Dix-septième Dimanche du Temps Ordinaire

Qu’est-ce qui, pour vous, serait le trésor caché,       le trésor qui a du prix plus que tout et qui vaut si cher que vous êtes prêt à lui sacrifier tout le reste ? La réponse peut être : ceci, cela,… ; mais est-ce que ce ne sera pas plutôt : celui-ci, celui-là, celle-ci, celle-là ?

Mais reprenons la brève histoire du trésor caché dans un champ. On peut y voir cinq aspects : d’abord il est caché ; ensuite on le trouve ; on constate que c’est un trésor ; il apporte la joie ; et ce trésor passe avant tout le reste.

D’abord ce trésor est caché. Non pas, bien sûr, pour que je sois seul à le trouver et que personne d’autre n’en profite ! Cette totale fermeture sur soi est aux antipodes du Royaume des cieux. Non !    Ce trésor est caché dans le sens où il n’est pas de l’ordre du tape à l’œil. Il n’a aucune évidence aveuglante ; il n’induit aucune réception automatique.

Ce trésor est caché, mais un jour un homme le trouve, il tombe dessus, pourrait-on dire. Ce trésor qui lui apparaît, il le perçoit, il se laisse toucher par lui, selon la mesure propre à ce trésor.

Il découvre un trésor : un trésor qui change la vie. Non pas seulement au sens de la publicité qui encombre de trésors tous nos coins de rue. Le trésor de la parabole change notre vie personnelle : il atteint notre cœur, notre lieu d’existence le plus profond. Ce trésor, ce n’est pas une chose, un objet, ou ses substituts, l’argent, le compte en banque. Ce trésor sans prix, c’est une autre personne : elle s’est approchée de nous, nous nous sommes approchés d’elle. Cette richesse de relation nourrit le fond des deux personnes en présence.

Vérification de ce niveau de profondeur : ce trésor éveille la joie. Une joie non accrochée aux variations boursières, ni pendue aux humeurs de l’un et de l’autre. Une joie du fond de soi-même, une joie d’être que rien au monde ne peut enlever.

Ce trésor-là est sans comparaison possible. C’est-à-dire : sans prix possible. Tout le reste passe après. Non que ce reste soit éliminé ; au contraire, il en serait plutôt, disons, illuminé.

La découverte d’un tel trésor, c’est la rencontre de celui ou de celle avec qui engager et construire l’existence, engager et construire un amour, à travers toute l’épaisseur de la vie.

La découverte d’un tel trésor, c’est, un jour, le Seigneur venant à notre rencontre, comme jamais il ne l’avait fait jusque là. Révélation de ce que je suis pour lui ; et éveil de ce que je veux être pour lui.

Cette pleine vie du cœur de l’homme et du cœur de Dieu, c’est le Royaume des cieux.

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