Trente-deuxième Dimanche T.O.

Vous tous qui faites le bien

Alors que nous célébrions mardi dernier la Toussaint, et mercredi le souvenir des défunts qui nous ont précédés, les lectures de la messe de ce jour nous rappellent les mêmes célébrations.  Saint Paul en effet, avec l’autorité qui est la sienne et qu’il rappelle à la fin de l’extrait que nous venons d’entendre, dit :
Retenez ce que je viens de dire, et réconfortez-vous les uns les autres.
La mort n’est qu’un passage…  Inutile de nous tracasser sur le quand et le comment.  Les premiers chrétiens s’imaginaient que le Christ reviendrait pour le jugement du monde avant que les apôtres ne soient morts.  Mais alors, comment serons-nous, nous qui serons encore vivants lors de son Retour ?  Cette question, peu de gens se la posent encore de cette manière aujourd’hui.  Le monde ayant été créé il y a plus de 13,5 milliards d’années, c’est peu probable que la fin du monde survienne demain matin ou l’année prochaine.
Cela dit, l’enseignement de Saint Paul dans l’épître de ce matin nous concerne tout autant que les destinataires de sa lettre au premier siècle du christianisme.  Nous savons, d’une connaissance de foi, que notre vie sur terre a une fin, et qu’elle est la préparation à la vie éternelle avec Dieu.
Que le jour du retour de l’Époux soit connu ou inconnu, qu’il soit proche ou lointain, cela ne doit pas influer sur notre comportement.  C’est ce que Jésus nous enseigne dans l’Évangile de ce matin.  Nous devons garder nos lampes allumées même si nous nous assoupissons comme toutes ces invitées aux noces.
Le travail qui nous est demandé est de garder toujours un peu d’huile de côté pour notre lampe.  Qu’elle brûle toujours et qu’elle nous éclaire et éclaire le cortège nuptial au moment venu.  Mais que sera ce cortège, puisque nous reconnaissons que la fin des temps n’est probablement pas « pour demain » ?
Jésus nous donne la réponse en conclusion de la petite parabole :
Veillez donc et priez, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.
C’est dans la veille, dans la prière, que nous recevrons la Sagesse comme nous l’a rappelé la première lecture.  La Sagesse, pour connaître la volonté sur nous, pour nous éclairer sur notre route d’hommes et de femmes, pour trouver notre vraie vocation.
La Sagesse est resplendissante, elle est inaltérable,
elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent.

Nous avons à travailler pour acquérir cette huile qui manquait aux 5 jeunes filles insensées.  Inutile de dormir sur nos lauriers, en rappelant à Dieu qu’Il nous avait invités aux noces, et que nous avons le droit d’entrer.  Non, nous n’avons aucun droit.  C’est pourquoi l’époux répond à celles qui arrivent en retard :
Je ne vous connais pas.
Réponse cinglante dans la bouche de Jésus…  Elle nous invite à la modestie, à l’humilité, puisque nous en pouvons en aucun cas nous prévaloir de quelque droit que ce soit à entrer dans la salle des noces.  Chez Saint Luc, dans un passage similaire, lorsque les invités des noces viennent frapper à la porte en disant :
Nous avons mangé et bu avec toi, nous t’avons écouté sur nos places !
Jésus répond :
Je ne sais pas qui vous êtes,
éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal.
(Lc 13,26-27)
À nous de correspondre à l’appel de Jésus sur nous.  Nous ne pouvons pas nous glorifier de tel ou tel privilège, d’avoir suivi Jésus en Galilée, d’voir fait des miracles en son Nom.  Mais Jésus, aujourd’hui encore, demande à chacun de nous de « faire le bien », de répandre son amour autour de nous, de faire Sa volonté.
Alors, le maître du repas ne nous rabrouera pas parce que nous venons frapper trop tard à la porte du festin.  Non, Il nous ouvrira et nous dira :
Bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître. (Mt 24,21)
La participation à l’Eucharistie de ce jour est déjà une participation au festin dans le Royaume du ciel.  Que le corps du Christ que nous mangerons nous donne la force d’avancer joyeux sur notre route d’hommes, même si nous rencontrons des contrariétés et de la souffrance.  La joie qui nous est promise sera éternelle.

Frère Bernard-Marie (Abbaye de Soleilmont)

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