Vingt-septième dimanche du Temps Ordinaire

La parabole, appel à la conversion

Utiliser des paraboles pour interpeller son interlocuteur est un moyen habile que la Bible nous rapporte à de nombreuses reprises.  Dans le deuxième Livre de Samuel, Dieu envoie le prophète Nathan pour poser une énigme au roi David alors qu’il vient de rendre Bethsabée enceinte alors que son mari Urie le Hittite est sorti avec l’armée qui fait le siège de la ville de Rabba.
« Il y avait deux hommes dans une ville, l’un riche et l’autre pauvre.
Le riche avait force moutons et bœufs.
Le pauvre n’avait rien du tout, sauf une agnelle, une seule petite,… »

À la fin de la parabole, le roi David entra dans une grande colère et dit :
Par la vie du Seigneur, il mérite la mort, l’homme qui a fait cela.
Et Nathan dit à David : cet homme c’est toi ! (2S 12,1…7)
Nous avons entendu un procédé très similaire dans la bouche de Jésus qui interpellait ainsi les scribes et les anciens du peuple.  Jésus dit :
Un homme était propriétaire d’un domaine ;
il planta une vigne, l’entoura d’une clôture,

Et, à la question de Jésus de savoir ce que le propriétaire fera de ses ouvriers, la réponse claque elle aussi :
Ces misérables, il les fera périr misérablement.
Et Jésus de conclure :
Le royaume de Dieu vous sera enlevé…
Le message que Jésus délivrait et la réponse qu’il attendait étaient pourtant limpides une fois que la clé d’interprétation est donnée.  Comme Nathan à David, Jésus dit aux scribes et aux anciens du peuple : ces vignerons, c’est vous.  Et la question est : qu’avez-vous fait de votre héritage, comment avez-vous traité les envoyés de Dieu qui venaient demander des comptes.  La réponse ne se fit pas attendre, même si elle ne fait pas partie de la péricope évangélique de ce matin :
En entendant ses paraboles, les grands prêtres et les Pharisiens comprirent que c’était d’eux qu’il parlait.
Ils cherchaient à l’arrêter, mais ils eurent peur des foules, car elles le tenaient pour un prophète.
(Mt 21,45-46)
Devant le prophète Nathan, la réponse de David est tout à fait différente, puisqu’il répond :
J’ai péché contre le Seigneur.
Et Dieu pardonna la faute de David, même si l’enfant fruit de l’adultère dut mourir.  Dieu bénit ensuite David et Bethsabée, comme la suite du récit nous le montre.  Lorsque Bethsabée enfanta à nouveau, le Seigneur aima cet enfant et lui donna pour nom Yedidya – c’est-à-dire aimé du Seigneur –.  C’est le roi Salomon, le plus grand et le plus sage des rois d’Israël.  (2S 12,24-25)
Jésus dut être déçu voire découragé devant le refus des chefs du Peuple à entendre son message et son appel à la conversion, même cachée dans la parabole que ses interlocuteurs avaient très bien comprise.  Les moyens humains et pacifiques pour les inviter à accueillir Sa Parole ayant échoués, Jésus comprenait très bien que leur opposition Le conduirait à une mort brutale, comme nombre de prophètes ses prédécesseurs.
Aujourd’hui Dieu ne nous parle plus par des prophètes, il ne nous parle plus en paraboles.  Mais il arrive que nous soyons interpellés par la parole d’un ami, d’un proche.  Écoutons ce qu’il a à nous dire, peut-être a-t-il un message de la part du Seigneur.  Alors, suivons l’exemple du roi David et acceptons de nous corriger.  Ne faisons pas comme les chefs du peuple qui se mirent en colère en refusant d’entendre la parole qui leur était adressée.
Que la participation à cette Eucharistie nous ouvre les oreilles et le cœur pour entendre et accepter les paroles que le Seigneur voudra nous adresser par les intermédiaires qu’Il se choisira.

Frère Bernard-Marie

Cette entrée a été publiée dans Homélies 2011. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.