Dix-septième Dimanche du T.O., Année A

+
1 R 3, 5.7-12; Rm 8, 28-30; Mt 13, 44-52.
+
Pour nous parler du Royaume de Dieu, Jésus n’utilise pas de définitions précises ou des descriptions détaillées, mais il emploie des images, des paraboles.  Mais lorsqu’ils répondent par un “oui” franc et massif à la question de Jésus qui les interroge: “avez-vous compris tout cela?”, on peut se demander si les disciples sont aussi convaincus qu’il veulent bien en avoir l’air. Avaient-ils vraiment compris, avaient-ils compris mieux que nous, ce que Jésus venait de leur dire?
On pourrait en douter, lorsqu’on se souvient de leurs disputes au sujet de celui qui occuperait la première place, dans ce Royaume. Au fond, pour eux comme pour nous, le Royaume de Dieu reste un mystère, une énigme difficile à déchiffrer. Les paraboles employées par Jésus nous le révèlent certes, mais de façon très énigmatique. En fait, les images utilisées par Jésus servent surtout à briser les fantasmes que l’imagination et les passions des hommes ont forgés, au cours des siècles, à propos de cet au-delà qui échappe complètement à notre perception.
Cependant, lorsqu’il veut nous parler de cette réalité, que lui -même connaît, Jésus commence toujours par prendre un point de départ dans l’univers qui nous est familier. Dimanche dernier, il avait pris la comparaison semeur et du grain de moutarde;  cette semaine, c’est le trésor caché dans le champ ou le filet jeté dans la mer. Cette multiplicité d’images, qui n’ont guère entre elles beaucoup de points communs, tout en nous dévoilant des aspects divers du Royaume, nous empêche, en même temps, d’en saisir d’un seul regard la réalité profonde. Chaque parabole est comme un fragment, un reflet de ce mystérieux Royaume où Jésus nous invite à le suivre.
Les deux paraboles, que nous avons lues aujourd’hui, ont en commun le fait qu’elles mettent toutes deux en relief le caractère inattendu, aléatoire, imprévisible du Royaume. Le chasseur de trésors, comme le  filet jeté dans la mer, sont soumis aux aléas de la recherche. L’un comme l’autre ne savent pas s’ils vont ramener quelque chose. Mais alors que, dans la parabole du trésor caché dans le champ, c’est le trésor du Royaume qui se laisse découvrir par le chercheur infatigable, dans la parabole du filet, c’est le poisson, que nous sommes, qui se fait prendre, malgré lui.
Ainsi, le Royaume de Dieu est à la fois ce que nous cherchons, mais aussi celui qui nous cherche. Il est à la fois ce trésor pour lequel nous devons nous dépenser, et en même temps ce filet qui va nous saisir sans que nous l’ayons prévu. Nous le cherchons, mais lui aussi nous cherche! Il se donne, mais c’est lui aussi qui nous prend.
Dans l’apparente contradiction de ces deux images du trésor et du filet, Jésus nous dévoile en fait l’étrange aventure qui se joue, depuis la nuit des temps, entre Dieu et nous, entre le Créateur et sa créature. Si nous sommes sans cesse en quête d’un insaisissable bonheur qui nous pousse à creuser tous les champs du monde, sans trop savoir ce que nous cherchons, Dieu, par contre, sait ce qu’il cherche. Le cri lancé par Dieu au jardin de la Genèse: “Adam, où es-tu”? continue de résonner dans notre temps, comme depuis les origines du monde. Le Royaume est donc à la fois Celui que nous cherchons, et Celui qui nous cherche.
Cette entrée a été publiée dans Homélies 2008. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.