toi la voix de Dieu…
Est-il un dieu qui ait entrepris de se choisir une nation…
Sache donc aujourd’hui, le Seigneur est Dieu…
et il n’y en a pas d’autre.
Si le Dieu de l’Alliance, le Dieu de l’Ancien Testament est l’unique Dieu, si Dieu crée une relation avec le Peuple dès qu’Il a commencé à se révéler, c’est qu’Il est Relation en Lui-même.  Mais il fallut toute la pédagogie divine pour initier les croyants à cette vérité essentielle : il n’y a qu’un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre.
Jésus-Christ, lorsqu’Il s’est incarné a confirmé la vérité que le Peuple commençait confusément à comprendre : Dieu est Père.  La relation qu’Il souhaite avoir avec chacun de nous est une relation de confiance, une relation d’amour, une relation filiale.  C’est le cœur de l’enseignement de Jésus : Dieu est Amour, Dieu est Père, Dieu est notre Père.
Dieu étant Relation en Lui-même, relation entre le Père et le Fils, il est difficile d’imaginer que cette « relation » se limite à un regard amoureux entre eux.  Une relation, quelle qu’elle soit, se doit d’être ouverture, épanouissement.  Car l’Amour, nécessairement, ne revient pas à Celui qui aime, mais il se donne à un Autre.
Même si les disciples n’étaient pas prêts à comprendre cette vérité divine, avant de quitter le monde et de retourner vers le Père, Jésus eut ces paroles fortes, concernant l’Esprit Saint :
l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom,
vous rappellera tout ce que je vous ai dit. (Jn 14,26)
et ailleurs Jésus le nomme l’Esprit de Vérité (Jn 14,17).
Saint Paul quelques décennies après la mort de Jésus faisait un lien très fort entre le Père, le Fils et l’Esprit, comme nous l’avons entendu dans la seconde lecture :
L’Esprit que vous avez reçu … fait de vous des fils ;
poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l’appelant : « Abba ! »
Les trois Personnes de la Trinité sont déjà intimement liées entre elles, même s’il fallut plusieurs siècles pour aboutir à la définition trinitaire que nous proclamons dans le Credo :
Dieu, le Père tout-puissant,
Le Fils unique, engendré, non pas créé,
L’Esprit qui procède du Père et du Fils.
Rendons grâce à Dieu de nous avoir découvert son intimité et de nous inviter à y participer, par le baptême que nous avons reçu au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.  Que la participation à l’Eucharistie de ce jour nous fasse entrer plus avant dans l’Amour trinitaire et nous aide à en témoigner autour de nous.

Dt 4,32-34.39-40 ; Rm 8,14-17 ; Mt 28,16-20.

Frère Bernard-Marie

Cette entrée a été publiée dans Homélies 2012. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.