Vingt et unième Dimanche du T.O.

N’y aura-t-il que peu d’élus ?

Dans la réponse à la question qui lui est posée, Jésus parle à nouveau du Royaume de Dieu comme d’un festin.  Il s’agit, bien évidemment, du royaume des cieux, et du festin en présence de Dieu, des anges et de tous les saints.  En effet, Jésus précise que les retardataires, après avoir frappé à la porte, en regardant par le trou de la serrure, verront alors Abraham, Isaac et Jacob, tous les prophètes, et des invités venus de tous les horizons.

Attablés avec tous les anges, les convives jouissent de vision, ils jouissent de la présence de Dieu Trinité qui préside au repas…  L’image du repas est classique pour décrire le Royaume des cieux, la vie en présence de Dieu pour l’éternité.

Mais Jésus nous précise dans la parabole de ce matin que l’entrée dans la salle des noces ne se fait pas de manière automatique.  Ce n’est pas parce que vous avez mangé et bu avec moi durant ma vie publique, que vous entrerez dans la salle du banquet, dit Jésus.  De même pour nous, ce n’est pas parce que nous avons rencontré tel saint, que nous avons salué le pape, que nous avons dépanné telle sœur, que nous entrerons dans le Royaume.

Ceux qui ont mangé et bu avec lui, Jésus leur dit :

Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal.

 

Il ne s’agit pas de rejeter tous ceux qui ont vécu à ses côtés, mais seulement ceux qui n’ont pas profité de ses enseignements pour changer de vie et mettre en application les paroles reçues.  C’est la même parole que lorsque Jésus dit :

Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et assises dans la cendre, elles se seraient repenties.

Aussi bien, pour Tyr et Sidon il y aura moins de rigueur, lors du Jugement, que pour vous. (Lc 10,13-14)

Il ne suffit donc pas de suivre Jésus, mais il faut surtout écouter sa Parole et la mettre en pratique.  À nous également l’appel est lancé.  Avec le prophète Isaïe, nous pouvons nous reconnaître parmi les membres de toutes les nations qui sont invités à rejoindre Jérusalem, la Jérusalem céleste, pour fêter ensemble le Seigneur.

Oui, Jésus rappelle encore dans d’autres paraboles que la salle des noces est grande.  Si certains refusent d’entrer ou n’ont pas l’habit des noces, les estropiés, les malades, les boiteux, bref tous les peuples, sont invités  (Lc 14,21-24).

Revenons à la question préliminaire de l’extrait de l’Évangile de ce matin :

Seigneur, n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ?

Jésus ne donne pas de réponse…  Et pour cause !  L’important n’est pas de savoir combien il y aura d’élus, car nous risquons de juger les uns et les autres, et nous compter nous-mêmes nécessairement parmi les sauvés.  La porte est étroite nous dit encore Jésus, tandis qu’il est large et glissant le chemin qui mène à la ruine, et il en est beaucoup qui s’y engagent (Mt 7,13-14).  Dans ce texte parallèle de Saint Matthieu, Jésus précise que la porte étroite mène à la Vie.

Prenons donc ce chemin, et essayons d’aider ceux qui le souhaitent, montrons le chemin à ceux qui nous regardent, prenons la main de ceux qui veulent nous suivre.  La route n’est pas toujours facile, Dieu nous fait parfois des remontrances, comme nous le rappelle l’épître aux Hébreux. Mais nous savons où nous allons, nous sommes heureux d’avancer sur cette route, à la suite de Jésus.

La participation à cette Eucharistie, prémices du festin éternel dans le Royaume, nous donnera le courage sur la route.  Lorsque le chemin devient trop raide, que nous nous fatiguons, que nous risquons de nous décourager, reprenons des forces dans les sacrements et ayons confiance que nous arriverons, avec l’aide de Dieu, pour la grande rencontre.

 

 

 

 

 

Frère Bernard-Marie

 

Cette entrée a été publiée dans Homélies 2010. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.