Quatrième Dimanche de Pâques

Je suis le bon pasteur, le vrai berger

La parabole du Bon Pasteur est bien connue.  Mais on s’arrête trop souvent au côté imagination pieuse voire mièvre, alors que le propos de Jésus est tout différent.
Il en va de même lorsque nous entendons le psaume 22 :
Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien
Sur des prés d’herbe fraîche il me conduit.
Le terme que Jésus utilise dans sa langue ne se rapporte pas à une bonté mièvre, mais à la beauté, la perfection, la justesse.  Il exprime la qualité de quelque chose qui correspond parfaitement à ce pour quoi elle est faite.  Jésus veut donc exprimer la perfection de ce qu’Il est, le bon pasteur, le vrai berger qui donne tout et se donne lui-même pour ses brebis.
Jésus prend des prérogatives de Moïse lorsque Dieu le préparait à devenir le libérateur du Peuple.  Lui qui avait bien conduit le troupeau de son beau-père Jethro, voilà que Dieu l’appelait à devenir le berger du Peuple d’Israël.  Il devrait le faire sortir d’Égypte et le conduire vers les eaux abondantes.  Mais les eaux abondantes dont le Peuple a besoin, ce ne sont pas celles qu’aiment les brebis…  Dans la représentation rabbinique il s’agit de la recherche de la vraie connaissance, la recherche de la Loi qui fut proclamée sur le Mont Sinaï.  C’est pour ramener les brebis égarées près des eaux de la Sagesse que Jésus nous rappelle que le vrai berger prend la brebis sur ses épaules.
Jésus se réfère également, et dans la même mesure, à un autre pasteur du troupeau, le roi David.  Dieu avait retiré le jeune homme de derrière ses brebis pour en faire le berger d’Israël.  David est souvent présenté non pas comme le « Bon » berger, mais comme le « Beau » berger, lui qui avait belle prestance dès son enfance (1S 16,12).  Jésus est à plus d’un titre le descendant de David, le Messie attendu.
Lorsque Saint Jean écrit cette page de son Évangile, il relit les discours de Jésus alors que Jésus est ressuscité et que la communauté chrétienne célèbre sa foi.
Jésus est bien le Nouveau Moïse qui nous a enseigné la Loi d’Amour.  Il prend chacun de nous sur ses épaules saintes pour nous ramener au bercail alors que nous nous étions égarés loin de Lui.  Par sa vie Il nous a enseigné l’amour du Père.  Par sa mort Il nous a ouvert le chemin qui conduit aux eaux vives qu’est la vie éternelle.
Jésus est également le Nouveau David.  Il est le descendant du grand roi d’Israël, le Messie attendu, l’Oint par excellence.  Après sa résurrection la royauté de Jésus saute aux yeux des premiers croyants qui comprennent enfin comment comprendre cette parole de Jésus :
mon royaume n’est pas de ce monde.  (Jn 18,36)
Les récits de la résurrection de Jésus entendus jusqu’à dimanche dernier laissent maintenant la place aux grands discours de Jésus tels que relatés par Saint Jean.  L’Église nous invite ainsi à nous interroger sur notre propre relation à Jésus et à son Père.
Le Christ Pasteur prend chacun de nous sur ses épaules et nous conduit vers le Père.  La relation qu’Il veut entretenir avec chaque croyant est la relation qui existe entre la brebis qui connaît son maître et le Berger qui connaît chacune de ses brebis.  Cette connaissance réciproque est très forte, très intime, puisque – précise Jésus – c’est la même relation que celle qui existe en le Fils et son Père.
Jésus-Christ est également le Roi des roi et le Seigneur des seigneurs.  Il nous a ouvert la route qui mène au ciel.  Il nous montre le chemin qui conduit au Père.  Avançons à la suite de Jésus à la rencontre du Père.  Oui, le royaume du Fils n’est pas de ce monde, et tous nous sommes invités à participer à sa gloire dans les cieux.
La participation au repas eucharistique est déjà anticipation du repas des noces éternelles que nous célébrerons au ciel.  Nous recevons ici et maintenant le corps du Christ à manger.  C’est par ce moyen que Jésus nous propose de communier à Lui, à son amour et de parvenir un jour à la communion parfaite dans les cieux.  Là nous verrons combien le Père aime le Fils et combien le Fils nous a conduits sur nos routes humaines pour nous éviter de dévier du chemin qui conduit à la vie éternelle.

Ac 4,8-12 ; 1Jn 3,1-2 ; Jn 10,11-18.

Frère Bernard-Marie

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