Vingt-troisième Dimanche du Temps Ordinaire

Si deux d’entre vous…

La semaine dernière nous avons entendu Jésus annoncer sa passion prochaine tandis que Saint Pierre s’en offusquait.  La lecture hebdomadaire de l’Évangile selon Saint Matthieu que nous entendons en cette année A nous fait sauter un chapitre complet pour commencer aujourd’hui et sur les dimanches suivants un enseignement donné par Jésus aux disciples rassemblés autour de Lui à Capharnaüm.  Dans l’esprit de l’évangéliste il s’agit du grand discours sur la communauté chrétienne.
Si ton frère a commis un péché …
Voilà le début d’un vrai code communautaire, code qui est le fondement de notre vie ecclésiale, mais également de la vie ecclésiale de chacune de nos communautés de vie chrétienne, de vie religieuse, de vie monastique.
Nous sommes loin ici de la tradition juive pour qui la faute est imputée au pécheur qui peut en mourir tandis que le juste vivra.  Même si le prophète Ézéchiel, dans la première lecture, reçoit déjà la Parole de Dieu et qu’il est responsable de cette Parole, il n’est que le « porte-Parole ».  Il doit transmettre directement et fidèlement la Parole reçue, sans se poser de questions.  Le chrétien, lui, est invité à aider son frère à se convertir.
Du temps des prophètes, c’est Dieu qui parlait par leur bouche pour diriger et conduire, pour redresser et punir.  Jésus nous donne à nous cette responsabilité communautaire.  C’est « en Église » que nous avançons vers Dieu, que nous nous préparons à entrer dans notre éternité.
Aujourd’hui nous devons nous sentir responsables de nos frères et sœurs, et Jésus nous demande de nous inquiéter pour eux.  Impossible d’affirmer un « chacun pour soi » dans notre marche vers la vie éternelle.
Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel,
et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel,

dit encore Jésus dans l’Évangile de ce matin.  Grande responsabilité qu’Il a donnée à son Église, et qui nous invite à prendre, chacun à notre place, si modeste soit-elle, notre part dans l’avancement spirituel de tous.
C’est ce que Saint Paul a enseigné dans les communautés chrétiennes qu’il a fondées et dans les lettres qu’il a écrites, comme nous l’avons entendu dans l’extrait de l’épître aux Romains :
Frères, ne gardez aucune dette envers personne,
sauf la dette de l’amour mutuel.

Voilà tout un programme, qui nous prend la vie à bien appliquer, que nous soyons en communauté ou en famille …  Mais Jésus ne nous en veut pas, et fait tout pour nous aider à avancer et à aimer toujours davantage ceux qu’Il met sur notre route.
C’est pourquoi Paul affirme encore, ce matin, que toute la Loi et les Prophètes se résument en cette unique maxime, que Jésus déjà avait enseignée :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Mt 22,37-40 et ailleurs)
Et que Paul commente ainsi :
L’amour ne fait rien de mal au prochain.
Donc, l’accomplissement parfait de la Loi, c’est l’amour.

Nous savons que ce mode de vie est exigeant.  Jésus a été condamné à mort parce qu’Il prônait un amour infini de Dieu et de chaque personne.  Mais nous sommes en communauté d’Église, et Jésus a donné tous pouvoirs à ses membres.
Demandons à Dieu de raffermir notre foi, d’augmenter notre amour et de nous faire demander des dons qu’Il peut nous accorder, comme le dit encore Jésus dans l’Évangile de ce jour :
si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord
pour demander quelque chose,
ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.

Mais surtout, n’oublions pas la dernière phrase de Jésus :
Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.
C’est Jésus qui nous réunit ce matin.  Il est au milieu de nous.  Il nous guide sur la route du plus grand amour.  Il nous donne son Corps comme nourriture pour la route, pour nous aider à faire communion entre nous et avec Lui.

Frère Bernard-Marie (Abbaye de Belval)

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