Cinquième Dimanche de Carême

Jésus pleura.
Lorsque Jésus apprit la maladie de son ami Lazare, il resta encore deux jours à l’endroit où il se trouvait. Jésus savait que Lazare allait mourir et il savait ce qu’il allait faire, puisqu’il précise sa pensée à ses disciples :
Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu,
afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié.
Face à la mauvaise volonté des chefs du peuple qui refusaient de plus en plus systématiquement les signes qu’Il faisait, Jésus décida de dire ouvertement qui lui donnait sa puissance.
Lorsqu’Il arriva à Béthanie, Jésus fut impressionné par l’ambiance qui y régnait. Chacune des sœurs du défunt vinrent lui dire : Si tu avais été là, tandis que les cérémonies liturgiques autour du mort se déroulaient devant un grand nombre d’amis et de proches le Marthe et Marie. Chacun des témoins de ce qui va se passer y va de sa propre interprétation.
Jésus lui-même demande aux deux sœurs : Je suis la Résurrection et la Vie, crois-tu cela ? Et Marthe de répondre :
Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ;
tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde.
Si nous n’avons pas la réponse de Marie, elle dut être similaire. Les apôtres par contre n’ont pas vraiment compris ce qui allait se passer, puisque Thomas avait dit : Allons nous aussi auprès le Lazare, pour mourir avec Jésus. Quant aux détracteurs de Jésus, et ils étaient nombreux à Jérusalem et dans le Sanhédrin, ils épiaient ses faits et gestes pour pouvoir le condamner. C’est pourquoi ils susurrent : Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle…
Devant des réactions aussi variées, depuis la foi la plus totale jusqu’à l’incrédulité et l’opposition viscérales, Jésus fut bouleversé. Il connaissait la peine de Marthe et de Marie pour avoir fréquenté la maison de Béthanie. Il voyait l’incompréhension de la plupart de ses disciples. Il savait que le Sanhédrin était toujours plus à l’affût pour l’accuser. Les pleurs de Jésus en cette circonstance peuvent être causés aussi par cette suspicion permanente. Rappelons-nous cette parole de Jésus, dans l’Évangile selon Saint Matthieu, lorsqu’il pleura sur Jérusalem :
Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble ses poussins sous ses ailes…
et vous n’avez pas voulu ! (Mt 23,37)
Et cette autre parole qui clôt la parabole du riche et du pauvre Lazare, un autre Lazare :
S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts, ils ne croiront pas. (Lc 16,31)
Mais Jésus continue sa route, et agit comme il l’avait annoncé avant de rejoindre Béthanie :
Cette maladie est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié.
Devant l’incrédulité des témoins, Jésus en appelle à son Père, afin que tous comprennent la solennité de l’événement et de l’acte que posera Jésus :
Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé.
si j’ai parlé, c’est pour cette foule qui est autour de moi,
afin qu’ils croient que tu m’as envoyé.
La lecture de l’Évangile de ce matin s’achève en disant que beaucoup crurent en Lui. Mais, dans les versets qui suivent et que nous n’avons pas entendus, le Sanhédrin ayant été averti de ce que Jésus avait fait, décida de le faire mourir. Cela aussi, Jésus le savait, et Il s’y préparait.
Nous-mêmes, dans les deux semaines qui nous restent avant Pâques, nous essayerons de suivre Jésus jusqu’à la croix, pour ressusciter ensuite avec Lui. Que la participation à l’Eucharistie de ce jour nous donne la grâce de compatir aux souffrances de Jésus et aux souffrances de tant de personnes qui, aujourd’hui encore, sont rejetées à cause de leur foi en Christ.
Frère Bernard-Marie (Abbaye de Belval)
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