Cinquième Dimanche de Pâques

Act 14,21-27 ; Ap 21,1-5 ; Jn 13,31-33.34-35.

Aimez-vous…

 

 

 

Nous commençons à lire, à partir de ce dimanche, le grand discours de Jésus dans l’Évangile selon saint Jean, discours d’adieu, testament spirituel du Maître à ses disciples.  Pour davantage encore nous rendre compte de l’heure solennelle dans laquelle Jésus parle, rappelons-nous les versets qui précèdent immédiatement la péricope que nous venons d’entendre.

Jésus donna la bouchée qu’il avait trempée à Judas  et lui dit : « Ce que tu as à faire, fais-le vite ».

Quand Judas eut pris la bouchée, il sortit immédiatement.  Il faisait nuit. (Jn 13,27.30)

 

Judas continue sa route, dans la nuit.  Jésus transmet maintenant son dernier enseignement pour préparer ses disciples à l’épreuve qui se prépare.  Jésus sait ce qui l’attend, c’est pourquoi il commence son discours solennellement :

Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.

Il précise ensuite qu’Il n’est plus pour longtemps avec ses disciples, avant d’aborder le premier sujet de son testament spirituel :

Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres.

Et de préciser, sous une autre forme :

 

 

 

 

Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.

À force de lire et d’entendre ces expressions un peu alambiquées, on oublie de les lire dans le sens le plus littéral qui soit.

Je vous aime, aimez-vous. Voilà ce que Jésus enseigne !

Ce ne sont pas des mots, des phrases pieuses, des expressions spiritualisées.  L’amour est de tous les instants, l’amour se vit au quotidien, avec ceux qui nos les plus proches, ceux avec qui nous vivons.

 

 

Saint Jean l’Évangéliste, qui se présente lui-même comme « celui que Jésus aimait », fut particulièrement frappé de ce dernier enseignement de Jésus la veille de sa mort.  Il est le seul des évangélistes à avoir repris de manière aussi développée le discours d’adieux de Jésus.  Remarquons en passant que ce n’est qu’à partir des événements de la Passion de Jésus qu’il se présente sous cette périphrase.

Saint Jean a également écrit trois Lettres qui, elles aussi, insistent à temps et à contretemps sur l’amour qui doit régner entre les croyants.

 

 

Car tel est le message que vous avez entendu dès le début : nous devons nous aimer les uns les autres. (1Jn 3,11)

Petits enfants, n’aimons ni de mots ni de langue, mais en actes et en vérité. (1Jn 3,18)

Et plus loin, pour bien marquer son expérience qu’il souhaite transmettre aux croyants, Jean affirme fortement :

Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru.

Dieu est Amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. (1Jn 4,16)

On pourrait multiplier les citations en reprenant chacune des 3 épîtres que Jean écrivit.  L’amour dont il est question n’est pas « de mots » ou « de langue », mais nous devons, oui, aimer en actes et en vérité.

Jean a vécu une relation extrêmement forte avec Jésus.  Il nous invite tous, jusqu’à aujourd’hui, à une relation similaire.  Celle-ci transformera notre vie et donnera un autre relief à toutes nos relations d’amitié, à notre amour même, à l’amour qu’éprouvent l’homme et la femme qui s’aiment.

Que la participation à cette Eucharistie nous fasse découvrir à neuf l’enseignement de Jésus.  Que nous apprenions à dire et à vivre son testament spirituel :

Je vous aime, aimez-vous !

 

 

Frère Bernard-Marie

 

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