Noël, Messe de Minuit

La nuit de Noël
Nous gardons tous le souvenir des fêtes de Noël de notre enfance. Que nous soyons jeunes ou vieux, Noël reste empreint de l’innocence et de la joie toute enfantine. Combien d’auteurs chrétiens tout au long des siècles, n’ont-ils pas essayé de donner leur propre cachet à la fête de cette nuit.
L’Évangile selon Saint Luc que nous avons entendu reste très discret sur les déboires de Joseph et de Marie dans le petit village de Bethlehem. Cela a donné déjà aux évangiles apocryphes matière à développement. C’est d’eux que nous est venue la tradition du bœuf et de l’âne qui, au fond de l’étable, réchauffaient l’Enfant et sa Mère de leur souffle.
Des contes de Noël aux personnages des crèches, en passant par les santons de Provence, chacun y va de son imagination fertile pour actualiser à sa manière l’événement que nous célébrons cette nuit.
Il est vrai que cette nuit le ciel et la terre sont en contact direct. La Porte du ciel est ouverte, pourrait-on dire, pour laisser passer le Fils de Dieu qui se fait fils de la femme. C’est par cette même porte que sont descendus les anges et les archanges pour annoncer la naissance de l’Enfant-Dieu et pour chanter l’hymne
Gloire à Dieu au plus haut des cieux (Lc 2,14).
Oui, le moment de la naissance corporelle de Jésus est un moment exceptionnel. Le ciel et la terre, si on peut dire, ne font plus qu’un, le temps de cette rencontre entre le divin et l’humain, en ce moment précis où le divin prend corps dans notre chair mortelle.
Temps de grâce inespérée donc, entre le ciel et la terre, temps où l’on retrouve le bonheur et la paix qui régnait au paradis terrestre, Dieu discutant face à face avec les humains. Journée, mieux, nuit, où il est permis d’imaginer que des choses spéciales, des petits miracles se produisent. La grâce qui passe et laisse des traces, le bonheur qui devient palpable, le petit quelque chose qui change tout dans la vie.
Déjà, rappelons-nous le bœuf et l’âne du texte apocryphe. Il s’agit d’une relecture des prophéties d’Isaïe où il annonce le retour de la paix sur terre et entre les créatures. En guise d’exemple ces deux textes :
La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits, même gîte.
Le lion, comme le bœuf mangera du fourrage. (Is 11,7) 
Heureux serez-vous : vous sèmerez partout où il y a de l’eau,
vous lâcherez sans entrave le bœuf et l’âne. (Is 32,20)
Isaïe parle des temps messianiques qui doivent arriver bientôt. Les auteurs de tous les temps ont vu dans la naissance Jésus en cette nuit la réalisation de ces temps, et donc la réalisation des promesses. Ensuite, libre à chacun de les paraphraser.
Combien d’entre nous n’ont pas rêvé de participer avec les bergers à la vision des anges, puis d’accourir auprès de la crèche. Mais tous ne peuvent être berger ou bergère. Pourquoi ne pas s’imaginer être le petit agneau qui peut avancer jusque contre la crèche et lever la tête vers l’Enfant Jésus ? D’admirer Marie et Joseph, tout étonnés de ce qui leur arrive, alors qu’elle vient juste de donner la vie à l’Enfant qu’elle porte et qui est à plus d’un titre don de Dieu. Rappelons-nous encore le nom de l’Enfant tel qu’il a été donné à Marie et à Joseph : Emmanuel, Dieu-avec-nous
(Mt 1,23).
Oui, cette nuit encore, le miracle a lieu ! Courons à la rencontre de Dieu et de ses anges. Soyons comme le « Ravi » devant la nouveauté de l’Homme-Dieu et chantons la gloire de Dieu venu sauver les hommes :
Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
Et paix sur la terre aux hommes qu’Il aime. (Lc 2,14)
Frère Bernard-Marie (Abbaye de Belval)
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