Trente-troisième Dimanche TO.

« …vous obtiendrez la vie ». La vie, dernier mot de l’Evangile d’aujourd’hui, qui donne espoir après tout ce qui est dit juste avant et qui est bien terrible. Cela avait pourtant bien commencé : les disciples contemplaient tranquillement la beauté des pierres, la beauté de ce temple tout neuf. Mais Jésus en profite pour leur évoquer des réalités très rudes et aussi comment les traverser et parvenir à la vie. La vie : mais quelle vie ?

 

 

Les faits terrifiants vont commencer sous leurs yeux. Ce temple splendide, Jésus en annonce la destruction prochaine, et ce sera chose faite quand S. Luc écrit. « Il ne restera pas pierre sur pierre, tout sera détruit ».

 

 

Mais il ne s’agit pas que de pierres. Les hommes aussi se seront levés les uns contre les autres : il y aura des guerres, des soulèvements. Les nations, les peuples, les groupes de toutes sortes s’affronteront. La paix aura disparu de dessus la terre.

 

 

Et pour la fin de l’histoire, au dernier jour, Jésus annonce un ensemble de cataclysmes : « grands tremblements de terre, et çà et là des épidémies de peste et des famines (…), des faits terrifiants, et de grands signes dans le ciel ». Ce sera la fin.

 

 

Mais à travers toutes ces épreuves du temps et de la fin du temps, que deviendra le disciple de Jésus ? Il ne sera pas épargné. Il n’échappera pas. Au contraire : « on portera la main sur vous, on vous persécutera, on vous jettera en prison ». Pire encore : Les persécuteurs seront leurs proches, les plus proches qui soient, « parents, frères, famille et amis ». Et il semble bien, d’après la phrase de S. Luc, que ce soit à cause d’eux que certains disciples seront mis à mort. En tout cas, si ce n’est pas la mort, ce sera la haine universelle : « vous serez détestés de tous ». A tout cela, qui résistera ?

 

 

Et pourtant Jésus annonce la vie à ses disciples. Il leur assure qu’ils seront épargnés. Et même davantage : « pas un cheveu de votre tête ne sera perdu », affirme-t-il, reprenant ce qui est dit ailleurs dans S. Luc : des « moineaux » qui valent deux fois rien, « pas un d’entre eux n’est oublié de Dieu. Eh bien ! mêmes vos cheveux sont tous comptés. Soyez sans crainte, vous valez mieux que tous les moineaux » du monde.

 

 

C’est que le disciple, lui, s’engage pour Jésus, il tient à lui à travers tout ce qui peut arriver : il agit, comme dit Jésus, « à cause de mon nom ». Admirons cette force de conviction qui fait les martyrs.

 

 

Mais le martyr chrétien ne s’appuie pas sur son propre fonds : il tient tout du christ, il reçoit tout de lui. C’est ainsi qu’on peut comprendre que, dans les interrogatoires, il reçoit de Jésus tout le nécessaire pour se défendre : « et une bouche et une sagesse », dit le grec. Même sa bouche, sa langue, son langage, il les reçoit de Jésus.

 

 

Qui donc obtiendra la vie ? non pas celui qui est riche, fort par lui-même, mais bien plutôt celui qui est pauvre, vide pour Dieu.

 

 

L’exemple ? les disciples et Jésus l’avaient sous les yeux. En effet, juste avant de contempler la beauté des pierres, Jésus avait attiré l’attention des disciples sur cette veuve qui mettait dans le tronc deux piécettes en offrande. Elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre, commentait Jésus. Mais alors, quelle était sa vie ? Sa vie venait d’ailleurs ; de ce Dieu en qui elle mettait toute sa confiance, de ce Dieu en qui elle respirait, de ce Dieu qui était toute sa vie, toute sa joie, et qui voudrait être toute notre vie, toute notre joie.

 

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