Chapitre 1 – Des genres de moines (suite)

LE TROISIÈME GENRE DE MOINES est celui, tout à fait abominable, des sarabaïtes. Ils n’ont subi l’épreuve d’aucune règle, maîtresse d’expérience, comme l’or subit celle de la fournaise ; mais ils sont amollis comme du plomb.
Par leurs œuvres, ils restent toujours fidèles au siècle, et mentent effrontément à Dieu par leur tonsure.
Ils vivent à deux ou trois, ou même seuls, sans pasteur, non dans les enclos du Seigneur, mais dans leurs propres bergeries.
Ils ont pour loi le plaisir de leurs convoitises. Ils appellent saint tout ce qu’ils pensent ou préfèrent, et ils estiment illicite ce qui leur déplaît.

Le quatrième genre de moines est celui qu’on appelle des gyrovagues. Leur vie durant, ils vont de province en province, séjournant tous les trois ou quatre jours dans des cellules différentes,
toujours errants et jamais stables, esclaves de leurs volontés propres et des plaisirs de la gourmandise, pires en tout que les sarabaïtes.

Il vaut mieux se taire que parler de la détestable conduite de ces moines.
Laissons-les donc de côté, et venons-en à légiférer pour la race très forte des cénobites.

 

9 janvier
10 mai
9 septembre

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